Par

Thomas Martin

Publié le

1 févr. 2026 à 8h24

Peu d’usagers de la RATP y pensent lorsqu’ils sont à la station de métro Gambetta et pourtant quelques traces d’une ancienne station toute proche, sont encore visibles. Longtemps, la station Martin-Nadaud a figuré sur la ligne 3, entre Père-Lachaise et Gambetta. Aujourd’hui, elle a totalement disparu des plans officiels. Et pourtant, elle n’a jamais été murée ni abandonnée comme d’autres stations fantômes : elle a été absorbée.

Deux stations de métro trop proches

Ouverte le 25 janvier 1905, Martin-Nadaud portait le nom d’un homme politique républicain, ancien ouvrier maçon devenu député, figure du Paris populaire du XIXᵉ siècle. Pendant plus de six décennies, la station fonctionne normalement, desservant un quartier alors en pleine transformation.

Le problème apparaît avec le temps : Martin-Nadaud et Gambetta ne sont séparées que d’environ 230 mètres, une distance devenue difficile à justifier dans un réseau en constante évolution.

C’est la création des deux branches de la ligne 3 qui va remettre en cause la cohabitation de ces deux stations. Une nouvelle station Gambetta, l’actuelle, est alors créée dans la continuité de la station Martin-Nadaud.

1969 : la station est “mangée”

Le 23 août 1969, Martin-Nadaud ferme officiellement. Mais contrairement à d’autres stations fantômes parisiennes, elle n’est pas condamnée. Ses quais sont intégrés à la nouvelle station Gambetta, agrandie et repensée pour devenir un pôle majeur de correspondance.

Concrètement, ce qui était autrefois Martin-Nadaud devient une partie de Gambetta : couloirs, accès et volumes sont réutilisés. L’un des accès du métro, situé place Martin-Nadaud, existe toujours aujourd’hui sans que la majorité des voyageurs ne sachent qu’il mène à une station disparue.

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Un fantôme discret du métro parisien

Les stigmates de cette transformation restent perceptibles aujourd’hui. La station Gambetta se distingue notamment par une voûte anormalement élevée, héritée de l’ancien tunnel reliant les deux stations. Ses quais, parmi les plus longs du réseau, englobent en réalité ceux de l’ancienne station Martin-Nadaud.

Martin-Nadaud, qui a rejoint en quelque sorte les stations fantômes de Paris, est un cas presque unique dans l’histoire du métro : elle n’a pas été fermée pour manque de fréquentation, elle n’a pas non plus été abandonnée à la suite d’une guerre et elle n’a pas été murée.

Elle a simplement été fusionnée, digérée par une station voisine plus grande, plus moderne, plus stratégique.

Un siècle après son ouverture, son nom ne subsiste plus que sur une place. 

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