• Plusieurs scrutins régionaux sont prévus l’an prochain en Allemagne, notamment à l’est, en Saxe-Anhalt.
  • L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), le parti d’extrême droite, est attendue largement en tête, selon les sondages actuels.
  • Son programme dévoilé ces derniers jours se révèle encore plus excessif qu’au niveau national.

« L’AfD veut ouvertement détruire la CDU, elle veut un autre pays ». Le chancelier allemand Friedrich Merz avait tiré la sonnette d’alarme en octobre dernier face à l’essor de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD). Arrivée deuxième aux législatives de février 2025, la formation distance désormais dans plusieurs sondages les conservateurs de la CDU, en particulier pour les scrutins régionaux attendus en septembre prochain. Notamment dans l’est du pays où le programme de ce parti s’avère d’une radicalité inédite. 

Anti-UE, anti-immigration et pro-russe : la fédération AfD de Saxe-Anhalt reprend les thèmes de prédilection de ce parti que beaucoup considèrent comme une menace pour l’ordre démocratique établi. Elle assume ainsi pleinement l’idée de la « remigration » c’est-à-dire l’expulsion massive de personnes étrangères, voire d’origine étrangère. Elle s’en distingue en allant encore plus loin sur les questions sociétales, multipliant les mesures chocs pour notamment éviter « l’extinction du peuple allemand ». Pour cela, elle préconise d’augmenter le nombre de places en crèches, mais aussi de lutter contre l’avortement et « les déviances sexuelles et les modes de vie non reproductifs ». 

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Les enfants sont d’ailleurs au cœur du programme, lequel sera débattu par les militants mi-avril lors d’un congrès. L’AfD veut par exemple que la journée à l’école commence par un lever de drapeau en chantant l’hymne national. Les enfants handicapés, eux, doivent être exclus du système classique car ils « paralysent le déroulement des cours ». Côté enseignement, des « locuteurs natifs » de Russie sont conviés à enseigner des cours de russe afin de stopper la « propagande haineuse » actuelle. 

A noter que les programmes scolaires seraient mis à jour afin de réévaluer le XIXe siècle, considéré comme la « période la plus importante pour la création de la nation allemande ». L’AfD en profite pour fustiger la « perpétuation d’une névrose » autour du nazisme. 

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Aussi radicales soient-elles, ces mesures trouvent un écho favorable à l’est de l’Allemagne. Dans ces régions de l’ex-RDA communiste, où les habitants ont appris la langue russe, sa culture et ont étudié en Union soviétique, l’AfD est en progression constante. Sa popularité atteint 40%, son meilleur score. 

T.G.