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Le préfet du Haut-Rhin a annoncé avoir saisi la justice, après l’organisation d’une performance par la haute École des Arts du Rhin située à Mulhouse, au cours de laquelle la sculpture d’une voiture de police a été détruite à grands coups de bâtons par les étudiants.

« Allez, allez, ça tombe ! »…Une vidéo tournée ce jeudi 29 janvier à l’occasion d’une manifestation montre les étudiants de la haute École des Arts du Rhin située à Mulhouse, détruire une sculpture en carton suspendue au plafond, à la façon dont les enfants cassent la pinata pour obtenir les sucreries enfermées à l’intérieur.

Dans le cas de l’événement qui s’est tenu sous l’égide de l’établissement d’enseignement supérieur artistique (Art, Design, Communication, Musique), la sculpture en carton avait revêtu la forme et les couleurs d’un véhicule de la police nationale, et c’est sa destruction à grands coups de bâtons par les étudiants qui a suscité l’indignation d’Emmanuel Aubry, préfet du Haut-Rhin. Ce dernier a d’ailleurs publié un communiqué ce vendredi à 14 heures, dans lequel il dénonce des « attaques indignes à l’encontre de la police nationale » et annonce avoir saisi la justice.

« Le 29 janvier 2026, lors d’une manifestation de la Haute École des Arts du Rhin à Mulhouse, des étudiants ont détruit une sculpture en carton figurant une voiture de la police nationale à coups de bâtons. Des élèves ont ensuite lu des messages déshonorant l’action des policiers », explique tout d’abord le représentant de l’État dans le Haut-Rhin, avant de « saluer au contraire l’engagement des fonctionnaires de police qui œuvrent chaque jour pour assurer la sécurité des Haut-Rhinois, parfois en risquant leur vie ». « Hier encore, la police a sauvé un enfant autiste perdu dans la forêt »

« Encore hier, le 29 janvier 2026, note Emmanuel Aubry, la police nationale utilisait un drone de façon déterminante pour localiser un enfant autiste perdu dans la forêt de la Hardt avec des intentions suicidaires ». Le préfet rappelle également que « dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, un commandant de police était blessé après avoir été visé par des tirs de mortier à Mulhouse ». À titre de dernier exemple, il souligne enfin que « le 22 février 2025, l’action concertée de la police nationale et de la police municipale de Mulhouse permettait d’interpeller rapidement un terroriste qui venait d’attaquer un homme. À cette occasion, deux policiers étaient gravement blessés ».

« Mettre en scène le saccage d’un véhicule de police est indigne et ne rend pas compte des services que rendent les forces de l’ordre à nos concitoyens. La Justice est saisie ; elle fera son œuvre. Pour ma part, ce triste épisode, qui ne grandit pas ceux qui y ont participé, fournit l’opportunité de réaffirmer mon soutien sans équivoque à la police républicaine, pleinement engagée dans ses missions difficiles, au service de la sécurité de la population », conclut le préfet du Haut-Rhin dans son communiqué.

À Mulhouse, dans une école financée par l’argent public, on organise des mises en scène où l’on invite à fracasser une voiture de police sous les applaudissements. Voilà où mène l’idéologie d’extrême gauche qui gangrène une partie de nos institutions. Honte à ceux qui banalisent… pic.twitter.com/8uv1rnKFNE

— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) January 30, 2026

Bruno Retailleau : « Voilà où mène l’idéologie d’extrême gauche »

Bruno Retailleau a immédiatement réagi aux propos d’Emmanuel Aubry. Sur son compte X (ex-Twitter), l’ancien ministre de l’Intérieur a écrit : « À Mulhouse, dans une école financée par l’argent public, on organise des mises en scène où l’on invite à fracasser une voiture de police sous les applaudissements. Voilà où mène l’idéologie d’extrême gauche qui gangrène une partie de nos institutions. Honte à ceux qui banalisent la violence contre nos forces de l’ordre. Je salue la fermeté de la maire de Mulhouse. Soutien total à nos policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers, qui risquent leur vie pendant que certains crachent sur l’uniforme ».

Un signalement au titre de l’article 40 effectué par la maire de Mulhouse

Michèle Lutz, la maire divers droite de Mulhouse a également exprimé sa stupéfaction dans un communiqué, dénonçant « une mise en scène de très mauvais goût » à laquelle, apprend-on, une de ses adjointes a assisté. « Plusieurs étudiants étaient invités à casser ce véhicule à grands coups de bâtons, guidés dans leur geste par un public festif. Je considère que la liberté d’expression, y compris artistique, ne peut permettre et justifier tous les outrages. J’ai également appris que le premier choix était l’incendie d’un véhicule de pompiers factice avant de finalement retenir cette piñata policière », s’est étonnée l’élue à propos de cette performance artistique exécutée en public lors d’un atelier collaboratif.

La maire de Mulhouse a par ailleurs indiqué avoir convoqué le directeur de l’école, « financée massivement par des fonds publics, dont ceux de la ville de Mulhouse », pour lui signifier sa totale désapprobation, et déclaré « qu’un signalement auprès du procureur de la République, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, a été effectué ».