Par

Gil Martin

Publié le

2 févr. 2026 à 11h35

Pour ces spécialistes de la mode, au départ simples importateurs-brodeurs de casquettes qui les faisaient fabriquer en Asie, puis en Pologne, le rêve était de créer leur propre entreprise en France pour y produire des casquettes haut-de-gamme. Pour y parvenir, il fallait passer une épreuve incontournable : trouver le site idéal pour installer une véritable petite usine.

Le rôle de l’accompagnement

Ce défi de la réindustrialisation de la fabrication de casquettes en France, les deux entrepreneurs ont pu le relever à Montpellier grâce au soutien et à l’accompagnement de la Région Occitanie, de la Métropole de Montpellier et de la CCI Hérault. Après une incubation à Nîmes au sein de l’Open Tourism Lab et un an passé à Lunel, des locaux ont été trouvé dans la préfecture héraultaise, pas loin du MIN, avenue du Marché Garé.

Tout produire à Montpellier

Désormais, sont hébergées sur le site de 1 000 m2 une trentaine de machines (découpe du tissu, assemblage, broderie, piquage-surpiquage, percement des œillets d’aération, etc…) qui permettent actuellement à une quinzaine de salariés de produire plus de 70 000 pièces par an. Sachant que selon les modèles, il faut entre 20 et 25 étapes pour produire une casquette. « Nous avons opté pour le made in France pour répondre à une tendance croissante sur le marché », explique Pierre : « À terme, dans les 5 ans, l’objectif est de rapatrier toute la production ici-même à Montpellier ».

Dans ses 1000 m2 abritant une trentaine de machines (découpe du tissu, assemblage, broderie, piquage-surpiquage, percement des œillets d’aération, etc...), l'entreprise peut produire plus de 70 000 pièces par an
Dans ses 1000 m2 abritant une trentaine de machines (découpe du tissu, assemblage, broderie, piquage-surpiquage, percement des œillets d’aération, etc…), l’entreprise peut produire plus de 70 000 pièces par an (©L. Pippinato – archives)

« En Allemagne, les commandes publiques donnent la priorité aux entreprises du pays. Si on veut réussir la réindustrialisation de la France, il faut s’inspirer de ce modèle allemand plus vertueux »

Pierre-Edouard Thibaud

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Le Made in France est un argument, mais l’entrepreneur estime qu’il y a encore du chemin à faire : « Il est possible de réindustrialiser en France car le Made in France a un attrait incontestable. Ce n’est pas évident, bien sûr, mais c’est possible : nous avons été accompagnés par les collectivités et la CCI de l’Hérault », rappelle le dirigeant : « Mais pour rendre cette prise de risque plus attractive pour le textile, il faut faire évoluer notre définition du Made in France qui reste trop floue à mon sens. C’est pourquoi l’Atelier de la Casquette vise le label Origine France Garantie qui apporte plus de gages de confiance aux consommateurs ».

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Changer la commande publique

Autre point que soulève l’entrepreneur : la différence parfois entre le discours et la méthode : « En France, les commandes publiques ne sont pas encore attribuées exclusivement à des entreprises françaises. Par exemple, une grande partie des casquettes de la Région Occitanie sont commandées à l’international, notamment en Asie… Or, en Allemagne, les commandes publiques donnent la priorité aux entreprises du pays. Si on veut réussir la réindustrialisation de la France, il faut s’inspirer de ce modèle allemand plus vertueux ».

Bientôt une marque propre ?

Pour l’heure, à Montpellier, l’Atelier de la Casquette fabrique uniquement à la demande, fournissant à ses clients des casquettes sur-mesure 100 % fabriquées en France et de qualité. Récemment, l’Atelier s’est distingué en produisant de très belles casquettes pour les marques Tuffery et 1083. « À terme, nous souhaitons également lancer notre propre marque de casquette », confie Pierre-Edouard Thibaud. Chapeau à ces artisans ! 

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