Bill Guerin a simplement dit tout haut ce que tout le monde pensait tout bas.
Avec le retour de la LNH aux Jeux olympiques pour la première fois en 12 ans, le médaillé d’argent des Jeux de 2002 pour les États-Unis – et désormais directeur général de son pays – a la lourde tâche de ramener les Américains au sommet lors d’un tournoi réunissant les meilleurs joueurs au monde.
Seule la médaille d’or suffira en Italie.
« Nous devons gagner, a déclaré Guerin au LNH.com, en août. Nous devons obtenir une autre victoire comme celle-ci. »
Les États-Unis, qui n’ont pas remporté de compétition majeure impliquant des joueurs de la LNH depuis la Coupe du monde de hockey de 1996, ont également décroché la médaille d’argent en 2010, quand Sidney Crosby a marqué en prolongation lors des Jeux de Vancouver. Les Américains n’ont toutefois pas mis la main sur une médaille en 1998, 2006 et 2014.
La troupe américaine s’est aussi inclinée en demi-finale de la Coupe du monde de 2004, elle a subi trois revers en temps réglementaire à ce même événement en 2016, avant de perdre en prolongation contre le Canada lors de la finale de la Confrontation des 4 nations, en février dernier.
Bref, USA Hockey en a assez de jouer les seconds rôles.
« Nous nous attendons à pouvoir rivaliser avec n’importe quel pays sur la scène mondiale… et nous nous attendons à gagner, a indiqué Mike Sullivan, entraîneur-chef des États-Unis et des Rangers de New York. C’est la preuve du chemin parcouru par le hockey aux États-Unis.
« Il y a 25 ans, nous avions d’excellents joueurs, mais ils étaient probablement moins nombreux. »
Parmi ces talents, on compte Auston Matthews, Jack Eichel et deux paires de frères: Quinn et Jack Hughes, ainsi que Matthew et Brady Tkachuk.
« La confiance qu’il a en notre groupe d’Américains est impressionnante, a commenté Matthews, capitaine des Maple Leafs de Toronto, concernant les propos de Guerin. Nous partageons tous ce sentiment. Nous sentons que nous sommes au sommet et que nous devrions viser l’or.
« Nous voulons être le meilleur pays au monde. »
Les États-Unis dominent la scène internationale en hockey à presque tous les niveaux.
L’équipe féminine a remporté l’or aux Jeux olympiques de 1998 et de 2018, en plus de quatre médailles d’argent (2002, 2010, 2014, 2022), tandis que l’équipe masculine des moins de 20 ans a décroché le titre au Championnat mondial de hockey junior en 2024 et 2025. L’équipe masculine senior a ensuite obtenu le titre mondial au printemps dernier, une première en 92 ans.
« Notre principal objectif est maintenant d’avoir cette victoire au plus haut niveau, a dit Jack Hughes, un joueur de centre des Devils du New Jersey. Nous étions proches à la Confrontation des 4 Nations, mais de remporter les Jeux olympiques serait un exploit retentissant et nous permettrait de franchir un cap décisif. Ça fait maintenant partie de nos attentes. »
Les Américains ont mis la main sur la médaille d’or en hockey sur glace masculin en 1960 et en 1980 – cette dernière victoire étant marquée par le fameux «Miracle sur glace» contre l’Union soviétique en demi-finale – bien avant de pouvoir envoyer leurs meilleurs joueurs.
« Nous n’y allons pas pour la deuxième ou la troisième place… notre objectif est très clair, a affirmé Eichel, un joueur de centre des Golden Knights de Vegas. Tout autre résultat qu’une médaille d’or serait, je ne dirais pas un échec, mais ce serait décevant. Nous y allons pour gagner. »
Sullivan a souligné le rôle des programmes de hockey amateur dans les marchés non traditionnels – Matthews, par exemple, a grandi en Arizona – dans la progression du pays.
« Il y a tellement de raisons à ce développement, a-t-il soutenu. Au final, je pense que ça montre que le hockey américain est au sommet de sa forme et que nous formons des joueurs à un rythme intéressant, ne serait-ce que par le nombre. »
Les États-Unis sont dans le groupe C des Jeux de 2026, avec l’Allemagne, la Lettonie et le Danemark. Le groupe A comprend le Canada, la Tchéquie, la Suisse et la France. La Suède, la Finlande, la Slovaquie et l’Italie complètent le groupe B. La Russie et le Bélarus restent suspendus des compétitions internationales en raison du conflit en Ukraine.
Les Américains amorceront leur tournoi olympique le 12 février, contre la Lettonie.
Clayton Keller, le capitaine du Mammoth de l’Utah, qui portait le «C» et a mené les Américains vers la victoire au Mondial de 2025, a exprimé que Guerin avait lancé un défi lors de la séance d’orientation du programme cet été.
« Le moment est venu pour USA Hockey », a dit Keller.
Les États-Unis bénéficieront d’un renfort de taille avec le retour de Quinn Hughes, la vedette du Wild du Minnesota, après que le défenseur eut raté la Confrontation des 4 nations en raison d’une blessure. La formation américaine est en grande partie la même que lors de ce tournoi, ce qui explique l’absence de joueurs comme l’ailier des Stars de Dallas Jason Robertson, le franc-tireur du Canadien de Montréal Cole Caufield et son coéquipier défenseur Lane Hutson.
« Tout le monde sait que nous avons l’équipe (pour gagner), a insisté Quinn Hughes. Je ne pense pas que quiconque serait surpris si nous gagnions. Ce devrait être notre objectif: l’or ou rien.
« Exactement comme pour le Canada. »