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Plus de la moitié des aliments pour bébé sont ultratransformés, selon 60 Millions de consommateurs
Tous les parents cherchent à « bien faire » et, avant tout, à offrir une alimentation de qualité à leur bébé. Le magazine de 60 Millions de Consommateurs a examiné ces produits de près, et ce n’est pas toujours le cas : selon leur étude sur 165 produits alimentaires pour bébés, 58,2 % sont ultratransformés, avec des pics dans les desserts lactés, où l’ultratransformation atteint presque 100 %.
« On est victimes d’une décision que personne ne comprend », a déclaré Lionel Maugain, délégué syndical CFDT et journaliste de longue date. Pour lui, l’argument budgétaire avancé par le gouvernement n’est qu’un écran de fumée.
719 000 euros de déficit
La liquidation de l’organisme public et de son magazine 60 Millions de consommateurs a été confirmée dans le budget 2026, en passe d’être définitivement adopté avec le recours à l’article 49.3 puis le rejet prévisible de deux motions de censure. La liquidation de l’Institut, créé en 1966 et devenu un établissement public industriel et commercial (EPIC) en 1990, devrait coûter 8 millions d’euros selon le gouvernement. Le SNME CFDT évoque, lui, un coût de « 11 millions » d’euros.
En 2024, le déficit de l’INC a atteint 719 000 euros pour un chiffre d’affaires de 11,6 millions d’euros, selon Lionel Maugain. « C’est du dogmatisme budgétaire. Il leur fallait une agence, Bercy a eu notre scalp. Ça fait des années qu’ils essayaient de nous tuer, cette fois, c’est le cas », regrette-t-il. Avec le magazine, ce sont 60 salariés qui risquent le licenciement, sauf si un repreneur privé est trouvé, comme le voudrait le gouvernement.
Une reprise privée ?
Une reprise potentielle, « mais à quel prix ? », s’interroge Bertrand Loiseaux, secrétaire du CSE : « Je vois mal comment on pourrait avoir cette indépendance complète dans le privé » pour un journal avec « zéro publicité ». « Malheureusement je pense qu’on arrive un peu à la fin, ça nous paraît quand même difficile », conclut-il.
Patricia Chairopoulos, journaliste et cheffe de la rubrique alimentation et environnement, ne cache pas son « dégoût ». Cette spécialiste des pesticides, des additifs alimentaires et des polluants décrit un « énorme gâchis ». « On travaille en tandem avec des ingénieurs, on fait des études de marché, on démontre des choses en laboratoire », explique-t-elle. Perdre l’INC, c’est laisser le consommateur un peu plus démuni face au marketing industriel : « Tout le monde va en payer le prix ».
Vers un ultime recours ?
Aurélien Saintoul, député insoumis de la circonscription, venu soutenir les manifestants, qualifie la liquidation de « sabotage » contre un lanceur d’alerte et juge l’économie budgétaire dérisoire. Pour lui, le « crime profitera à tous ceux qui ont pour objectif de maximiser leur profit en réduisant la qualité de tous les produits ». Brigitte Glass, journaliste depuis 17 ans pour 60 millions de consommateurs, est fataliste : « Ce n’est pas la première attaque, mais il semblerait que ce soit la bonne ».
Jean-Pierre Béquet, vice-président du conseil d’administration de l’INC et ancien député socialiste, avance : « Il y a peut-être encore moyen de se battre », évoquant, pour entretenir l’espoir, la possibilité d’un ultime recours devant le Conseil constitutionnel. « Aujourd’hui, nous avons à faire face à des invasions de produits qui sont dangereux », souligne-t-il, « l’affaire de Shein est dans toutes les têtes, mais il y a aussi les eaux, les laits contaminés et bien d’autres ».
