L’adjointe municipale à l’égalité a réagi à la venue de l’humoriste à Nantes, en mars. Ses propos sont jugés diffamatoires par la société de production de l’artiste.

Le producteur d’Ary Abittan a accusé jeudi une adjointe à la maire de Nantes d’avoir tenu dans un communiqué des propos «diffamatoires» portant atteinte à «l’honneur» de l’humoriste, en amont d’un spectacle prévu en mars. «Les propos de madame Mahaut Bertu, adjointe à l’égalité, outre leur caractère inexact sont diffamatoires et portent gravement atteinte à l’honneur et à la considération de monsieur Ary Abittan», peut-on lire dans le communiqué de la société de production présidée par Gilbert Coullier. Une «action en diffamation» est envisagée, ajoute-t-il.

Lundi, Mahaut Bertu avait déclaré dans un communiqué de la municipalité que «les propos tenus par Ary Abittan, les agressions sexistes publiques et son comportement depuis la décision de justice sont choquants». «Je comprends la colère suscitée par sa venue et je la partage», ajoutait-elle. Le spectacle d’Ary Abittan est prévu le 6 mars à la Cité des congrès. Dans le même communiqué, la maire PS de Nantes Johanna Rolland alertait les organisateurs sur la «sensibilité et les enjeux de ce spectacle». L’édile qui veut faire de Nantes la première «ville non-sexiste d’ici 2030»  faisait aussi part de la «probable mobilisation citoyenne que sa tenue entraînerait».


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«Groupuscule d’agitatrices qui enfreignent la loi»

La société de production défend de son côté qu’«il appartient au public qui le souhaite d’accéder librement aux représentations de cet artiste dans un climat apaisé, sans avoir à subir les troubles à l’ordre public occasionnés par un groupuscule d’agitatrices qui enfreignent la loi». Elle fait référence aux appels à manifestation du collectif féministe #NousToutes pour perturber la tournée de l’artiste, accusé de viol mais ayant bénéficié d’un non-lieu.

En décembre, Brigitte Macron avait rendu visite à cet humoriste dans la salle parisienne des Folies Bergère, une visite lors de laquelle elle avait qualifié de «sales connes» les militantes de ce collectif qui avaient perturbé le spectacle la veille, suscitant une vague d’indignation dans les rangs féministes, de la gauche et également dans le milieu de la culture.

Depuis, deux représentations du spectacle, en Dordogne et en Suisse, ont été annulées sur décision des salles, selon la production. La société de Gilbert Coullier, Gilbert Coullier Productions, a saisi le parquet de Paris d’une plainte contre X «pour entrave à la liberté d’expression, à la liberté de création artistique et à la diffusion d’une œuvre».