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Le renvoi devant la justice de l’ancien élu toulousain Frédéric Brasilès pour des accusations de viols a provoqué de vives réactions politiques à Toulouse, à six semaines du premier tour des municipales.

Quand le calendrier judiciaire percute celui de la campagne municipale toulousaine. En officialisant, jeudi, le renvoi de Frédéric Brasilès devant la cour criminelle de la Haute-Garonne, la chambre de l’instruction a relancé une affaire sensible qui déborde désormais largement du prétoire. L’ancien élu toulousain est poursuivi pour des viols sur cinq femmes, dont deux mineures au moment des faits, commis entre 2007 et 2019.

Rappelons les faits : ancien adjoint à la mairie de Toulouse, Frédéric Brasilès est accusé d’avoir contraint plusieurs femmes à des relations sexuelles non consenties. Les magistrats retiennent des faits survenus dans différents contextes : dans son studio photo, lors de soirées privées, mais aussi à l’occasion d’un mariage près de Toulouse. Une jeune fille de 17 ans avait déposé plainte dès 2007, un dossier classé sans suite à l’époque puis rouvert en 2019. Le procès pourrait se tenir fin 2026 ou début 2027.

La gauche réclame un geste politique

Cette décision judiciaire a rapidement trouvé un écho politique. François Briançon, tête de liste de la Gauche unie (hors LFI), a réagi sur les réseaux sociaux : « Soutien total aux victimes. Je demande à Jean-Luc Moudenc, face aux accusations de viol qui visent un ex-élu de sa majorité, d’inscrire à l’ordre du jour du conseil municipal du 6 février une délibération pour que Toulouse se porte symboliquement partie civile. »

Soutien total aux victimes. Je demande à @Jlmoudenc, face aux accusations de viol qui visent un ex-élu de sa majorité, d’inscrire à l’ordre du jour du conseil municipal du 6 février, une délibération pour que #Toulouse se porte symboliquement partie civilehttps://t.co/9tc8jNxH7N

— François Briançon (@fbriancon) January 31, 2026

Même tonalité du côté de François Piquemal, candidat LFI aux municipales : « Toutes mes pensées vont aux victimes de M. Brasiliès. En mars prochain la municipalité mettra tous les moyens pour accompagner les victimes de VSS [Violences sexistes et sexuelles, NDLR]. Nous nous porterons partie civile dans cette affaire impliquant un ancien adjoint salissant l’honneur de notre ville. »

Toutes mes pensées vont aux victimes de M.Brasilies.

En mars prochain la municipalité mettra tous les moyens pour accompagner les victimes de VSS.

Nous nous porterons partie civile dans cette affaire impliquant un ancien adjoint salissant l’honneur de notre ville. https://t.co/LTxMUwOtRz

— François Piquemal (@FraPiquemal) January 31, 2026

« Gesticulation politique »

La réponse de la majorité sortante est venue par la voix de Pierre Esplugas, porte-parole à la fois du groupe municipal Aimer Toulouse et de la liste conduite par Jean-Luc Moudenc. Celui-ci dénonce « une grossière gesticulation politique de la part de François Briançon et François Piquemal ».

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« Les faits reprochés à Frédéric Brasilès ne concernent en aucun cas le mandat municipal. Juridiquement, cela ne tient évidemment pas », affirme-t-il encore. « Ce n’est pas parce que les faits ont été découverts pendant le mandat qu’ils concernent le mandat municipal. C’est une affaire privée, qui relève uniquement de la justice. Laissons la justice faire son travail et respectons son indépendance », insiste Pierre Esplugas, estimant qu’inscrire une délibération au conseil municipal « reviendrait à politiser le débat ».