Publié le 06/02/2026 09:44
Temps de lecture : 3min – vidéo : 3min
Kiev et Moscou ont acté un nouvel échange de prisonniers. Mais sur le terrain, la Russie continue de pilonner les infrastructures énergétiques et ferroviaires
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Il y a d’abord les infrastructures énergétiques de l’Ukraine, comme une centrale thermique, détruite par une frappe russe, lundi 2 février, privant des milliers d’habitants de chauffage et d’électricité, alors que les températures descendent sur les moins 20 degrés. Mais il y a aussi les voies ferrées. Elles sont régulièrement visées par les drones russes. Un train qui transporte des soldats de retour du front aurait pu être attaqué. Ces dernières semaines, le réseau ferroviaire ukrainien, principal moyen de transport du pays, a été visé par des frappes. « L’objectif est très clair. Si l’on cartographie les récentes attaques, on voit bien que l’ennemi cherche à couper les liaisons entre certaines régions », a fait savoir Oleksandre Pertsovsky, directeur d’une compagnie ferroviaire ukrainienne.
Ce jour-là, la direction de la principale compagnie ferroviaire ukrainienne récompense deux employés pour leur récent acte de bravoure. Il y a une semaine, Anatolï Tymotsko conduisait un train lorsqu’il a été attaqué. Il a ordonné l’évacuation des 220 passagers juste à temps : « J’ai vu trois drones suivre mon train. Ils étaient vraiment prêts. Conformément à la procédure, je me suis arrêté pour permettre l’évacuation de tout le monde. Je savais qu’on allait être ciblés. Le dernier wagon a été détruit par une frappe quelques secondes plus tard. »
Les Russes ne s’attaquent pas seulement au convoi militaire ou de marchandises. Tous les trains qui vont vers l’Est sont des cibles potentielles. La dernière attaque a eu lieu près de Kharkiv (Ukraine). Les passagers avaient quitté Kiev quelques heures plus tôt. Olga, une hôtesse, était dans le train : « Après l’attaque des drones, on s’est tous réfugiés dans les bois avoisinants. Il faisait tellement froid, on avait très peur. De loin, on a vu les wagons en feu. On ne pouvait absolument rien faire, mais on s’en est tous sortis. »
Pour limiter le nombre d’attaques de train, l’armée ukrainienne a déployé des unités chargées de la protection du réseau ferroviaire. Mais il est impossible de sécuriser plus de 23 000 kilomètres de voies. La Russie a donc un avantage. « La tactique de l’ennemi est toujours la même. Intimider la population, lui faire croire que tout va mal, n’importe où. Nous, on doit simplement continuer à combattre », a expliqué Beliy, commandant d’un régiment ukrainien.
Depuis le début de la guerre, il y a bientôt quatre ans, le réseau ferroviaire ukrainien joue un rôle vital dans l’évacuation des civils et le transport des troupes. Le train est également le seul moyen pour beaucoup d’Ukrainiens d’entrer ou de sortir du pays.