« Bonjour. Tu vas bien ? Tu es arrivé en premier ? » « Oui, je suis un chanteur ». « Et ça fait longtemps que tu fais de la musique ? » Ce samedi soir, c’était un peu le monde à l’envers sur le plateau des « Rencontres du Papotin » sur France 2. Car celui qui a initié les questions n’était pas l’un des journalistes de cette rédaction atypique. Sweat-shirt à capuche noir, Orelsan a ouvert d’emblée la conversation face à Arnaud, l’un de ses membres qui « joue du piano, de la guitare, de la batterie, chante et danse ».

Le rappeur de Caen sourit, se présente sans chichis : « Je fais de la musique, là j’ai sorti un film dans lequel je joue, un album La fuite en avant et je vais faire une tournée ». La musique omniprésente lors des échanges ponctués notamment par la prestation de Maxime, autre acolyte de la bande, reprenant « Après avoir fait l’tour du monde, Tout c’qu’on veut, c’est être à la maison » devant l’invité qui, assis, souffle du bout des lèvres le refrain de son tube « La terre est ronde ».

« Pourquoi vous aimez le rap ? » interroge David, pas vraiment fan. « C’est une musique concrète, ça raconte des choses. J’ai commencé à aimer le rap à 10-11 ans car ça me faisait voyager, me racontait des vies que je ne connaissais pas forcément », relate Orelsan. La « violence et la vulgarité » de ses textes, pointée par Valentin ? « J’aime bien créer des émotions et que ça ressemble à la réalité. Quand tu es énervé, tu vas utiliser des mots violents. Souvent, c’est plus de la fiction ».

« J’aimerais bien retourner à l’adolescence »

« Pourquoi vous aimez Caen ? » enchaîne David, suscitant le rire du régional de l’étape. « Parce que j’ai grandi là-bas. C’est une ville à taille humaine pas trop grande et nous, on a la mer, un château. Et les gens sont sympas ». Simple, basique.

Mais pas facile de fendre la carapace du créateur de « L’odeur de l’essence », même lorsque des questions personnelles, tout en spontanéité, fusent. Ses souvenirs de fêtes foraines et de manèges ? « J’aimais trop la pêche aux canards quand j’étais petit et une espèce de manoir hanté auquel je pensais toute l’année », dévoile l’artiste. Les disputes avec ses parents quand il était ado ? « Ils m’engueulaient pas mal car on n’était pas toujours sur la même longueur d’onde (…). Moi, j’aimerais bien retourner à l’adolescence pour savoir mieux gérer mes émotions ».

« Étais-tu gentil avec ton frère ? » insiste le journaliste Marvin. « Parfois, j’avais des accès de méchanceté que je m’autorisais sur lui et pas sur d’autres personnes. Des trucs d’enfants ». « Tu lui as déjà donné un coup d’harmonica sur la joue ? » reprend Marvin. « Non, mais ça sent le vécu ton histoire ! se marre Orelsan. On est hyper proches maintenant avec mon frère ».

« Si tu me compares à Brad Pitt… »

« As-tu peur d’être papa ? » ose encore Adah. « Un peu dans le sens où c’est tellement une grosse responsabilité d’élever un enfant (…) Parfois, ça fait du bien d’avoir peur car ça empêche de faire des bêtises », lâche le quadra, père d’un garçon de deux ans.

Il n’élude pas mais ne brise pas totalement la glace non plus. Un peu de distance, un peu de complicité lorsqu’il salue Rudy, auteur du texte « J’écris » qu’il vient de lire ( « C’est beau (…). Ça se voit que t’es vraiment passionné. Ça fait presque des chansons »). Un peu d’humour également face à Claire, toujours cash, lui offrant un autocollant de Brad Pitt « plus beau que toi » pour demander s’il lui « arrive d’être disgracieux ? » « Je suis souvent disgracieux. Si tu me compares à Brad Pitt, je ne peux être que disgracieux. J’suis un 12 sur 20 ».

Pour terminer la rencontre, Oxmo Puccino fait la surprise de reprendre avec l’un des rédacteurs du Papotin « Alors on danse » de Stromae. Ils sont accompagnés par un violoncelle, un violon et une flûte traversière… Un joli moment.