Par
Hervé Pavageau
Publié le
1 févr. 2026 à 13h30
25 %, c’est la part de la production d’électricité solaire qui est perdue, faute d’être consommée. La sentence s’affiche sur le site de la toute jeune start-up Jane. L’aventure de cette entreprise, basée aujourd’hui à Paris, a démarré à Haute-Goulaine, commune de Simon Heurtebise, co-fondateur. Jane est une plateforme qui valorise le surplus d’énergie généré par les panneaux solaires, en simplifiant et facilitant la création de communautés locales d’électricité solaire.
Une table ronde à Paris
Celui qui aime présenter son outil comme « l’Amap de l’énergie » a organisé le 21 janvier dernier à Paris une table ronde dédiée au futur de l’autoconsommation collective, réunissant des acteurs clés du secteur (réseau, grands groupes, développeurs solaires).
Soutenus par l’incubateur de Polytechnique, l’entrepreneur et son équipe, qui se compose aujourd’hui de deux associés, trois stagiaires et un CDD, ont profité de l’année 2025 pour consolider le logiciel et le tester.
Phase de commercialisation
Le principe de Jane ?
C’est « d’automatiser la simulation, la création et le pilotage des projets d’autoconsommation collective, avec un objectif clair : permettre le passage à l’échelle de ce modèle énergétique local », explique Simon Heurtebise.
Fonctionnelle, la plateforme est aujourd’hui en phase de commercialisation.
La start-up a pour objectif de valoriser une cinquantaine de projets sur l’année 2026, niveau de rentabilité pour « payer tout le monde et investir ».
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L’entreprise, qui a tissé un partenariat avec Enedis, vise les gros producteurs d’énergie solaire, comme les entreprises et collectivités.
Même si le monde agricole est aussi intéressé.
Des parts considérables de surplus d’énergie à redistribuer
Une raison à cela : le coût d’entrée.
La mise en place du projet est fixée à 1 490 €, montant auquel vient s’ajouter un abonnement annuel qui varie selon les capacités des installations.
Dans un contexte de fins progressives du soutien public au rachat d’électricité, l’outil permet de valoriser son surplus d’électricité en le redistribuant localement.
Pour une collectivité, cela permet d’envoyer sur le réseau le surplus d’énergie vers d’autres bâtiments communaux. Pour une entreprise, la plateforme permet de le revendre à des sociétés proches et des artisans du même territoire. Cela pourrait aussi bénéficier à des ménages en situation de précarité énergétique », cite en exemple
Simon Heurtebise, co-fondateur de l’entreprise.
Cette mise à disposition d’énergie n’est pas seulement vertueuse et bonne pour la planète. Elle permet de faire des économies et de baisser la facture.
« D’autant qu’il y a des parts considérables de surplus d’énergie à redistribuer », martèle le Goulainais d’origine, âgé de 27 ans.
Projets dans la région
Et de prendre l’exemple d’une grande industrie disposant de plusieurs sites de production en France qui ne tournent pas le week-end et le mois d’août. Autant de périodes de production d’électricité solaire qui pourraient être valorisées localement.
Ou celui de cet agriculteur en Seine-et-Marne qui utilise le logiciel.
Equipé d’un site de production, le producteur utilise Jane pour renvoyer l’énergie solaire vers ses sites de consommation : maison, ferme…
« Cela a permis d’économiser 10 000 € sur un an », indique Simon Heurtebise. La plateforme Jane essaime aussi dans la région.
Plusieurs projets sont à l’étude dans le Grand ouest et la Loire-Atlantique. Notamment avec Photovolt, entreprise basée à Thouaré-sur-Loire.
Et peut-être demain dans le Vignoble nantais, terre natale du fondateur de Jane.
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