Une centaine d’adhérents et de sympathisants de la FDSEA de l’Aveyron, se sont retrouvés autour de la présidente de la FDSEA de l’Aveyron, Marie-Amélie Viargues, ce vendredi 31 janvier au matin à la salle d’animation de Baraqueville à l’occasion de l’assemblée générale du premier syndicat paysan du département.

La réunion s’est tenue en présence, notamment, de Franck Sander, vice-président de la FNSEA, en charge plus particulièrement des dossiers européens, dont la Pac (Politique agricole commune) et membre du Copa-Cogeca rassemblant les organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’Union européenne.

L’occasion pour ce dernier, également agriculteur dans le Bas-Rhin (producteur de houblon), de faire en amont de l’assemblée générale, un état des lieux des dossiers complexes qui occupent le monde agricole depuis plusieurs mois. Mais aussi de présenter la vision portée à la FNSEA au sens large pour tous les agriculteurs, sur les dossiers européens, notamment ceux liés au Mercosur et à la prochaine Pac.

Budget Pac : »On n’y est pas encore ! »

Des dossiers cruciaux pour l’avenir de l’agriculture française dans son ensemble », a insisté Franck Sander alors que la question budgétaire de la prochaine Pac domine jusqu’à présent les inquiétudes des parties prenantes et des États membres, notamment en raison d’un budget revu à la baisse. « Une baisse de budget qui était de près de 20 % en juillet », rappelle le responsable syndical qui plaide pour un budget indexé sur l’inflation. Et ce, alors même que la Commission européenne clame haut et fort vouloir assurer la souveraineté alimentaire de l’Europe.

« Mais grâce à la mobilisation des syndicats européens et du monde paysan – 10 000 agriculteurs et 500 tracteurs devant le parlement européen le 18 décembre – l’Europe a alloué une enveloppe supplémentaire. De fait, la Commission présente aujourd’hui un budget supérieur de 2 %. Mais, lorsque l’on prend en compte la clé de répartition entre les États membres, ce budget est toujours en baisse de 13 % pour la France, alors qu’il est en hausse de plus 30 % pour les Polonais », pointe le syndicaliste alsacien. « Il faut éviter les distorsions de concurrence entre partenaires européens. Les pays de l’Union doivent rester soudés », poursuit Franck Sander qui milite « pour une vision économique de l’agriculture ».

Donc, question budget Pac, on n’y est pas encore. Car si ce dernier est adopté dans sa forme actuelle ce sont « tous les agriculteurs du pays qui seront impactés », estime le producteur de houblon. « Par conséquent, il faut continuer à pousser pour que tous les États membres soient sur un pied d’égalité », insiste-t-il en citant les conclusions du récent rapport Duplomb rétrogradant, dans les 10 ans à venir, la France de la première à la 6e place européenne en termes de production agricole.

« Peser face aux géants »

Du Mercosur, il a également été question, à la salle d’animation, lorsque le vice-président de la FNSEA a évoqué le récent vote du parlement européen en faveur d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (UE), afin de vérifier la légalité de l’accord. « Personne n’y croyait, rappelle l’agriculteur. Tout le monde nous disait que c’était plié et pourtant le vote est passé. C’est un signal fort. Il faut rester mobilisé car l’agriculture est un secteur stratégique qu’il faut défendre. L’Europe doit tout mettre en œuvre pour peser face aux géants que sont la Russie, les États-Unis et la Chine, mais aussi, plus proche de nous, l’Ukraine avec ses fermes de 150 000 hectares (en Aveyron elles dépassent rarement 60 hectares). Pour la FNSEA, il est important de montrer notre conviction sur ces dossiers et de redire que nous sommes déterminés à défendre l’agriculture française », a ajouté Franck Sander avant d’échanger avec les personnes présentes dans l’assemblée.