Titularisé au poste d’ouvreur pour compenser la blessure de Domingo Miotti, l’habituel demi de mêlée a brillé au poste, au point de se poser en alternative sérieuse en vue des phases finales.
Avec des saisons toujours plus longues et des rencontres toujours plus éprouvantes, les effectifs des clubs de Top14 sont mis à rude épreuve. Voilà pourquoi la polyvalence de certains joueurs peut devenir précieuse, surtout quand la fin de saison et les phases finales approchent. Celle que possède Léo Coly est de celle-ci. Habituel demi de mêlée, le joueur révélé à Mont-de-Marsan couvre aussi à Montpellier le poste d’ouvreur, où il évolue avec aise. Le staff montpelliérain le sait, et avait déjà tenté l’expérience : « Lors de notre match à Toulouse (défaite 45-29 le 28 mars dernier, N.D.L.R.), Léo avait fini le match à l’ouverture et j’avais trouvé ça intéressant », rappelait le manager Joan Caudullo.
Au vrai, il avait même fait un peu plus que « terminer » la rencontre, car Alexis Bernadet avait remplacé l’ouvreur Thomas Vincent à la 46e minute, laissant ainsi 34 minutes à Coly aux commandes de l’attaque héraultaise. Un plan que le staff du MHR avait en tête depuis le début de la saison : « Léo est au courant depuis le début de la saison, on avait ça en tête. Je voulais qu’il concurrence les numéros 9 mais aussi les numéros 10. C’était important pour moi de le voir évoluer à ce poste », confirmait Caudullo. « Cela fait maintenant presque deux ans que je couvre les deux postes, prolongeait Coly. Je connais le plan de jeu par cœur. Je crois que c’était ma troisième titularisation à ce poste. Les deux précédentes, j’étais sur une jambe. C’est la première fois que j’étais à 100 %. Je suis content d’être débarrassé de mes douleurs aux adducteurs. Et quand tu as des avants comme ça, tu peux voyager… »
Caudullo l’avait lancé en 10
Le plus drôle ? C’est que celui qui avait lancé Léo Coly au poste d’ouvreur n’était autre que… Joan Caudullo. C’était il y a bien des années, quand il était directeur du centre de formation de Mont-de-Marsan, dont Coly était pensionnaire : « Je vous raconte l’anecdote ? Le premier match qu’il a fait avec Mont-de-Marsan, il était en double licence avec Biscarrosse et je l’avais fait jouer 10. Le truc drôle, c’est qu’il ne s’était pas trop mal aux épaules ! (rires) » « J’avais aussi pris un carton jaune ! » assumait Coly qui attendait son tour depuis le fond de la salle de presse. Et Caudullo de reprendre : « Depuis, Léo a évolué. Physiquement, il s’est affûté, il s’est développé. » Le joueur se savait attendu au tournant, et il a répondu présent : il a signé un 100% en défense, malgré les charges appuyées du puissant centre palois Tumua Manu qui était missionné pour le marquer physiquement.
Mais c’est surtout dans le jeu au pied que Coly a fait l’étalage de tout son talent. Dès la 6e minute de jeu, il trouvait un très beau 50-22 qui annonçait la couleur. On retiendra aussi sa précision face aux perches, puisqu’il termine la rencontre avec un sans-faute et ce malgré des tentatives difficiles, notamment celle de la 50e minute après l’essai marqué en coin par Gabriel Ngandebe : « On l’attendait aussi sur le but, car on avait besoin de suppléer Domingo Miotti qui fait une grosse saison dans ce secteur. Ce soir, il fait 100%. C’est important pour gagner un match de rugby aujourd’hui », appuyait Caudullo.
Et pour ne rien gâcher, Coly s’est montré habile pour conduire le jeu face à une redoutable ligne d’attaque paloise : « Comme on avait un adversaire assez mobile, on se faisait souvent contrer quand on jouait dans le sens. Donc on a essayé de changer de stratégie en basculant quelques joueurs rapides pour renverser le jeu et essayer de les déstabiliser. Les avants ont fait un gros match, ils m’ont rendu la tâche facile. » Forcément, quand on a un bon chef d’orchestre, les musiciens sont meilleurs…