Les régions, dans leur dernière configuration, fêtent en 2026 leurs 10 ans. La Région Hauts-de-France s’est penchée, ce 29 janvier, sur une décennie d’investissements internationaux.
Les régions, dans leur dernière configuration, fêtent en 2026 leurs 10 ans. La Région Hauts-de-France s’est penchée, ce 29 janvier, sur une décennie d’investissements internationaux. Un bilan mais aussi des perspectives présentés par Nord France Invest, l’agence de promotion économique du conseil régional.
« Entre 2016 et 2025, les Hauts-de-France ont accueilli près de 1 500 décisions d’investissements internationaux, générant plus de 62 000 emplois. Nord France Invest (NFI) contribue à cette dynamique : identifier les opportunités, accompagner les investisseurs dans leur choix de localisation et assurer leur ancrage durable en mobilisant l’ensemble de l’écosystème territorial, souligne Luc Doublet, le président de NFI. Cette trajectoire nous a hissés dans le Top 10 européen depuis 2021, avec une position remarquable sur l’industrie (régulièrement sur le podium). »
Pour sa part, Philippe Beauchamp, vice-président en charge des relations aux entreprises, de l’emploi et de la formation professionnelle, se réjouit que la Région se soit installée « durablement parmi les territoires les plus attractifs d’Europe et figure aujourd’hui dans le Top 10 européen pour l’accueil des investissements étrangers avec un positionnement particulièrement reconnu sur l’industrie. En dix ans, notre Région a changé d’échelle. Elle est devenue un territoire de référence, capable d’accueillir, de développer et de transformer des grands projets économiques d’envergure européenne. Pour citer un exemple, la vallée européenne de la batterie est un exemple probant. »
En 2025, les Hauts-de-France confirment leur place parmi les régions françaises les plus attractives pour les investissements internationaux. Selon Business France, la région se classe 3e pour l’emploi et 4e pour le nombre de projets, dans un contexte international marqué par la prudence des investisseurs. Les données recueillies par Nord France Invest font état de 5 963 emplois créés ou maintenus (+14 % par rapport à 2024) et de 186 projets d’investissements étrangers (niveau quasi stable, -3 %). L’intensité emploi progresse : chaque projet génère en moyenne 32 emplois, contre 27 l’an passé.
Un autre point de vue
Le cabinet EY dresse depuis plusieurs années le baromètre de l’attractivité européenne des investissements directs étrangers. Si ses méthodologies ne sont pas directement comparables à celles de Business France, l’évolution du positionnement des Hauts-de-France dans ces classements offre un éclairage macroéconomique utile sur la trajectoire du territoire.
Sur les six années de données disponibles (2019-2024), la position des Hauts-de-France dans le classement européen EY fluctue entre la 15e et la 8e place. Signal majeur : à partir de 2021, la région s’ins-talle durablement dans le Top 10 des régions européennes pour l’accueil des investissements directs étrangers. Ce classement d’élite est largement dominé par des géants européens comme le Grand Londres, l’Île-de-France, la Rhéna-nie-du-Nord-Westphalie ou la Catalogne. Les Hauts-de-France y ont gagné et conservé leur place, confirmant leur capacité à peser dans la compétition européenne.
Le classement dédié aux projets industriels révèle une performance encore plus nette : les Hauts-de-France s’y situent régulièrement entre la 5e et la 1re place européenne. Ce différentiel est révélateur. Les Hauts-de-France ne cherchent pas à concurrencer Paris ou Londres sur l’attractivité généraliste (ser-vices, technologie, finance). Leur force réside dans une spécialisa-tion industrielle assumée et reconnue, qui leur permet de figurer systématiquement dans le top 5 européen de l’industrie, là où la compétition est la plus intense et stratégique pour l’avenir des économies.
Industrie, tertiaire, logistique : les locomotives
Sur la période 2016-2025, l’industrie constitue le pilier central de l’attractivité régionale : 26 972 emplois créés ou maintenus (43,5 % de l’emploi total lié aux IDE) portés par 548 projets industriels. Les Hauts-de-France s’affirment ainsi comme leader national de l’attractivité industrielle en emploi, un positionnement qui traverse toute la décennie. Le reflux relatif observé en 2024-2025 traduit une phase de normalisation après le super-cycle exceptionnel de 2021-2023, sans remise en cause du socle productif régional. L’industrie reste le coeur de l’attractivité.
Pour sa part, le tertiaire joue un rôle structurel majeur : 35 % des projets (519 sur 1 486) et 31 % des emplois (19 151 sur 62 056) sur la décennie. Ce périmètre dépasse largement les fonctions « support ». Il englobe les services aux entreprises, les centres de décision, mais aussi des activités à forte valeur ajoutée : R&D, ingénierie, design. Contrairement à l’industrie ou la logistique, sujettes à des cycles plus marqués, le tertiaire apporte un flux régulier et continu de projets, assurant une stabilité de fond sur l’ensemble de la période.
Enfin, la logistique joue un rôle plus variable mais stratégique : 10 798 emplois sur dix ans (17,4 % du total). Son poids connaît des pics spectaculaires selon les années. En 2021, exemple emblématique, plus d’un emploi logistique créé sur deux en France se situe en Hauts-de-France. Cette performance s’explique par un atout géographique décisif : positionnée sur les axes Paris-Bruxelles et Paris-Londres, la région s’impose naturellement comme plateforme de distribution européenne. Une industrie performante nécessite une supply chain efficace : les Hauts-de-France offrent les deux.
Le Nord, tout en haut
Sur la période 2016-2025, la répartition géographique des investissements révèle une concentration marquée : le Nord capte 51 % des projets (756 sur 1 486) et 60 % des emplois créés (36 927 sur 62 056), suivi du Pas-de-Calais avec 22 % des projets. Cette concentration s’explique en grande partie par la dynamique des projets d’extension, qui s’implantent naturellement là où existent déjà des établissements.
D’une façon générale, le versant nord de la Région attire 73 % des décisions d’investissement, notamment le croissant Arras-Béthune-Douai-Valenciennes, le Grand Lille et le Dunkerquois. Mais pour autant, des projets émergent dans l’Oise et la Somme, en matière d’IA notamment.
Face à ce constat, un objectif de rééquilibrage territorial demeure prioritaire, notamment en faveur du versant sud de la région. Celui-ci passe par un travail de fond sur l’offre foncière et les conditions d’accueil des entreprises, démarche structurante qui s’inscrit dans la durée. Le développement de zones d’activités attractives et disponibles dans l’Oise, la Somme et l’Aisne constitue un levier essentiel pour diversifier l’ancrage géographique des investissements étrangers dans les Hauts-de-France.
Actuellement, Nord France Invest traite 140 projets d’investissements étrangers dans les Hauts-de-France. L’avenir s’aborde donc avec optimisme du côté de la Région. Luc Doublet a le sourire : « On a explosé le nombre de visites d’investisseurs en 2025 par rapport à l’année précédente. Les gens viennent, il y a du flux. »
Gros plan sur l’emploi

