Publié3. février 2026, 06:42

«Star Academy»: «Qu’elle gagne ou qu’elle perde: champagne pour Léa!»

Victoire ou pas, la finaliste biennoise de la «Star Ac’» fera le bonheur de ses parents samedi soir à Paris.

Vincent DonzéAnne-Marie et Jean-Luc devant le Palais des Congrès, QG biennois samedi prochain des fans de Léa.

Anne-Marie et Jean-Luc devant le Palais des Congrès, QG biennois samedi prochain des fans de Léa.

lematin.ch/Vincent Donzé

Une candidate suisse va-t-elle remporter «Star Academy» samedi soir prochain? Avant de monter à Paris pour assister à la finale du télécrochet musical de TF1 animé par Nikos Aliagas, les parents de Léa Doffey ne doutent pas une seconde de sa victoire, à 22 ans: «Léa va gagner: il n’y a pas pas d’autre option!», pronostiquent d’une même voix Anne-Marie et Jean-Luc. L’enjeu, face à Ambre, 18 ans: un contrat d’enregistrement exclusif de Sony Music Entertainment France pour la production d’un premier album et 100’000 euros.

Le pronostic des parents est motivé: «Léa n’a fait que grandir» en danse et en chanson, depuis quatre mois, avec d’excellents professeurs. Mais dans un vote laissé aux téléspectateurs, sans l’influence de juges professionnels, Anne-Marie et Jean-Luc connaissent le poids du patriotisme, alors que voter hors de France est impossible: «Léa mérite la victoire, mais le public décidera», résument-ils. Voilà pourquoi une cagnotte alimentée par les dons des fans sert à financer des appels sur sol français à 0,99 euro. «Ce soutien est déterminant», insiste la maman, tandis que la papa met en garde contre les cagnottes frauduleuses.

20’000 postulations

«Qu’elle gagne ou qu’elle perde: champagne pour Léa!», résument les parents. À leurs yeux, le pari de leur fille est gagné depuis sa sélection pour la tournée de la «Star Ac’» qui passera par le festival «Sion sous les étoiles», le 18 juillet 2026. Sa carrière dans la chanson, les parents l’applaudissent sans l’avoir encouragée: «Finis d’abord des études et après, tu feras ce que tu voudras!», lui disaient papa et maman.

Son inscription à «Star Academy» parmi 20’000 postulations fait de cette assistante médicale une chanteuse adulée par une génération d’ados et au-delà: «Des parents m’accostent en me reconnaissant, pour me dire combien ils aiment ma fille», rapporte Anne-Marie. Sa voix, Léa l’a exercée partout dès l’enfance: en voiture, à la cuisine, au jardin… «Notre voisine a remarqué son parcours à la TV, mais c’est la seule au village», sourit la maman, qui passe inaperçue.

Léa va-t-elle devenir la première Suissesse à remporter la finale de «Star Academy»?

Léa va-t-elle devenir la première Suissesse à remporter la finale de «Star Academy»?

TF1

Une scolarité en allemand

Dans la banlieue biennoise, au sud du lac de Bienne, Bellmund est une petite commune 100% alémanique, où personne ou presque ne regarde TF1. Dans le sillage de son frère aîné Loïc, devenu son pilier, Léa a effectué sa scolarité en allemand, tout en parlant français à la maison et portugais dans sa famille maternelle, très soudée. Dans cet environnement trilingue, l’anglais s’est imposé comme la langue chantée. «Pourquoi ne pas l’inscrire dans une école de chant?», lui a demandé la voisine. Seule réponse: son coût.

Pour adoucir le quotidien de son papa, endolori par une sclérose en plaques, Léa a puisé dans son répertoire francophone, «des chansons de son temps», comme le dit l’épouse. Du Francis Cabrel, mais aussi «J’ai attrapé un coup de soleil», fredonnent-ils en cherchant le nom de son auteur, Richard Cocciante.

Tous à Bienne, samedi!

C’est à Bienne, francophone à 45%, que les fans se retrouveront samedi prochain, au Palais des Congrès, pour une retransmission de la finale sur grand écran. «Léa a grandi, ému et conquis le public par son travail et sa sincérité», argumentent les organisateurs.

«Elle fait grandement honneur à la ville de Bienne, aux francophones biennois. Et ce n’est pas rien», a commenté Pascal Oberholzer, animateur du groupement «Défense des francophones de Bienne». Cet engouement émeut les parents: «De voir la Suisse romande soutenir Léa, c’est touchant», glisse la maman, employée dans l’horlogerie, après avoir fait 13 allers-retours Bienne-Paris, en voiture ou en train, pour assister aux émissions diffusées en direct.