Poussée de fièvre sociale en Allemagne. Après plusieurs mouvements de grève très suivis chez les enseignants et les infirmières des cliniques universitaires, la semaine passée, les employés du secteur des transports de proximité – bus, trams et métros – ont cessé à leur tour le travail ce lundi 2 février à l’appel de leur syndicat « Ver. DI ».

Suivi par les quelque 100 000 employés du secteur, le mouvement a quasiment paralysé tout le pays dans l’après-midi, à l’heure d’un premier bilan. Les salariés revendiquent jusqu’à 7 % de hausse de salaire, des embauches, de meilleures conditions d’exercice de leurs métiers et une réduction du temps de travail à 35 heures.

Cette grève dite d’avertissement sanctionne l’échec des premières négociations tarifaires (conventions collectives) entre représentants des Länder et des communes avec ceux du syndicat. Ver. Di déplore « une détérioration continue des conditions de travail au détriment des salariés et de la qualité du service public aux usagers ».

« Les plus pauvres seront les plus pénalisés »

Au même moment, le gouvernement de la coalition CDU-CSU-SPD du chancelier Friedrich Merz annonce, au nom de la compétitivité des entreprises, une « cure » d’amaigrissement du système social. Surtout, le conseil économique de la CDU de Merz martèle que de nouveaux allègements fiscaux pour le patronat sont indispensables, comme des coupes claires dans les prestations sociales.

Il préconise ainsi que le versement d’indemnités chômage soit réduit à un an ou encore un déremboursement complet des soins dentaires. « Ce sont les plus pauvres qui seront le plus pénalisés, ceux qui n’auront pas les moyens de se payer le dentiste par le biais d’une assurance privée », s’indigne Ines Schwerdtner, la coprésidente de Die Linke.

Les employés du secteur des transports de proximité sont frappés de plein fouet par la baisse sensible de leurs conditions de vie avec des niveaux de salaires parmi les plus faibles du pays. Ce qui accentue leurs difficultés face à l’inflation des produits de première nécessité dans les magasins et l’augmentation continue des loyers pratiquée par les géants privés de l’immobilier, en position ultra-dominante outre-Rhin.

Le syndicat alerte sur un manque chronique de personnel dans le secteur en raison de la faible attractivité des métiers de conducteur ou de mécanicien. En persévérant sur la pente actuelle, « on risque de ne plus avoir du tout de services de transport de proximité en certains endroits », alerte Christine Behle, vice-présidente de Ver. Di. Elle ne cache pas que les négociations « risquent d’être très difficiles » avec les représentants des collectivités, dont la référence essentielle demeure le moins-disant social.

La dérégulation promise dans l’accord passé entre les deux partis du gouvernement qui voudraient en finir avec la norme de la journée de 8 heures inquiète tout particulièrement les salariés du secteur, qui craignent une aggravation toujours plus intense de leurs conditions de travail. Un groupe de grévistes bavarois brandit derrière lui une grande banderole : « Pas touche à la journée de 8 heures ».

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