Un soupçon d’aventure, une grosse pincée d’humour potache, le tout saupoudré de références aux films des années 1990… Quatorze ans après celui d’Alain Chabat, Philippe Lacheau use de sa propre recette pour redonner vie au Marsupilami Et comme d’habitude, il s’entoure de sa bande (Tarek Boudali, Élodie Fontan, Julien Arruti), à laquelle se joignent deux invités de marque : Alban Ivanov et Jamel Debbouze, qui reprend son rôle de Pablito Camoron. Nous avions rencontré l’équipe au Pathé La Valette lors d’une avant-première.

Les avant-premières ont cartonné [1600 personnes à La Valette], ça rassure ou ça met une pression supplémentaire ?

Philippe Lacheau : Il faut avouer que lorsqu’on voit autant de monde, il y a un côté rassurant. On en profite. Au fil des projections, les gens semblent s’y retrouver et aimer le film. On est comme des gosses quand on le présente. Même si on a eu la chance de connaître le succès, on remet la ceinture en jeu à chaque fois, en espérant ne pas se prendre un KO et décevoir le public… même si ça arrivera forcément un jour.
Jamel Debbouze : Le plus kiffant, c’est de les entendre rire, quand on vient dans la salle. C’est génial.

Comment est venu ce projet, quatorze ans après celui d’Alain Chabat ?

Ph. L. : On voyait qu’aucune suite ne se faisait, alors on s’est renseignés. On est allés chez Pathé pour savoir si les droits étaient encore libres. Et c’est comme ça que cette magnifique aventure est partie. C’est un univers qu’on affectionne énormément. Reprendre une œuvre comme celle d’André Franquin, qui est culte, avec un personnage aussi emblématique de la pop culture, c’était un terrain de jeu incroyable pour nous.

Jamel, vous faites le lien entre les deux films. Quand Philippe vous a contacté, c’était une évidence de continuer l’aventure ?

J. D. : C’était plus qu’une évidence : une excitation. Une chance. J’ai accepté tout de suite. J’étais déjà très curieux du travail de Philippe et sa bande, j’aimais beaucoup ce qu’ils faisaient. Quand on fait ce métier, on a envie d’y goûter. Il y a parfois un élan intérieur qui vous pousse à y aller, parce que ça sent bon, que c’est excitant. Là, tout était réuni. J’adore l’univers du Marsupilami, ce personnage de Pablito, et j’avais très envie de travailler avec Fifi et la bande. Ils ont un sens de la comédie, un rythme très différent de ce que j’avais fait jusqu’à présent. J’ai beaucoup appris.

Et quand on est le nouveau, comment s’intègre-t-on ?

J. D. : Tu ne peux pas faire ta place dans une bande comme celle-là. C’est elle qui t’accueille, qui t’ouvre les bras, qui te met à l’aise… ou non. Et j’ai senti que j’étais le bienvenu. Ça m’a vraiment motivé et conforté dans l’idée de m’amuser avec eux. C’est comme une colonie de vacances : au départ, on appréhende un peu, puis à un moment, on n’a plus envie de se quitter.

Philippe, avoir Jamel était essentiel ?

Ph. L. : Ça faisait très longtemps qu’on rêvait de travailler avec lui, et ce film était l’opportunité parfaite. On s’est croisés par hasard, je savais qu’on allait reprendre le Marsupilami et je lui ai proposé, timidement, en croisant les doigts derrière mon dos.

Même si vous ne l’épargnez pas, il en prend quand même plein la tête pendant 1 h 30 !

J. D. : Je ne fais que ça ! (rires) J’aurais dû prendre une bonne mutuelle avant le tournage. Mais à part toutes les ecchymoses et les hématomes, j’ai kiffé.

«  C’est un ressort de s’attaquer à ce qui est sacré comme les enfants »

Vous n’épargnez pas non plus votre jeune acteur Quentin. C’est un peu le running gag du film. Jouissif ?

Ph. L. : C’est l’un des ressorts de la comédie quand on s’attaque à ce qui est sacré : les enfants, les animaux ou les personnes âgées. On ne sait pas vraiment pourquoi, mais ça marche. L’enfant connaît pas mal de misères dans le film et on voit que le public réagit. On en a profité ! Le Marsupilami aussi en prend pour son grade, mais ils sont en bonne santé. Il n’y a que Jamel qui a été un peu éreinté.

Le film est bourré de références et de clins d’œil, de « Jurassic Park » à « E.T. », en passant par « Dragon Ball ». Il y en a pour tous les goûts…

J. D. : On adore ces pointes de nostalgie quand elles sont bien utilisées. J’ai trouvé ça très malin et parfaitement à sa place. Un truc comme Son Goku, qui semble n’avoir rien à voir avec le film : non seulement ça ne choque pas, mais c’est même très agréable. C’est fluide.
Ph. L. : On ne met jamais une référence juste pour en mettre une. À chaque fois, c’est l’histoire qui commande. Quand on cherche des gags, ça vient naturellement. À un moment, je me retrouve déguisé en dauphin et je dois sortir d’un bateau. À l’écriture, on se demande ce qui pourrait être rigolo, et on se dit : on claque la musique du Grand Bleu. Que ce soit Top Gun ou E.T. à la fin, il faut que ça serve le récit. C’est un effet miroir avec le film.

1600 personnes étaient présentes pour la venue de l’équipe du film à La Valette

1600 personnes étaient présentes pour la venue de l’équipe du film à La Valette
PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP

De Philippe Lacheau (France). Comédie.1 h 39. Avec Jamel Debbouze, Elodie Fontan… Notre avis : 3/5.

Valérie Donzelli lors de son passage à Cinéroman, à l’automne 2025, pour l’avant-première de son film « A pied d’oeuvre ».