Alors que 21 personnes ont été mises en examen vendredi 2 mai à Paris, dont plusieurs membres supposés du groupe clandestin Défense des droits des prisonniers français (DDPF), la région lyonnaise reste sous haute surveillance. Comme le précise France Info, une information judiciaire a été ouverte pour tentative de meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs, mais une procédure distincte est en cours à Lyon.

Selon une source judiciaire citée par le média, un adulte et un mineur ont été présentés ce vendredi 2 mai à un juge d’instruction lyonnais. Si les faits reprochés sont similaires à ceux relevés ailleurs — jets de projectiles, incendies et menaces contre des surveillants —, « les liens avec l’enquête principale n’ont pu être mis en évidence », souligne le parquet.

Le Parisien révèle que l’adolescent de 16 ans a été mis en examen pour « incendies aux abords des maisons d’arrêt » de Lyon-Corbas et Villefranche-sur-Saône. Il aurait agi sous l’influence de relais internes à ces établissements, eux-mêmes en lien avec un certain Imran A., 23 ans, présenté comme le « Monsieur Propre » de la DZ Mafia. Ce dernier est considéré comme étant le coordinateur du groupe DDPF, depuis sa cellule au Pontet (Vaucluse).

D’après le quotidien, Imran A. s’appuyait sur un réseau de détenus influents à Corbas et Villefranche pour recruter des « petites mains », souvent jeunes et en attente de jugement. Des profils à la marge, motivés pour commettre des actes violents en échange de compensations promises.

Les services de renseignement pénitentiaire s’intéressent de près à l’incendie d’un véhicule de surveillant, survenu en mars à Corbas. Plusieurs détenus radicalisés pourraient avoir contribué à sa préparation. Pour l’instant, aucune condamnation n’a été prononcée dans le dossier DDPF, mais les autorités judiciaires privilégient désormais la piste de la grande criminalité organisée, notamment celle du narcobanditisme.

À Lyon, la sécurité a été renforcée dans les établissements pénitentiaires en prévention à de possibles nouvelles attaques suite à ces arrestations. 

Pour l’heure, aucune information ne filtre quant à l’identification des auteurs des tirs sur des logements à Villefontaine, qui visaient des surveillants des prisons de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) et de Lyon-Corbas. Ce déferlement de violence avait entraîné le déplacement conjoint du Premier ministre, du ministre de l’Intérieur et du garde des Sceaux, venus exprimer leur soutien aux personnels pénitentiaires.