Situé à côté du rond-point Gennevaux, ce bâtiment très ancien devrait disparaître. Le périmètre où il se trouve est dévolu à une zone humide, dans le cadre de la construction du COM, alerte Philippe Hippert.
En contrebas du rond-point Gennevaux, à l’endroit où le fleuve Mosson passe sous la quatre voies, « un vieux moulin datant au moins du XIIIe siècle est en sursis à cause du COM », déplore Philippe Hippert, président de Saint-Jean Environnement et tête de liste du Collectif védasien en vue des élections municipales à Saint-Jean-de-Védas.
C’est en effet sur le territoire de cette commune que se trouve le moulin. « Il a produit de la farine pendant 600 ans et est devenu un château, embelli au XIXe siècle. Il y a belle grange, une élégante orangerie, un parc avec des arbres pluri-centenaires… Le corps de ferme qui sert de lieu d’habitation serait préservé, mais pas le reste. »
Si une partie de cet « édifice remarquable, qui occupe 450 m2 au sol », doit être rasée, « sa démolition n’est mentionnée nulle part, que ce soit par Vinci ou le Conservatoire des Espaces Naturels (CEN), qui vient de l’acquérir pour 1,13 M€. Un achat effectué dans le cadre des compensations environnementales du COM. »
« Un patrimoine remarquable non identifié comme tel »
Le projet est en effet d’y aménager une zone humide de deux hectares, en lien avec le bassin de la Mosson. Celle-ci permettra notamment de favoriser la biodiversité et de réduire le risque d’inondation en aval.
« L’idée est séduisante, mais cela vaut-il le coup de démolir ce patrimoine remarquable, même s’il n’est pas identifié comme tel dans les inventaires ? », demande l’association Saint-Jean Environnement à la Direction régionale des affaires culturelles. « Nous n’avons pas eu de réponse. De toute façon, les services de l’État deviennent muets quand on parle du COM ».

L’orangerie du moulin, datant du XIXe siècle.
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« Comme si cet édifice n’existait pas »
Et de préciser dans un communiqué : « Vinci-ASF et le CEN ne mentionnent pas la démolition de cet édifice remarquable, comme s’il n’existait pas. » Cette démolition est seulement évoquée dans une délibération du conseil de Métropole du 16 juillet 2025, mais celui-ci n’est pas visible en ligne.
« Espérons que l’Architecte des Bâtiments de France étudiera la valeur patrimoniale de cet édifice, avant toute action sur le site, et donnera son avis ».
Dans son courrier à la Drac, Philippe Hippert rappelait que « la construction du COM est déjà pour l’ouest de Montpellier un désastre en termes de destruction d’espaces agricoles et naturels, et de pollutions générées par son trafic routier. Nous souhaitons éviter d’y ajouter des destructions « collatérales » de patrimoine d’intérêt local. »