Après deux mois passés en prison, Karim, 49 ans, a été libéré le vendredi 30 janvier par le tribunal correctionnel de Paris, sans autre forme de procès. Arrêté le 5 décembre 2025 dans le Xe arrondissement en flagrant délit de livraison de stupéfiants, le quadragénaire n’a pas été condamné. Et pour cause son avocat, Me Yanis Ariouat, a fait annuler toutes les charges en relevant une erreur de procédure commise par les policiers. Le procureur avait pourtant requis le rejet de ses arguments et une peine de neuf mois de détention.
Ce dimanche, vers 16 heures, dans la rue Louis-Blanc (Xe), les fonctionnaires de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) repèrent un suspect. « Ils ont été sensibilisés car le secteur est particulièrement exposé au trafic », précise une source proche de l’affaire. L’homme tente d’entrer dans un immeuble. Il réussit à pénétrer dans un hall, puis semble chercher un nom sur les boîtes aux lettres. Les policiers devinent qu’il vient livrer un consommateur et décident de le contrôler. L’initiative a été payante car l’homme était en possession d’un sac contenant différents pochons de drogue. Le livreur a été conduit au commissariat du XIXe arrondissement où il a été placé en garde à vue. La drogue est pesée par les enquêteurs. Il y a au total : 12,27 g de MDMA, 16,42 g de kétamine, 11,09 g de crack, 3,19 g de GHB et 12,78 g de 3MMC.
Il pourrait réclamer une indemnisation pour les deux mois passés en détention
Au cours des auditions, ce livreur de drogue d’origine marocaine, résidant à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise, a refusé de s’expliquer. Sans emploi ni revenu, il n’a pas non plus voulu communiquer le code de son téléphone. Il a été déféré le 8 décembre, mais l’audience a été renvoyée d’office par le juge qui a ordonné l’incarcération du prévenu dans l’attente de son prochain jugement. Et vendredi dernier toutes les charges qui reposaient sur ses épaules se sont effondrées.
L’avocat a fait annuler toute la procédure en pointant une irrégularité. La drogue a été découverte grâce à une palpation de sécurité. Le policier a touché une protubérance sur son client avant de mettre la main sur la drogue. Or, la palpation ne doit pas être systématique. C’est une mesure qui doit être motivée par le fonctionnaire s’il considère qu’il peut être exposé à un danger. S’il le fait, il doit le justifier, ce qui n’a pas été fait.
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Lors de l’audience, le conseil rappelle qu’il est simplement écrit sur le procès-verbal que son client, après avoir subi cette action, aurait remis spontanément la marchandise à la police. Me Ariouat envisage de demander une indemnisation pour les deux mois passés en détention provisoire.