Il y a eu match seulement une mi-temps dans ce remake de la dernière demi-finale de Top 14 entre Toulouse et Bayonne (31-10). Pourtant privé de ses internationaux français, le Stade toulousain a conservé le même rythme (soutenu) pour infliger son tarif maison, à savoir une victoire avec le bonus offensif. Malgré une grosse débauche d’énergie, les Bayonnais ont été trop indisciplinés pour tenir la distance. Les champions de France en titre s’envolent à la première place du championnat.
Traditionnelle fenêtre internationale et toutes les conséquences pour le Stade toulousain comme pourvoyeur principal des Bleus, qui se devaient de recevoir un Aviron bayonnais en quête de rachat après sa première défaite de la saison à la maison face à Castres. Un duel qui pouvait s’annoncer plus équilibré que prévu, malgré des dynamiques bien différentes alors que chaque formation avait en tête comme idée d’imposer des choses avant une période de repos. Alors que les conditions humides, suite aux pluies précédant le match, ont conditionné quelque peu la rencontre, les Basques montraient beaucoup d’intensité sur les points de rencontre. Si Delpy ouvrait le score au quart d’heure de jeu après une longue possession (3-0, 16e), les visiteurs faisaient preuve d’une immense abnégation pour contrarier leurs adversaires du jour.
Toujours dans le coup dans le premier acte, auteurs de belles incursions dans le camp des Stadistes, Segonds égalisait logiquement de loin, après une bataille en règle au sol et quelques échauffourées entre certains joueurs passablement énervés (3-3, 28e). Ce duel était presque électrique et la tension presque palpable entre deux formations perturbées par quelques fautes de main dans leurs entreprises et des choix pas forcément judicieux sur les transitions. Pourtant, un premier tournant s’opérait avec la double sanction qui allait survenir. D’abord pour Maqala, sanctionné pour fautes répétées de son équipe d’un carton jaune près de la ligne puis dans la foulée, son compère Martocq, pour un plaquage haut sur Costes et un essai refusé après vérification à la vidéo. Les espaces étaient plus conséquents et sur une passe sautée de Delpy, Thomas initiait un crochet pour éliminer deux défenseurs et inscrire le premier essai de la partie (10-3, 40e).
L’indiscipline basque dans le collimateur
Les visiteurs sombraient encore dans quelques fautes de mauvais goût, et Bosch était prié de rejoindre le banc pour dix minutes après une énième sanction (60e). Une aubaine pour Toulouse, et Barassi virevoltant dès son entrée au départ et à la conclusion d’une belle action (17-3, 62e). L’accélération se faisait sentir et Graou jouait son duel sur Johnson à la sortie d’une touche pour foncer entre les poteaux et signer à cet instant de la partie un virtuel bonus offensif (24-3, 68e). Le meilleur était à venir, avec une démonstration de passes, courses et trajectoires minutieuses et une concrétisation de Costes sur une action de grande classe pour sceller le match (31-3, 71e). Les Basques sauvaient l’honneur par Spring en toute fin de rencontre pour adoucir la note et récompenser les siens d’une belle abnégation tout de même (31-10, 78e).
Le Stade toulousain sait toujours autant se réinventer ! Privés de la plupart de ses forces vives, les Haut-Garonnais ont encore prouvé leur capacité de s’affranchir des éléments face aux Basques avec un jeu encore à la hauteur de l’événement. Dans une rencontre difficile à démarrer, les hommes d’Ugo Mola confirment leur statut de leader et pourront profiter de la fenêtre internationale avec le sentiment du devoir accompli. Bayonne s’incline encore et glisse vers le fond. Malgré une évidente volonté, avec quelques possibilités durant la rencontre, les Basques ont cédé logiquement chez les Toulousains. Une nouvelle défaite qui se rajoute aux récentes performances en demi-teinte, et qui confirme une tendance à la baisse pour les troupes de Grégory Patat en manque de solutions et de résultats depuis quelques semaines dorénavant.