Après trois jours d’audience, la cour, réunie à Bourg-en-Bresse, a estimé, vendredi 30 janvier, que Myriam Jaouen avait agi avec l’intention de tuer l’enfant à qui elle avait fait boire une grande quantité de produit d’entretien corrosif, de type Destop. Ce nouveau verdict porte sa peine à 30 ans de réclusion criminelle, soit cinq années de plus qu’en première instance, où elle avait été condamnée à 25 ans de prison pour « torture ou actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
Le drame s’était produit le 22 juin 2022 dans une micro-crèche lyonnaise, alors que la petite Lisa venait d’être déposée par son père. Ne supportant pas les pleurs du nourrisson, l’employée, titulaire d’un CAP AEPE, lui avait fait ingérer le déboucheur, provoquant de graves brûlures internes et des souffrances intenses. La fillette était décédée après près de quatre heures de douleur, malgré une prise en charge médicale. Durant le procès, l’avocat général, Baptiste Godreau, a plaidé avec force pour que la cour retienne la qualification de meurtre, faisant valoir que l’accusée avait agi « en pleine conscience » en administrant un produit hautement toxique à un enfant sans défense.
Défense et personnalité de l’accusée
Myriam Jaouen, qui avait 27 ans au moment des faits, a reconnu avoir donné le produit à la fillette, mais a toujours soutenu ne pas avoir voulu la tuer, affirmant avoir seulement cherché à la faire « arrêter de pleurer ». Elle a également assuré ne pas avoir mesuré la dangerosité du produit, un argument contredit par les expertises et les enquêteurs. Des psychiatres entendus à la barre ont décrit une personnalité marquée par une immaturité importante et des capacités intellectuelles limitées, mais sans trouble mental grave susceptible d’altérer son discernement. Lors du premier procès, comme en appel, les parents de la victime ont demandé que le débat ne se focalise pas sur le fonctionnement des crèches, refusant que le procès se transforme en mise en cause d’un système.