Après avoir mené 0-2, l’Olympique de Marseille s’est liquéfié et a concédé le match nul face au Paris FC (2-2). Après sa piteuse élimination en Ligue des champions, le club phocéen est en crise.

Une semaine en enfer. Et des questions qui se posent. Samedi soir, le public du stade Jean Bouin exulte, chambre (« Mais ils sont où les Marseillais ? »), tandis que les hommes de Roberto De Zerbi rentrent au vestiaire la tête basse. L’OM est malade et vient de clôturer deux matches atroces qui laissent entrevoir une seconde partie de saison de tous les dangers. Trois jours après la piteuse élimination européenne, avec l’humiliation subie à Bruges (3-0), l’Olympique de Marseille a sombré face au Paris FC (2-2). Au classement, l’OL, en déplacement à Lille dimanche, peut en profiter, tandis que le RC Lens, vainqueur du Havre vendredi (1-0), a déjà repris deux points.

En menant 0-2, grâce à un grand Mason Greenwood (un but et une passe décisive), la bande de Léo Balerdi pensait avoir fait le plus dur avant de se liquéfier, signe d’une équipe malade et pas aidée par Roberto De Zerbi. Un match nul au goût de défaite. En changeant quasiment la moitié de son équipe en seconde période, l’entraîneur italien a une grande part de responsabilité dans ce mauvais résultat.


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Dimanche matin, tout le monde devra faire son examen de conscience. Si le programme de la semaine prochaine (réception de Rennes mardi en 8e de finale de la Coupe de France, déplacement face au PSG pour le Classique dimanche) fait peur à voir, au regard de l’état psychologique des troupes marseillaises, il en dira beaucoup sur les ressorts d’un club sans cesse sur un fil. Le chemin sera long. La route sinueuse. Mais il y a une seconde partie de saison à bien négocier. Une qualification en C1 à décrocher, tout comme une Coupe de France. Le calme et la sérénité doivent revenir du côté de la Commanderie… Pas toujours le genre de la maison.

Mason Greenwood trop seul

Pour se sortir du (timide) piège tendu par le Paris FC, l’OM a pu compter sur son meilleur joueur, Mason Greenwood, intenable sur la pelouse qui jouxte l’enceinte du Parc des Princes. Lors d’un premier acte lénifiant, entre des Marseillais fébriles et des Parisiens quasiment jamais en mesure de réaliser trois passes consécutives, l’Anglais a réveillé un peu le public en convertissant un penalty … provoqué par lui-même (0-1, 19e).

Séquence choisie par les supporters marseillais, interdits de déplacement, pour se faire entendre un peu partout dans Jean Bouin. Dans son onze de départ, Roberto De Zerbi avait effectué quatre changements par rapport à Bruges (entrée d’Aubameyang, Paixao, Nwaneri et Timber, sorties de Gouiri, Traoré, Kondogbia, Murillo) – toujours pas de Pavard, cloué sur le banc – et il faut reconnaître que Greenwood fut longtemps le seul à être au niveau dans cette rencontre.

Le néfaste turnover de De Zerbi

En seconde période, c’est lui qui délivre une offrande pour Aubameyang, seul au deuxième poteau (0-2, 54e). Un but, une passe décisive et quelques gestes de classe, suffisant pour mettre à mal le Paris FC. On ne cesse de le répéter depuis le début de la saison, le club promu est encore très limité (le champion d’Europe italien Ciro Immobile, 35 ans, devrait signer prochainement), mais il a aussi du cœur. On l’a vu contre le PSG en Coupe de France ou face à Lyon à domicile (3-3). Samedi soir, plus d’une équipe se serait écroulée. Pas les hommes de Stéphane Gili.

La résilience du PFC

Sur un corner, Jonathan Ikoné, ancien du PSG, est là pour réduire le score (1-2, 82e) face à une équipe marseillaise totalement chamboulée par l’énorme turnover (sorties d’Aubameyang, Nwareni, Weah, Paixao, Timber, remplacés par Gouiri, Traoré, Vermeeren, Nadir) opéré par De Zerbi. La suite fut renversante, avec un long ballon promis à Munetsi, mais Rulli se faisait sanctionner pour une faute sur le milieu parisien entré en jeu (90e+3). Et Ilan Kebbal (2-2, 90e+4) était là pour égaliser sur penalty, devant un public enfin parisien. Et un coaching de Stéphane Gili récompensé. Du côté de l’OM, la fièvre n’est pas retombée.