À quelques jours de l’ouverture du Tournoi des Six Nations, le manager des Bleuets, Cédric Laborde, explique comment il a construit son groupe et comment il crée de la connexion hors des terrains.

À un peu moins d’une semaine, est-ce que vous pouvez nous présenter cette génération ? 

Comme toutes les générations des équipes de France jeune, elle a une histoire qui a débuté dès les moins de 18 ans. Elle a eu déjà des résultats puisqu’on avait battu les Anglais assez facilement, les Irlandais également, et les Sud-Africains. C’est une génération assez compétitrice, des joueurs qui aiment le challenge et se donnent les moyens. On avait aussi perdu contre les Géorgiens dans un match sans rythme. C’est un petit peu le constat qu’on a fait : sur les équipes qui nous mettent peu de rythme, c’est plus compliqué. C’est donc un groupe de garçons très agréables à entraîner, des gens qui vivent bien ensemble et très compétiteurs.

Le grand chelem est forcément votre objectif au vu du calendrier ?

À partir du moment où on joue en équipe de France, on rentre sur le terrain pour gagner ! C’est important pour engranger de la confiance collective et pour marquer les autres nations : plus on gagne jeune, moins on est impressionné quand on se retrouve plus tard. On a les joueurs pour ça. On va prendre les matchs les uns après les autres. On sait qu’au fil des matchs, on va s’améliorer. Donc oui, on joue le Tournoi pour le gagner et pour gagner tous les matchs.

Vous avez parlé de l’importance de créer des « connexions » cette semaine. Qu’est-ce que vous mettez en place en dehors du rugby ?

On a essayé de mettre en place pas mal de choses suite à la Coupe du Monde. Il y avait besoin de créer encore plus de liens, parce qu’on passe finalement peu de temps sur le terrain au regard du temps passé en dehors. On a reconstitué la salle de vie pour partager plus de moments entre les joueurs et avec le staff. On est allés à l’INSEP, visiter les différentes salles, le côté emblématique, avec un athlète qui faisait du taekwondo. On est allés faire aussi un travail physique dans les dunes. L’idée, c’est de créer des choses en dehors du rugby.

Vous avez nommé 38 joueurs, mais en avez relâché pour le Top 14. Comment se passe la collaboration avec les clubs ?

Ça se passe plutôt très bien avec les managers des équipes professionnelles. On construit un parcours individuel pour que les joueurs jouent dans la plus grande équipe de France, c’est le but des équipes de France jeunes. Que le parcours se passe parfois en club, en Top 14 ou Pro D2, c’est aussi important. Là, on est 32 joueurs aujourd’hui. Dimanche, les joueurs qui jouent en Top 14 nous rejoindront et d’autres nous quitteront.

Quels enseignements avez-vous tiré de l’an passé ?

On gagne les Six Nations alors qu’on aurait peut-être pas dû et on ne va pas en finale de Coupe du Monde alors qu’on aurait peut-être dû. On a changé notre façon de préparer et de sélectionner les joueurs. On va chercher des profils capables de prendre du plaisir dans les phases de combat collectif, là où ça demande de la force et où il y a peu de rythme. Ça ne demande pas forcément beaucoup de talent, mais beaucoup d’engagement et de capacité à lutter ensemble. On s’appuie aussi sur les 13 joueurs né en 2006, qui étaient déjà là l’an dernier pour continuer le message sur ce qui fait l’ADN des équipes de France : la défense, l’animation offensive et la capacité à être efficace dans le désordre.

Vous vous entraînez face au XV de France. Que vous apporte ces opposition ?

C’est forcément très bénéfique de s’opposer face aux meilleurs joueurs du monde. Ça nous oblige à aller très vite, à vite être connectés et efficaces sur ce qu’on maîtrise. Ça nous demande aussi beaucoup d’adaptation sur ce qu’on ne maîtrise pas. On crée des repères dans ce qui se fait de mieux au monde.

Qui sera le capitaine contre l’Irlande ?

Le capitaine sera Marceau Marzullo, accompagné de Lucas qui est plutôt un leader de jeu. Marceau amène beaucoup de confiance, il est très à l’écoute et très écouté par les joueurs.