L’opération s’inscrit dans un schéma directeur immobilier global, dont la première phase porte sur le remplacement de bâtiments vétustes par un nouvel édifice passif et la construction d’une chaufferie bois.

Le CSTB donne une dimension concrète à ses travaux de recherche en lançant la reconstruction des locaux tertiaires de son site nantais (Loire-Atlantique) qui abrite, sur 1,5 ha, la soufflerie climatique Jules-Verne et le laboratoire Aquasim. L’opération, lancée fin 2024, s’inscrit dans un schéma directeur immobilier global, dont la première phase porte sur le remplacement de bâtiments vétustes des années 1970 par un nouvel édifice passif de 1 837 m² et la construction d’une chaufferie bois.

Il s’agit de répondre aux exigences de la RE 2020 et du décret tertiaire, en réduisant de 60 % les consommations énergétiques d’ici 2050. « Nous avons voulu pousser le curseur assez loin et faire de ce projet un reflet des ambitions de l’établissement », note Julien Rogé, directeur du site de Nantes. Trois objectifs structurent la démarche : la performance environnementale, la qualité de vie au travail et la cohérence avec les missions de recherche de l’établissement.

Déconstruction partielle

Plutôt qu’une rénovation lourde de bâtiments énergivores et techniquement contraints, le maître d’ouvrage et son AMO (CO-S) ont retenu une déconstruction partielle suivie d’une reconstruction sur fondations existantes. Retenu parmi une cinquantaine d’équipes, le groupement de maîtrise d’œuvre mené par Johanne San Architectes associée à AIA Ingénierie a proposé une conception bioclimatique fondée sur une structure bois, des planchers mixtes bois-béton, une isolation paille, des cloisons intérieures en briques de terre compressée et un bardage bois issu de filières de réemploi ou de bois déclassé.

« Nous ne prônons pas une technique plutôt qu’une autre, mais la solution à l’empreinte carbone la plus basse », insiste Julien Rogé. Quelque 40 placards, 28 portes, 180 m2 de plaques de faux plafond ou encore 50 m2 de moquette des anciens bureaux ont été mis de côté en vue d’un réemploi. Cette démarche va permettre d’éviter plus de 21 t. éq. CO2 par rapport à une approche conventionnelle.

Autre parti pris fort : l’absence totale de climatisation. L’approche s’appuie sur une ventilation naturelle traversante, ainsi que des circulations d’air soigneusement dimensionnées pour favoriser le renouvellement d’air hygiénique en mi-saison et un rafraîchissement nocturne en été.

La gestion de l’eau constitue un autre axe expérimental avec, dans un premier temps, la récupération des eaux pluviales, un traitement et une réutilisation des eaux grises. Dans un second temps, des réservations sont prévues pour des dispositifs futurs de séparation des eaux jaunes et noires, en lien avec les activités de recherche de l’établissement public.

Nombreux capteurs intégrés

Dans le cadre de ce chantier, plusieurs directions opérationnelles du CSTB ont été sollicitées, et de nombreux capteurs seront intégrés dans le bâtiment pour mesurer en continu la température, l’hygrométrie (dans les bottes de paille), la qualité de l’air, l’éclairage

Réalisé en lots séparés, ce chantier de 10 M€ HT est soutenu à hauteur de 3,2 M€ par la Direction de l’immobilier de l’Etat. Il devrait être terminé en mai 2027. Le site nantais du CSTB poursuivra sa transformation jusqu’en 2030.