Le rendez-vous était donné partout en France et nombre de Lillois ont répondu présents. Ce samedi 31 janvier, sous de légers éclats de soleil, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant la mairie de la cité nordiste à l’appel du syndicat Alliance Police Nationale. Avec un objectif clair : interpeller l’État sur les difficultés toujours plus importantes vécues par les forces de l’ordre. 

Peu avant midi, face à un nuage de drapeaux bleus et tricolores, les premiers concernés enchaînent les discours alarmistes, entre « commissariats insalubres » et hostilité grandissante d’une partie de la population. « La sécurité n’est pas un confort ni un luxe, mais un droit fondamental », scande au micro un syndicaliste, sous les applaudissements de la foule.

Pour marquer le coup, des policiers expérimentés, mais aussi des recrues plus récentes, sont descendus dans la rue. À l’image de Kévin, en poste depuis deux ans : « On manque cruellement de moyens. Nos infrastructures tombent en ruine, nos logiciels sont vieillissants… Ça devient compliqué de faire notre boulot ! » Cet agent de 27 ans, qui a récemment été blessé à l’épaule (cinq jours d’incapacité totale de travail) au terme d’une course-poursuite, fustige également l’absence de peines infligées aux auteurs de violences contre les forces de l’ordre. 

« Le coupable s’en est tiré sans aucune condamnation. Certes, la loi prévoit des sanctions, mais dans les faits, la justice ne suit presque jamais », regrette le jeune agent, venu avec sa conjointe. Pour rappel, un rapport publié en septembre dernier par la Direction générale de la police nationale indique qu’en dix ans, les agressions physiques contre ces représentants de l’État ont augmenté de 88 % et « celles commises avec des armes de 183 % ».

« Il faut leur donner les moyens de se défendre et, surtout, que l’autorité soit rétablie au sommet de l’État ! »

Comme à Paris et dans plusieurs villes de l’Hexagone, des élus se sont joints au mouvement, à l’image du vice-président RN de l’Assemblée nationale, Sébastien Chenu, ou encore de son collègue eurodéputé Matthieu Valet – lui-même ancien commissaire de police et syndicaliste, par ailleurs candidat aux municipales à Lille. Mais de « simples » citoyens sont aussi venus en guise de solidarité. 

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« La police est là pour nous protéger, c’est normal de les soutenir », glisse un manifestant en agitant une pancarte. Hélène, 50 ans, s’indigne pour sa part de « l’insécurité qui explose » dans le pays et estime que l’exécutif abandonne progressivement ses forces de l’ordre : « La situation est affolante ! Des commissariats sont attaqués au mortier toutes les semaines, des agents sont agressés chaque jour. Il faut leur donner de quoi se défendre et, surtout, que l’autorité soit rétablie au sommet de l’État ! »

Après plusieurs prises de parole et une Marseillaise entonnée en chœur, le cortège poursuit son chemin sous les yeux de passants tantôt solidaires, tantôt moqueurs – à en croire l’expression de leur visage. Direction la gare pour poursuivre la journée avec, en fond, un morceau de rap pro-police qui retentit dans d’imposants haut-parleurs. Un titre qui, hélas, est loin d’être le plus représentatif du genre…