« De nombreuses villes ont planté des arbres en sa mémoire. Certains ont été sciés. Alors nous replantons des arbres. C’est un signal : celui de notre unité face à l’antisémitisme », a déclaré Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg, lors d’un discours en hommage à Ilan Halimi. Le jeune homme juif avait été enlevé en région parisienne, torturé et laissé pour mort il y a vingt ans, alors qu’il avait 23 ans. Il avait succombé à ses blessures. Ses tortionnaires étaient connus sous le nom de “gang des barbares”.
Une cérémonie en l’hommage à leur victime s’est déroulée dimanche après-midi à Strasbourg, sur la place de la République. Quelque 170 personnes y ont assisté, notamment des représentants de l’État, de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et du Consistoire israélite du Bas-Rhin. À cette occasion, un amandier a été planté entre la préfecture et la Bibliothèque nationale universitaire. Un lieu symbolique, a rappelé la maire : en 1349, 2 000 Juifs avaient péri sur un bûcher édifié sur cette place, car on les accusait d’être à l’origine de la peste qui sévissait alors.
« Après le meurtre d’Ilan Halimi, d’autres ont suivi et cela a confirmé cette haine antisémite », a martelé Sophie Cohen-Elbaz, présidente du CRIF-Alsace, en égrenant les noms d’autres victimes de l’antisémitisme, dont une dame de 85 ans rescapée de camp de concentration. « Planter cet arbre, c’est croire qu’un monde sans la peur de l’antisémitisme est possible. Cet arbre mérite notre vigilance. »