Le tribunal correctionnel de Lyon a rendu sa décision, vendredi 25 avril, dans une affaire de contrefaçons à grande échelle. Une femme de 39 ans, domiciliée à Saint-Priest, était poursuivie pour avoir écoulé, depuis 2021, des centaines de sacs et accessoires estampillés de marques prestigieuses telles que Dior, Louis Vuitton ou encore Hermès, sans déclaration de revenus.
À la barre, la trentenaire a reconnu les faits. Elle a tenté de justifier cette activité illicite par sa situation personnelle, précisant avoir trois enfants à charge après s’être séparé de son conjoint.
Elle affirme avoir vendu les articles entre 10 et 15 euros, insistant sur le faible prix proposé aux acheteurs, sans en nier l’illégalité.
3,5 millions d’euros
Le commerce était alimenté depuis les puces de Clignancourt et s’organisait via des comptes Snapchat ou dans un local de Saint-Priest. Les enquêteurs ont saisi plus de 500 articles contrefaits pour une valeur estimée à plus de 500 000 euros, précise le Progrès.
Malgré une première perquisition en octobre 2024, où plusieurs centaines de produits contrefaits avaient été saisis, la prévenue n’a pas mis un terme à son activité. Lors d’un nouveau passage des enquêteurs, le 2 avril 2025, d’autres marchandises ont été retrouvées. À l’audience, elle a expliqué avec regret avoir voulu finir d’écouler les stocks. Des explications qui n’ont visiblement pas convaincu la cour.
Selon les estimations retenues à l’audience, les revenus issus de ce trafic auraient oscillé entre 30 000 et 40 000 euros par mois, sans qu’aucun de ces montants ne soit déclaré à l’administration fiscale.
L’administration des douanes, partie civile, a chiffré à plusieurs millions d’euros le manque à gagner pour l’État et les marques concernées. La prévenue devra ainsi régler une amende douanière de 3,5 millions d’euros, en plus d’éventuels dommages à venir au civil. Un montant jugé démesuré par la défense, qui a parlé de « perpétuité financière ».
En outre, la prévenue a également été condamnée à trois ans de prison, dont un an ferme aménagé sous bracelet électronique.
Elle peut faire appel de la décision jusqu’au 5 mai.