Par

Gil Martin

Publié le

31 janv. 2026 à 11h46

Les départs de trois candidats écologistes présents sur la liste du Printemps montpelliérain, les deux militants EELV Guilhem Vern et Julia Mignacca, présidente du conseil fédéral d’EELV, mais aussi le leader local du parti Génération.s, Kevin Hoareau, a fait couler beaucoup d’encre ces dernières 48h, les trois militants étant partis en claquant la porte et en le faisant savoir.

Beaucoup de bruit pour rien ?

Julia Mignacca et Kevin Hoareau ont rejoint LFI et la liste « Faire mieux pour Montpellier » de la candidate Nathalie Oziol, tandis que Guilhem Vern a confirmé son soutien au maire sortant (PS) Michaël Delafosse. Les trois « démissionnaires » de la liste portée par le député EELV Jean-Louis Roumégas ont multiplié les déclarations dans la presse mais au final, si l’on en croit le Printemps montpelliérain, il ne s’agit que d’une « mini-crise ». Alors, juste beaucoup de bruit pour rien ?

Roumégas : « des choix personnels »

« Ces départs, contrairement à ce qui a été dit, ne déstabilisent pas le Printemps montpelliérain », assure la tête de liste qui tient à « dégonfler » la crise : « Julia Mignacca est davantage LFI qu’EELV, sa décision ne nous surprend pas, pas plus que celle de Guilhem Vern ». Seul le départ de Kevin Hoareau semble surprendre puisque son parti, Générations.s, continue de soutenir le Printemps : « C’est un choix personnel que je ne commente pas », tranche le candidat.

« Les LFIstes chez LFI, les socialistes chez Delafosse. Chacun est rentré à sa maison »

Coralie Mantion
Colistière du Printemps montpelliérain

Jean-Louis Roumégas estime que le départ de Julian Mignacca vers LFI est surtout du à la politique nationale. Pour mémoire, le week-end dernier, Lucie Castets, Marine Tondelier, Olivier Faure, Clémentine Autain et François Ruffin ont défendu à Tours, au cours d’un meeting, l’idée d’une grande primaire pour le 11 octobre 2026 afin de désigner le candidat unique de la gauche. Un meeting sans LFI qui n’a pas souhaité y participer.

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Julia Mignacca, au centre, entourée de Nathalie Oziol et Alenka Doulain
Julia Mignacca, au centre, entourée de Nathalie Oziol et Alenka Doulain (©C.N/Métropolitain)Des départs qui « clarifient les choses »

« L’idée de cette primaire est en débat, mais cette perspective ne plait pas à tout le monde y compris dans notre parti, c’est vrai, d’où le départ de Julia et Guilhem pour des raisons qui n’ont au final rien à voir avec notre programme », argumente Jean-Louis Roumégas. Sa colistière,  l’élue montpelliéraine et métropolitaine Coralie Mantion, ne mâche pas ses mots : « Ces départs ne sont pas préjudiciables. Au contraire, ils clarifient les choses : les LFIstes chez les LFI, les socialistes chez Delafosse. Chacun est rentré à sa maison  ». 

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Le Printemps contre le PS

Coralie Mantion enchaîne : « Les écologistes du Printemps montpelliérain sont les seuls vrais écologistes dans cette campagne. Peut-on croire Julia Mignacca qui prétend quitter le Printemps car EELV a fait le choix de se rapprocher du PS plutôt que de LFI ? C’est faux : à Montpellier, nous faisons campagne contre le PS de Michaël Delafosse avec qui nous n’avons passé aucun accord ».

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« Perturbant et déstabilisant »

Jean-Louis Roumégas avoue tout de même que ces départs ont créé un malaise : « C’est toujours un peu perturbant et déstabilisant pour les électeurs, mais je confirme qu’il n’y pas d’hémorragie sur notre liste, juste quelques départs pour des raisons de politique nationale, ce qui est d’ailleurs une grave erreur », regrette-t-il : « On ne doit pas se servir des municipales pour esquisser le 1er tour de la Présidentielle de 2027 ».

« Le Printemps montpelliérain confirme qu’il suit sa ligne très claire : il ne cherche pas de compromis, il n’est ni à louer, ni à vendre »

Tarek Kawtari
Colistier du Printemps montpelliérain

Coralie Mantion, qui s’est opposée à la politique de Michaël Delafosse au point d’en perdre son fauteuil de Vice-présidente de la Métropole, attend la prochaine étape avec impatience, celle du débat : « Ces bisbilles font du bruit, mais ça va passer parce qu’elles ne sont pas importantes… Viendra alors le temps du débat sur les programmes. Si l’on reçoit aujourd’hui autant de boules puantes, c’est surtout parce que Michaël Delafosse et Nathalie Oziol redoutent notre liste et son programme ».

« Nous avons de très bon retours »

« C’est vrai : ces bisbilles sont montées en épingle », poursuit Tarek Kawtari, de l’Assemblée des Quartiers en dénonçant les magouilles du PS et de LFI : « Il va falloir à un moment que ces deux listes acceptent de rentrer dans le débat public. Or, nous, nous avons de très bons retours des habitants sur notre programme car les Montpelliérains ont compris que l’on propose de faire de la politique autrement, avec eux, pour vraiment faire changer les choses. Les manœuvres autour des départs de la liste ne nous affaiblissent pas. Au contraire, le Printemps montpelliérain confirme qu’il suit sa ligne très claire : il ne cherche pas de compromis, il n’est ni à louer, ni à vendre ».

Le soutien national d’EELV

Reste à savoir si la direction nationale d’EELV va reprendre la main sur Montpellier. Visiblement, non : Jean-Louis Roumégas assure que le Printemps continue avec le soutien entier de Marine Tondelier. D’ailleurs, le Bureau Exécutif national d’EELV/Les Ecologistes a réagi à la démission de Julia Mignacca dans un communiqué, apportant effectivement « son soutien au Printemps montpelliérain, à ses candidats comme aux militants ».

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