Avec près de 76 % de restaurants relevant du fast-food, le 15e arrondissement de Marseille figure au deuxième rang des territoires les plus marqués par la malbouffe selon une étude de l’Urssaf. Un chiffre qui interpelle les spécialistes en nutrition.

C’est un chiffre qui interpelle : **trois quart (75,5 %) des établissements de restauration du 15e arrondissement de Marseille sont des fast-foods. Autrement dit, plus de sept restaurants sur dix proposent burgers, tacos, poulet frit et autres sandwichs. Ce constat, issu des données de l’Urssaf rappelées par Aujourd’hui en France, place ce vaste territoire des quartiers nord à la deuxième place d’un classement peu flatteur, derrière Argenteuil en région parisienne.

Dans cet arrondissement marseillais de près de 80.000 habitants, les enseignes se multiplient le long des grands axes, notamment à proximité de l’A7, avenue de Saint-Antoine. Les devantures sont toujours plus visibles, parfois criardes : Chicken Street, Tasty Crousty ou encore G la dalle. Une offre abondante et accessible qui fait désormais partie du paysage urbain et vient bouleverser les habitudes alimentaires.

Un reflexe du quotidien pour les jeunes

Pour de nombreux adolescents et jeunes adultes du quartier, manger dans un fast-food est devenu un automatisme. Aron et Salim, la vingtaine, reconnaissent s’y rendre très régulièrement. Pour eux, c’est un choix “rapide, pas cher et plutôt bon”. Salim admet même un faible pour une spécialité bien grasse:  « le tacos », il dit en manger deux voire trois par jour, on est loin des recommandations nutritionnelles**. Et face à cette ruée sur les fast-foods, le prix reste un argument majeur. Menus à quelques euros, portions copieuses, promotions permanentes : difficile de rivaliser pour les restaurants traditionnels.

Les spécialistes en nutrition alertent

Pour ces spécialistes en nutrition les fast-foods sont de véritables “bombes caloriques”. Josiane Fontaine**,** docteur en pharmacie à Marseille, spécialiste alimentation, santé et nutrition, met en garde : “C’est essentiellement gras et sucré, tout ce qu’il ne faut pas faire dans une bonne alimentation. Il n’y a pas de fibres, c’est pauvre en nutriments essentiels, en vitamines et en minéraux. Tant qu’on est jeune, on ne se rend pas compte, parce que la santé n’est pas encore impactée. Mais ce sont de futurs candidats au surpoids et au diabète”, explique-t-elle.

Elle pointe aussi les modes de cuisson : “Dans cette alimentation, il y a beaucoup de friture. Elle a tendance à former des composés dangereux, comme l’acrylamide, qui sont vraiment néfastes pour la santé.”

Ces mises en garde résonnent d’autant plus que le taux d’obésité chez les 18–24 ans a été multiplié par quatre entre 1997 et 2000, selon l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

Dans ce contexte, où le nombre d’adultes en situation d’obésité grandit en France, le gouvernement a dévoilé mercredi 14 janvier dernier une feuille de route pour lutter contre cette maladie chronique.

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