Patience, acharnement et diplomatie avec les collectivités locales, les trois clés du succès pour enflammer la Sud de France Arena et en faire un tournoi de tennis où se croise le Tout-Montpellier, fans comme politiciens…

« Le problème majeur du sport en France ? Les collectivités locales », assène depuis des lustres Mohed Altrad, président du MHR, candidat à la mairie de Montpellier en mars prochain et ennemi déclaré du premier édile Michaël Delafosse au sujet de la propriété du Septeo Stadium. « C’est tout le contraire. Sans les collectivités locales, on ne peut pas organiser nos événements. Parce qu’il faut bien comprendre que les collectivités territoriales, ce sont les premiers financeurs du sport. Elles dépensent plus de 12 milliards par an dans le domaine du sport. Elles le font vivre. Il n’y a que dans les ligues fermées américaines que vous n’êtes pas dépendants des collectivités », réplique Samir Boudjemaa, directeur général de TV Sport Events, organisateur de l’Open d’Occitanie (1er-8 février) – 16e édition du nom –, qui va taper ses premières balles officiellement ce dimanche.

Diplomatie de couloirs

D’un ballon à l’autre, à chacun sa vision, ses intérêts, son destin. Mais au fond, tous deux disent la même chose : sport et politique sont deux frères parlant d’argent, tantôt complices en privé, tantôt rivaux en public. Sauf qu’entre les deux, le droit d’aînesse revient systématiquement aux cravatés qui, parfois, taillent des shorts au frangin. L’Open d’Occitanie peut en parler en connaissance de cause. Pesant près de cinq millions d’euros de budget, il a failli avoir la corde au cou en 2023 au moment du désengagement de la Métropole de Montpellier (pour 400 000 euros).

Pas un problème pour le très diplomate Samir Boudjemaa, lequel relève une alternance entre collectivités permettant au tournoi de se tailler une réputation croissante. « Il faut tout le temps discuter… Cette année, on a l’Agglomération du Pays de l’Or qui est revenue. Tous les ans se constitue un pool de collectivités qui accompagnent le projet. L’objectif est de garder un socle permettant à l’événement de perdurer. » Une belle bataille de couloirs.

« The place to be »

De la rivalité – entre tennismen français surtout –, il va y en avoir une belle la semaine prochaine à la Sud de France Arena de Montpellier, qui a même fait du tennis son « parrain » favori. « Parce que l’Open est le premier événement sportif organisé dans l’enceinte et le seul qui s’est déroulé tous les ans depuis son inauguration (en 2010). J’ai envie de dire que l’Open d’Occitanie (anciennement Open Sud de France) est un événement iconique de l’Arena. Il fait désormais partie du patrimoine montpelliérain », se réjouit Samir Boudjemaa, grand architecte du tournoi depuis quinze ans.

L’homme a ses points de comparaison pour organiser également le tournoi de Roanne (ATP Challenger 100) et avoir initié le projet du Moselle Open (ATP 250). « À Montpellier, la plus grande satisfaction, c’est de voir 60 000 personnes durant la semaine (record battu l’an passé), l’ambiance est fantastique », reconnaît-il, en insistant sur la dimension sociétale de « son » Open. « On vit des périodes anxiogènes, mais heureusement, le sport est le meilleur vecteur pour rassembler les gens et créer des liens forts. » Et pas seulement qu’entre fans.

La Sud de France Arena se veut en effet « The place to be » durant l’événement, en tribunes comme au « village partenaires » où se rend le « Tout-Montpellier » lors des soirées, cette année électorale plus que jamais. Pour les autres, le tournoi sera à vivre devant l’écran : gratuitement sur Tennis Channel ou en payant sur beIN SPORTS, à partir du vendredi. Money is money.