« Les tribunaux pour enfants n’ont pas besoin de la comparution immédiate : ils ont déjà le jugement en audience unique ». Idem pour une modification de l’atténuation de peine pour minorité, « qui peut déjà être écartée très facilement ».

Alice Grunenwald, présidente de l’association française des magistrats de la jeunesse et de la famille, première vice-présidente chargée des fonctions de juge des enfants au tribunal judiciaire de Saint-Etienne, a battu en brèche les deux grands axes de la proposition de loi Attal sur la réforme de la justice des mineurs.

«La voie éducative doit toujours primer»

Lors de ce rassemblement, organisé lundi à la veille de l’examen du texte en comité paritaire, Me François Paquet-Cauet, bâtonnier , a rappelé pour sa part que « la procédure comme la responsabilité pénale doivent être adaptées en fonction de l’âge et de la personnalité de l’enfant, et la voie éducative doit toujours primer ». Le mouvement a également été soutenu par la Protection judiciaire de la jeunesse ainsi que la Ligue des droits de l’homme.

Des pistes de réflexion ont été proposées. Les avocats rappellent que « la délinquance des mineurs est en baisse constante depuis des années, contrairement aux discours actuels. Nous encourageons l’État à se concentrer sur la protection de l’enfance, le nombre de mesures inexécutées n’ayant jamais été aussi élevé ».

Les magistrats incitent à réfléchir « sur la manière dont nous considérons notre jeunesse en difficulté : une mauvaise herbe à arracher ou une plante que l’on peut encore, à force de soins adaptés, faire croître et fructifier pour le bien de tous ».