Les succès des séries quotidiennes ont notamment permis la naissance d’un véritable écosystème régional dans le domaine de l’audiovisuel et des industries culturelles et créatives.
Dire que l’Occitanie, l’ex-Languedoc-Roussillon notamment, et l’agglomération de Montpellier sont devenus l’épicentre du secteur d’activité des industries culturelles créatives et de l’audiovisuel en général relève désormais de l’évidence. Deuxième région française à accueillir le plus grand nombre de jours de tournages par an, première pour les seules fictions télévisées, grâce, notamment, à trois feuilletons quotidiens solidement installés des deux côtés du Vidourle, pour un total d’environ 3 000 jours de tournages cumulés par an, un fichier de 2 300 professionnels, comédiens et techniciens, domiciliés fiscalement en région, essentiellement dans les bassins de Toulouse et Montpellier-Sète, tous les signaux sont au vert.
Auxquels on ajoutera une riche variété de formations en écoles privées ou à l’université (ARTFX, l’Esma, Travelling, Acoustik…), tant pour l’animation et les jeux vidéos que pour l’enseignement généraliste en matière d’audiovisuel.
Essor inimaginable
On n’oubliera pas de mentionner la politique volontariste des collectivités locales en la matière, initiée, tant du côté de la Région qu’à la Ville ou à la Métropole de Montpellier, à une époque où ces territoires restaient, à de rares exceptions, une sorte de terre inconnue pour les producteurs et réalisateurs français, malgré d’indéniables atouts, météorologiques (300 jours garantis de soleil par an en Languedoc) ou paysagers (littoral et haute montagne séparés de quelques dizaines de kilomètres), entre autres.
C’est ainsi qu’ont émergé au fil des ans un bureau d’accueil des tournages à Montpellier (six autres ont suivi), la structure Occitanie films, la cité créative de Montpellier. Des collectivités qui, entre financements sous forme de subventions ou de fonds d’aides, accompagnent le développement de cette filière. Comme le précise Sophie Mananteau, responsable de l’unité cinéma à la Métropole de Montpellier : « Nous jouons un rôle de facilitateur. Le bureau d’accueil des tournages a été créé en 2010, pour accompagner la dynamique régionale, et nous n’aurions jamais imaginé un tel essor. En 2010, tout était encore exclusivement concentré en Île-de-France ».
Véritable écosystème
Une filière autour de laquelle s’est formé un véritable écosystème, qui permet des retombées économiques estimées par la collectivité régionale à 90 millions d’euros sur l’année civile 2022. Dernier indicateur économique signifiant : on recense aujourd’hui en Occitanie près de 10 000 emplois dans le secteur de l’audiovisuel, auxquels s’ajoutent plus de 1 000 emplois dans celui secteur du jeu vidéo (source : Région Occitanie). Et la construction de studios d’envergure dont il est largement question ci-contre ne fait qu’entériner l’ancrage profond et sur le long terme de cet ensemble d’activités.
Que l’échec de la série Un nouveau jour de M6 et son retrait hâtif de l’antenne n’a pas remis en cause. Alors que, fin décembre, la double actualité relative à la razzia de Games Awards (l’équivalent des Oscars), à Los Angeles, du jeu vidéo Clair Obscur : Expedition 33, et l’inouï engouement autour de la pub dite du loup d’Intermarché, deux réalisations de studios montpelliérains (respectivement : Sandfall Interactive et Illogic) faisaient définitivement basculer Montpellier dans une autre dimension : celle de la nouvelle capitale des industries culturelles et créatives.