Il fait partie des coureurs qui ont levé les bras dès leur première saison chez les professionnels. En 2025, Clément Izquierdo a remporté avec la manière une étape du Tour de Wallonie pour ses grands débuts parmi l’Élite. “Le fait d’avoir gagné lors de ma première année pro, c’est quand même je trouve un super exploit. Ça me permet de me dire que c’était une belle année. Ça montre à l’équipe que je peux gagner”, apprécie-t-il auprès de DirectVelo.

« DES HAUTS ET DES BAS »

De ce premier exercice, le Provençal ne veut retenir que le positif alors que tout n’a pas toujours été rose. “Le bilan est mitigé, avec des hauts et des bas. J’espérais faire plus de résultats. J’ai mal géré certaines périodes d’entraînement ou de récupération. Par exemple, en septembre, je n’avais pas de sensations en Italie”. L’ancien vététiste, qui se consacre à 100% à la route depuis juin 2023, continue de se découvrir. “Quand tu enchaînes des courses, qui sont plus longues et plus dures que chez les Amateurs, il faut réussir à récupérer mentalement et physiquement. J’espère que ça sera mieux cette année”. Il a changé son approche de la saison en passant beaucoup moins de temps en Espagne. “L’an dernier, j’avais fait plus de deux mois là-bas pendant l’hiver. Cette fois-ci, j’ai profité des amis et de la famille. J’ai travaillé différemment. J’ai fait plus d’endurance pour assimiler la fatigue”.

En 2024, alors à l’AVC Aix-en-Provence, il brillait par sa régularité. Ce qui lui avait permis de finir 6e du Challenge DirectVelo Amateurs. L’an passé, la donne a été bien différente et il a dû apprendre à se faire taper dessus. “Mentalement, ça a été dur. Chez les amateurs, tu joues souvent la victoire, tu t’amuses et fais presque ce que tu veux. En pros, tu essaies de survivre pour arriver dans le groupe qui joue la gagne ou même juste pour terminer une course… Il faut quand même toujours essayer de prendre du plaisir sur les courses même si tu n’es pas le meilleur pour que ça continue à bien marcher”. 

« SI JE DÉMARRE LA BOSSE DANS LES DIX PREMIERS… »

Du plaisir, Clément Izquierdo n’en prend pour l’heure pas beaucoup quand il faut frotter pour faire sa place dans un peloton. “Il y a beaucoup de courses où j’étais mal placé”. Il cite l’exemple de la Classic Var, l’une de ses premières courses dans le peloton professionnel. “Je termine 12e mais avant la partie raide qui précédait l’arrivée, j’étais peut-être vers la 60e position… Si je démarre la bosse dans les dix premiers ce jour-là, je peux viser le Top 5. J’étais déçu à l’arrivée”.

Il sait qu’il devra être meilleur sur le placement pour exister plus régulièrement. “J’essaie de voir quelqu’un pour me débloquer la tête. On a aussi des mecs d’expérience dans l’équipe qui peuvent aider en course”. Il explique cette faiblesse par un manque de confiance en lui et envers les autres coureurs. “Si le mec fait un écart devant ou à côté de toi… J’ai de l’appréhension, je n’ai jamais connu de grosse chute. J’ai la crainte d’être out pour six mois s’il m’arrive quelque chose. Je dois tout faire pour ne plus y penser”.

« À MOI DE PROUVER DES CHOSES »

Après une mise en bouche le week-end passé en Espagne, Clément Izquierdo va disputer à la maison ce dimanche le Grand Prix de Marseille-La Marseillaise. “Il y aura les proches au bord de la route. Je connais toutes les routes, c’est incroyable de pouvoir courir à la maison”, apprécie le résident d’Aubagne, qui avait lancé sa carrière pro l’an dernier sur l’épreuve marseillaise. Il enchaînera avec l’Étoile de Bessèges, la Classic Var, le Tour des Alpes-Maritimes, deux courses en Grèce fin février et début mars, Milan-Turin, Milan-San Remo puis quelques manches de la FDJ United Series. “Si je fais une saison pleine, je pourrai peut-être faire la Vuelta comme premier Grand Tour, mais rien de sûr”.

Clément Izquierdo pourrait avoir sa carte sur quelques courses mais il sait qu’il est encore en apprentissage. “La Coupe de France, ça me correspond parfaitement. Mais si Jenthe (Biermans) ou Bryan (Coquard) sont là, ça sera pour eux. Je suis là pour apprendre et aider les mecs. Si je marche bien, pourquoi ne pas essayer de bien faire. C’est à moi de prouver des choses pour avoir de plus en plus ma chance”.