Par Jason
Mathurin –
Publié le 31 Jan 2026 à
21:30
En 2026, la prise de position de
Sonia Mabrouk face au maintien de Morandini sur CNEWS bouscule
l’interview politique et questionne la neutralité des médias.
Sur un plateau de matinale, une question politique a débordé
bien au-delà du débat du jour. En janvier 2026, l’intervieweuse
Sonia Mabrouk se retrouve priée de commenter le
sort de son collègue Jean-Marc Morandini, tout
juste rattrapé par la justice. Sa réponse ne restera pas une simple
parenthèse télé.
Au cœur de la tourmente, la chaîne d’info CNEWS
porte déjà l’étiquette de média de la « liberté de ton ». Face à
l’affaire Morandini, la journaliste va pousser cette logique
jusqu’au bout, en assumant en direct sa propre boussole éthique. Ce
soir-là, le cadre classique de l’interview
politique a franchement vacillé.
Affaire Morandini et crise CNEWS 2026 : l’étincelle
judiciaire
Mi-janvier 2026, la Cour de cassation confirme la condamnation
de Jean-Marc Morandini à « deux ans de prison avec sursis et 20 000
euros d’amende pour corruption de mineurs ». La décision entérine
aussi l’interdiction de travailler avec des mineurs et son
inscription au fichier des délinquants sexuels, pour des faits liés
à trois adolescents entre 2009 et 2016.
Malgré cette condamnation définitive, CNEWS, chaîne du groupe
Canal+ contrôlé par Vincent Bolloré, décide de maintenir
l’animateur à l’antenne. Cette ligne provoque un malaise interne et
politique, évoqué sur TMC dans Quotidien : des clans se
forment, certains invités boycottent son émission et des
chroniqueurs disparaissent des écrans, sur fond d’image
fragilisée.
Le moment sans filtre de Sonia Mabrouk face à Jérôme Guedj
Invité de La grande interview, le député socialiste
Jérôme Guedj interpelle frontalement Sonia Mabrouk sur le maintien
de son collègue. « La décision ne m’appartient pas », répond d’abord
la journaliste, citée par VSD. Elle ajoute « Je ne cautionne en
aucun cas » et assure qu’elle « ne cautionne pas les faits d’une
gravité réelle », tout en rappelant qu’elle refuse de « se substituer
à la justice ».
Elle souligne aussi que Jean-Marc Morandini n’a pas été
« condamné à ne plus exercer sa profession ». « Engagée dans la lutte
contre les violences sexuelles et sexistes », la journaliste, mère
de deux enfants, dit penser aux « victimes les plus jeunes » et
confie : « Je n’en dors pas depuis plusieurs jours ». En interne,
elle affirme avoir prévenu sa direction, décrit sa posture comme
« courtoise » mais « ferme », et assume que « cette déclaration me sert
de boussole », qu’elle « je ne change pas une virgule ».
Quand le ton sans filtre redessine
l’interview politique télévisée
Après cette séquence, l’absence de Sonia Mabrouk de la grille,
remplacée par Stéphanie de Muru à l’approche de son congé
maternité, alimente les rumeurs de mise à l’écart. Dans le même
temps, les soutiens publics de Pascal Praud et Laurence Ferrari
montrent qu’une journaliste-star peut devenir un enjeu stratégique
pour la chaîne autant qu’un visage d’antenne.
En assumant publiquement sa « boussole » personnelle, Sonia
Mabrouk incarne un virage des médias en 2026 : celui de
l’intervieweur politique qui ne se cache plus derrière une
neutralité de façade. Sur une chaîne déjà marquée par des
éditorialistes très identifiés, sa prise de parole illustre une
télé d’info où les personnalités, leurs valeurs affichées et les
crises internes pèsent désormais autant que les questions posées
aux invités.