L’initiative a été portée par…
L’initiative a été portée par l’Agence régionale de santé. « En sud Charente, pose le directeur de l’ARS Florian Besse, 2.800 patientes ne participent à aucun dépistage du cancer du sein, soit 45 % des femmes inscrites dans le suivi programmé. » Un chiffre conséquent, même si le territoire ne fait pas partie des mauvais élèves. Pour répondre à cette problématique, l’ARS a donc lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) à l’ensemble des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), coordinatrices en la matière.
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Celle du sud Charente a répondu présente. Elle est la première du département à voir ce partenariat se concrétiser. « Dès qu’on a reçu le mail, raconte Agnès Garnaud, directrice de la structure, on a dit :”super, on y va” », sourit-elle, appuyée par le secrétaire de l’association, le Dr Pierre Terrade. « Avec l’ARS, nous avons ciblé les femmes répondant au cahier des charges, et avec le centre de coordination des cancers (CRDC) priorisé les communes. »
« À nous de les convaincre, même si nous ne pouvons forcer personne. »
De ces chiffres, il ressort que Val-des-Vignes et Coteaux-du-Blanzacais sont prioritaires, tout comme des villages au cœur du territoire autour de Deviat, Saint-Martial ou Courgeac, ou aux extrémités du sud Charente. Leurs listes ont été envoyées aux médecins traitants de secteur mais aussi aux pharmaciens et infirmières Asalée. Une fois ces patientes identifiées, elles sont rappelées par la CPTS pour convenir d’un rendez-vous.
« On note à l’appel que c’est ou tout blanc ou tout noir », explique le Dr Terrade, « soit elles sont emballées soit pas du tout. À nous de les convaincre, même si nous ne pouvons forcer personne. » « Pourtant, plaide le Dr Véronique Sécherre, vice-secrétaire générale de la Ligue contre le cancer, on sait qu’une femme sur huit va être touchée par un cancer du sein, et qu’un diagnostic précoce, pour les cas de cancer hormonodépendant, accroît les chances d’une rémission complète de grande durée. »
Aucune patiente n’est oubliée
Des données que connaissent les professionnels de santé, convaincus de la pertinence de cette initiative. À commencer par les radiologues et manipulateurs du service d’imagerie des hôpitaux du sud Charente, qui ont ouvert des vacations supplémentaires alors même que l’équipe se partage entre la radiologie, l’échographie et le scanner : « Mais dès que nous sommes en nombre suffisant au planning, on ouvre des créneaux de mammographie », souligne le Dr Rosette Randriamahazaka.
« On peut le faire également grâce au soutien de la Ligue contre le cancer, rappelle Romain Labrouquaire, qui nous a aidés à financer notre nouvel échographe, dédié au contrôle du cancer du sein. »
Dans les partenaires de cette opération, le Pays sud Charente, via son contrat local de santé, se met à disposition pour prêcher la bonne parole ou faciliter la mise en pratique : « Sur la mobilité, par exemple, on peut communiquer sur l’association Mosc qui, avec son service de transport solidaire, peut véhiculer ces femmes jusqu’au centre hospitalier », rappelle la coordinatrice Béatrice Bellot.
À la veille du démarrage de cette action, la satisfaction est de mise quand la moitié des créneaux de février sont déjà pourvus. Pour les autres femmes d’ores et déjà inscrites dans le dépistage programmé, des créneaux de mammographie sont ouverts à six mois via la plateforme Doctolib, un secrétariat (1) est également présent. Aussi, pour les demandes en urgence, adressées par les médecins, des vacations sont toujours prévues.
(1) Secrétariat de l’imagerie médicale : 05 45 78 78 03.