Certes, il ne faut pas réduire un artiste à sa vie, à ses déboires, à son look délirant – surtout pour les femmes. Cela a été trop fait pour certaines (Camille Claudel, Frida Kahlo…), et il convient de s’intéresser d’abord à leur art, à leur travail intellectuel et formel. Pour l’explosive Louise Nevelson (1899–1988), un récit de son exubérance est toutefois tentant. Et ce, d’autant plus que la rétrospective lui étant consacrée au Centre Pompidou-Metz joue la carte de l’élégance radicale, avec une scénographie quasi entièrement noire où les murs s’accordent avec les sculptures, mais dont le parcours compte finalement peu d’archives, peu de photographies. Peu de chair, en somme, de cette artiste qui parfois, par enthousiasme, entamait une « danse druidique » pour inaugurer une exposition…
Cette phénoménale personnalité la faisait connaître de tous, des pontes du monde de l’art comme des habitants de son quartier. De fait, la New-Yorkaise ne passait pas inaperçue. Pouvant accumuler sur ses yeux jusqu’à dix paires de faux cils pour en accentuer l’intensité, Louise Nevelson s’habillait de couches et de couches de robes bariolées, entourant sa tête d’un foulard ou d’une toque, et surgissant d’un spectaculaire manteau de fourrure.
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