Encore percutant avec Montpellier face au Stade français, le troisième ligne anglais Billy Vunipola évoque l’excellente dynamique de son équipe ainsi que la seconde jeunesse qu’il a trouvé dans l’Hérault. Enfin, il estime que son jeune coéquipier Lenni Nouchi possède le niveau pour s’imposer sur la scène internationale.
Que vous inspire cette large victoire face à un concurrent direct à la qualification ?
Je suis content du visage que nous avons montré aujourd’hui ! Je suis heureux parce qu’on a joué ensemble, on a joué les uns pour les autres. Évidemment, je suis très satisfait d’avoir obtenu le bonus offensif, surtout contre le Stade Français. La dernière fois qu’on avait affronté le Stade français, on avait pris ce tarif, donc nous étions très motivés pour ce match. Et aussi, Paul Gustard est mon ancien coach, donc ce match avait un petit truc en plus.
Est-ce que vous sentez que vous progressez de match en match ?
Oui, mais ce n’est que janvier. Ce n’est pas fini. On veut jouer les phases finales, mais comme je l’ai dit, c’est encore janvier. On doit rester humbles et continuer à travailler pour atteindre cet objectif. Je pense que l’esprit de l’équipe est évident pour tout le monde, et c’est quelque chose de très agréable à vivre au quotidien. C’est une base sur laquelle on peut continuer à construire. Comme je l’ai déjà dit, tout le monde joue pour l’équipe et fait ce qui est le meilleur pour elle.
Dans quel secteur sentez-vous que vous avez le plus progressé ?
Je pense qu’on peut voir qu’en attaque, nous mettons les équipes sous pression, même quand il y a trois points à prendre. Nous voulons imposer notre jeu aux autres équipes. L’année dernière, nous étions un peu craintifs, nous prenions toujours les trois points. Aujourd’hui, nous avons confiance. L’équipe sait que lorsqu’on obtient une pénalité, nous avons plusieurs options. Et nos joueurs exécutent très bien. Nous mettons les autres sous pression efficacement.
À quel point est-ce important de pouvoir compter sur un plan B ? C’est à dire de ne pas jouer qu’avec les avants parce que nous sommes en hiver mais également de voir que vous êtes capable de produire un rugby plus axé sur le déplacement des joueurs et du ballon ?
Oui, je pense que nous sommes capables d’aller vers cela. Nous avons un pack d’avants plus puissant que la plupart des autres équipes, et c’est quelque chose qu’on utilise beaucoup. Mais comme vous l’avez dit, nous avons aussi un bon équilibre entre nos avants et nos trois-quarts actuellement. C’est quelque chose sur lequel nous avons vraiment beaucoup travaillé. Quand nous avons commencé la saison dernière, c’était un nouveau staff technique. Nous avons bâti les fondations de l’équipe, et maintenant, nous essayons de développer notre attaque et de punir les équipes qui nous laissent des opportunités. C’est quelque chose sur lequel nous avons travaillé dur, et c’était évident aujourd’hui : nous avons des options, que ce soit à travers les avants ou dans la ligne de défense, comme vous l’avez mentionné.
La confiance du groupe fait-elle la différence ?
Je pense que c’est important d’aimer être ensemble, d’être amis. Parce que, comme vous pouvez le voir, c’est essentiel de faire ce qui est juste pour l’équipe, pour ses coéquipiers. C’est très visible en défense : quand on n’a pas le ballon, il faut continuer à travailler et à se soutenir mutuellement.
Vous êtes de retour à votre meilleur niveau. Quelles sources de motivation avez-vous découvertes ici pour être à ce niveau ?
C’est une bonne question. Je sens que les coachs m’apprécient, et c’est nouveau pour moi. Et je sens aussi qu’il y a beaucoup de responsabilités sur mes épaules. Ils me voient comme un grand joueur, donc je dois agir et jouer comme tel. Cette pression, combinée l’incertitude de ce championnat où si on perd deux ou trois matchs, on peut se retrouver 10e ou 12e, c’est quelque chose de très excitant pour moi. J’aime cette pression. C’est quelque chose que j’avais peut-être perdu en Angleterre. Je ne m’en étais pas rendu compte avant de venir ici. Ces deux éléments m’ont aidé à élever mon niveau de jeu.
Ce n’est pas le cas en Angleterre ?
En Angleterre, la pression est différente. Là-bas, tu ressens surtout la pression pour être dans les quatre premiers. Après, si tu n’y es pas, tu ne joues plus. J’étais très à l’aise aux Saracens, parce qu’on pensait toujours être dans le top 4, et pendant tout le temps où j’y étais, nous n’avons jamais quitté ce top 4. En venant ici, c’était un nouveau projet, une équipe qui avait joué l’access-match à Grenoble. Je voulais apporter quelque chose de différent. Peut-être que ma confiance l’année dernière était mal placée, parce qu’il y avait beaucoup de peur dans le groupe après ce qui s’était passé la saison précédente. Mais nous avons construit quelque chose de très bon. Et comme je le disais, ce n’est que janvier. Nous n’avons encore rien accompli. Mais c’est agréable d’être ici, de sentir cette énergie. Et quand des gens te rappellent ce qui s’est passé l’année dernière, c’est aussi très motivant.
Quel joueur vous impressionne le plus parmi les avants ?
C’est une question difficile mais je dirais Yacouba Camara. C’est quelqu’un de très sous-estimé. Il est très altruiste, toujours prêt à faire le travail pour les autres. Il est toujours le premier sur les rucks. Ce sont ce genre de choses qui m’impressionnent. Je pourrais en citer d’autres comme Jordan Uelese, Flo Verhaeghe, Bastien Chalureau, Tyler Duguid, Lenni Nouchi, ou Alex Bécognée. Mais celui que j’admire le plus, c’est Yacouba.
Lenni Nouchi a été appelé par le XV de France, pensez-vous qu’il le mérite ?
Totalement. Lenni, c’est ce que j’appelle la cerise sur le gâteau. Des tas de joueurs peuvent faire le sale boulot, mais c’est vraiment cool d’avoir Lenni à côté de toi parce que tu sais qu’il peut faire quelque chose spécial à tout moment. Je suis très heureux pour lui, qu’il joue pour la France, et j’espère qu’il continuera.
En tant que spécialiste au poste, pensez-vous qu’il peut évoluer au niveau international à ce poste ?
Pourquoi pas ? Il a les compétences et le tempérament. Je pense que dans cet environnement, il a juste besoin de la confiance de ses entraîneurs. Et je pense qu’il a eu des conversations avec eux, qu’ils ont vraiment confiance en lui. J’espère qu’il ira loin. Mais je vous rassure, je vais toujours soutenir l’Angleterre. En plus, il n’a que 22 ans mais il a le tempérament d’un vieux joueur. Il est très calme, et il joue avec beaucoup de maturité. J’espère qu’il continuera à bien progresser.