Téhéran répond à Bruxelles. En représailles aux mesures prises par l’Union européenne visant les Gardiens de la révolution, l’Iran a annoncé qu’il considérait désormais les armées européennes comme des « groupes terroristes ». L’annonce a été faite ce dimanche par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.

« Conformément à l’article 7 de la loi sur les contre-mesures portant sur la désignation du Corps des Gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste, les armées des pays européens sont considérées comme groupes terroristes », a déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf, vêtu, comme les députés, d’un uniforme des Gardiens en signe de solidarité. Les conséquences immédiates de cette décision ne sont pas encore clairement établies.

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« Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens œuvre à sa propre perte »

Jeudi, les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l’Union européenne s’étaient accordés pour inscrire le bras armé de la République islamique sur la liste des « organisations terroristes ». « Les ministres des Affaires étrangères de l’UE viennent de franchir une étape décisive en désignant les Gardiens de la révolution iranienne comme organisation terroriste. Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens œuvre à sa propre perte », avait déclaré la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.

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La veille, la France s’était rangée derrière cette position, formulée par l’Italie. En conséquence, l’Europe pourra bloquer l’ensemble des transactions économiques et financières des Gardiens de la révolution. Cette initiative s’est par ailleurs accompagnée de nouvelles sanctions visant 21 entités et hauts responsables des pasdarans, désormais interdits d’entrée sur le territoire de l’Union européenne et dont les avoirs seront gelés.

L’Iran avait quant à lui mis en garde contre de « conséquences destructrices » si le corps des Gardiens de la révolution venait à être classé comme organisation terroriste par l’UE. La répression du mouvement de contestation contre le régime des Mollahs, commencée à la fin du mois de décembre, a fait plusieurs milliers de morts, selon les différentes ONG.