Il s’en sort bien, Azad (prénom modifié)… Pris une nouvelle pour une conduite sans permis et sous alcool, ce ressortissant arménien a échappé à la prison ferme. Un miracle.

Le 27 décembre dernier, alors qu’une patrouille de police cherchait à le contrôler dans la commune de Laxou, le conducteur de la C2 Citroën, 32 ans, a pris la fuite à pied.

Rapidement interpellé, il a été obligé d’admettre qu’il n’avait pas le permis de conduire, que le précieux sésame obtenu en Russie n’avait jamais été validé sur le territoire. De plus, le dépistage salivaire aux cannabis est positif…

Toujours pas de permis de conduire en décembre

L’homme est jugé en comparution immédiate ce lundi. Pour les faits de décembre mais aussi une incartade datant du 18 octobre dernier. Ce jour-là, alors qu’il vient d’avoir un accident de la circulation au volant d’une Ford Fiesta, son taux d’alcool affiche 0,79 mg/l d’air expiré. Par ailleurs, toujours pas de permis de conduire…

Le prévenu explique qu’en décembre, contrôlé positif aux stups, il avait consommé la veille, « stressé » par l’accouchement de sa compagne. Et qu’il a pris la voiture pour aller chercher des médicaments pour son amie.

La présidente Poinsard : « – Question : que faut-il faire pour que vous compreniez ? ».

« – Euh, là, j’ai bien compris. Je me suis retrouvé en détention et j’ai bien pris conscience de tout ça. »

Azad, qui travaille comme saisonnier dans le secteur agricole et ne parle pas un traître mot de français, est arrivé en France en 2022. « – Pourquoi êtes-vous venu ? »

« – Nous n’arrivions pas à avoir d’enfant en Arménie. Nous sommes venus pour ça. »

« – Vous ne croyez pas que quand on est accueilli dans un pays, qu’on prétend y vivre et y travailler, la première chose à faire est de respecter les règles et d’apprendre la langue ? »

« – Je vais en faire ma priorité. »

« – Cela fait quand même quatre ans que vous êtes ici, Monsieur… »

Des nullités de procédure, pas retenues, lui évitent la prison ferme

La procureure tonne : « Il n’y a aucune prise de conscience ! » Elle requiert, pour ce « danger public », 18 mois dont 9 avec sursis probatoire, avec aménagement de la partie ferme sous forme de bracelet électronique.

Me Sammari soulève des nullités de procédure qui ne seront pas retenues mais évite la prison ferme à son client. « Il n’a qu’une seule mention au casier, n’a jamais fait parler de lui depuis qu’il est France où il séjourne en situation régulière. » Jugement : 12 mois avec sursis probatoire.