Un ancien professeur du collège catholique Champagnat est jugé ce jeudi 5 février à Colmar pour voyeurisme et agressions sexuelles sur mineures. L’affaire a été mise en lumière par l’émission Cash Investigations sur France 2 le 30 janvier.

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Enseignant à l’institution catholique Champagnat d’Issenheim entre 2016 et 2023, l’ancien professeur de sport est jugé ce jeudi à Colmar pour voyeurisme et agressions sexuelles sur mineures.

En tout, une quinzaine de victimes ont été recensées par le tribunal de Colmar. Les faits s’étalent entre 2014 et 2023 à Mulhouse, Guebwiller et Issenheim : voyeurisme sur mineures à la piscine, enregistrement et détention d’images à caractère pornographique, agressions sexuelles.

Il est soupçonné, entre autres, d’avoir filmé à leur insu, pendant les cours de sport, ses élèves de 4e, âgées de 13 ans à l’époque. En avril 2023, il avait déjà été condamné pour voyeurisme à la piscine de Guebwiller. Le procureur de la République a réclamé deux ans de prison avec mandat de dépôt à délai différé, assorti d’une peine de suivi pendant huit ans et d’une injonction de soins.

Relevé de ses fonctions en 2023, le professeur a néanmoins été affecté dans un autre collège de la région à la rentrée 2025. Il a été placé sous contrôle judicaire peu de temps après, en octobre 2025, pour tous ces faits. Des faits révélés le 30 janvier dans l’émissions Cash Investigation (voir notre article du 30 janvier). L’enquête met en lumière l’inaction de l’institution et des autorités ainsi que le silence maintenu autour de ces affaires.

Une enseignante, Tina, avait pourtant tiré la sonnette d’alarme dès 2016 sur les agissements de son confrère. Aujourd’hui, elle assiste au procès pour que, dit-elle, justice soit rendue. « Je veux que cela serve de leçon afin que des enseignants ayant déjà commis des actes signalés dans d’autres établissements ne puissent plus enseigner », confie Tina à notre équipe de journalistes présents sur place.

Une des victimes du professeur témoigne au procès.

Une des victimes du professeur témoigne au procès.

© Jérôme Gosset, France Télévisions

Une des victimes qui avait 13 ans à l’époque des faits tient à apporter son témoignage « pour, dit-elle à notre équipe, que cela ne se reproduise plus ». Elle ferait partie de celles qui ont été filmées à leur insu par le professeur de sport pendant les cours. « Je portais un legging un peu transparent et on voyait ma culotte en transparence ». Dans ces vidéos qu’elle aurait pu voir au commissariat de Guebwiller, « il y en a beaucoup de mes fesses », déplore t-elle. Elle n’était qu’une enfant et dit ne s’être douté de rien. « J’ai vécu cela comme une trahison. C’était un adulte qui devait me protéger, en qui j’avais confiance. Je n’aurais jamais dû », conclut-elle, amère.

Dans la salle d’audience l’ex-professeur, très affaibli physiquement et psychologiquement, a été entendu. Il dit regretter ce qu’il a fait et demande pardon pour le mal qu’il a fait aux enfants. L’ancien professeur admet avoir un problème, qu’il aurait dû se faire soigner plus tôt. Mais face aux juges il avoue avoir eu peur qu’on l’empêche de continuer à être enseignant. « C’était ma vocation. J’étais pris au piège », affirme t-il.

Dire pardon ne suffit pas, lui rétorquent les jeunes filles qui se succèdent à la barre. « On était jeune, on était des enfants ». Certaines sont très choquées et ne trouvent pas leurs mots. Les témoignages des victimes racontent des vies détruites, des parcours scolaire interrompus, des nuits de cauchemars.

L’ancien professeur doit être jugé pour l’ensemble des faits qui lui sont reprochés ce jeudi 5 février par la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Colmar.