Un volume de ventes (18 810 transactions) en hausse de 4 % en Isère après deux années de chute, des prix dans l’ancien qui se stabilisent, voire redémarrent légèrement… Le marché immobilier de l’ancien est sorti de la crise en 2025. « Mais nous ne sommes pas encore dans un cycle de croissance, pondère Aurélien Daudé, président de la chambre interdépartementale des notaires du Dauphiné. Et il n’y a pas un marché, mais des marchés. Chaque territoire, chaque type de bien est différent. »

Les chiffres 2025 de l’Observatoire de l’immobilier, présenté le 5 mai par les notaires de l’Isère, l’illustrent parfaitement. Prenons Grenoble. « En 2024, nous avions noté une baisse amorcée des prix et une contraction des volumes. Et cela était uniforme. En 2025, le marché grenoblois a trouvé un nouveau souffle. Les volumes se sont stabilisés, et les prix affichent une résistance presque inattendue, voire des hausses dans certains secteurs clés », résume Maître Clément Dubreuil, notaire.

Côté appartements anciens (2 285 ventes en 2025), le prix médian au m2, en recul de 6,9 % en 2024, a augmenté à Grenoble de 1,7 % pour atteindre 2 420 € en 2025, et même 2 510 € au 31 mars 2026 *.

Un marché stabilisé mais contrasté à Grenoble

Mais de fortes disparités existent selon les quartiers. Oublié le repli de 7,7 % en 2024… Avec un prix médian à 3 040 € le m2 (+ 3,5 %), le quartier de l’Île-Verte retrouve de la vigueur. Certains secteurs comme l’hypercentre (1 980 € le m2 ; + 0,3 %) ou les Eaux-Claires (2 880 € le m2 ; - 0,3 %) voient leur prix se stabiliser après un recul de respectivement 5,7 % et 5,5 % en 2024.

Si le prix médian au m2 est en hausse dans certains quartiers comme Europole (+ 4,3 % ; 3 510 €), dans d’autres, il a continué à baisser en 2025 comme sur Chorrier-Berriat (- 3,8 % ; 2 530 €) ou à la Capuche (- 5,1 % ; 2 200 €). Côté maisons, le prix médian dans l’ancien (311 600 €) en 2025 accuse à Grenoble un recul annuel de 13,1 %, après une hausse de 12 % en 2024.

« C’est un marché de niche, avec très peu de ventes et donc une évolution des prix peu révélatrice, souligne Me Clément Dubreuil. Mais jamais je n’aurais imaginé qu’un jour il y ait à Grenoble intra-muros deux fois plus de maisons qui changent de mains que d’appartements neufs vendus. C’est assez révélateur d’un marché du neuf quasi à l’arrêt ! »

Même constat dans l’agglomération

Le marché de l’agglomération grenobloise a repris lui aussi de la vigueur en 2025. Côté appartements anciens, le prix médian au m2 a grimpé en un an de 4,2 % sur Grenoble nord (2 280 €) et de 5 % sur Grenoble sud (2 190 €). Mais le secteur nord se distingue avec « une vraie résistance sectorielle » qui contrebalance la forte contraction enregistrée les deux années précédentes.

Le prix médian au m2 a ainsi grimpé en 2025 de 7,6 % à Voreppe, 6,1 % à Sassenage ou 4,6 % à Saint-Égrève. L’évolution des prix est plus disparate sur Grenoble sud avec, par exemple, + 6,4 % à Échirolles et + 1,4 % à Gières, mais - 6 % à Seyssins et - 2 % à Eybens.

Côté maisons anciennes, le constat est identique dans l’agglomération grenobloise : derrière un prix médian au m2 en hausse de 1,5 % sur Grenoble nord (308 ventes ; 341 000 €) et de 4 % sur Grenoble sud (521 ventes ; 325 000 €) en 2025, se cachent de fortes disparités.

À Vif, ce prix médian a poursuivi sa hausse (+ 5,2 %). Et s’il a continué à baisser à Eybens (- 7,1 %) ou Fontaine (- 6,5 %), il s’est redressé à Claix (+ 9,7 %), Seyssins (+ 10,6 %) ou Sassenage (+ 6 %). « Tous ces chiffres montrent qu’il y a eu en 2025 une rupture avec les chiffres en baisse de 2024. Le marché de Grenoble et son agglomération s’est stabilisé et offre un certain dynamisme début 2026 », conclut Me Clément Dubreuil.

Le Grésivaudan, un secteur à part

Les notaires relèvent le même élan en ce début d’année dans le Grésivaudan. Le secteur affiche même une hausse des prix dans l’ancien de 7,2 % pour les maisons et de 1,2 % pour les appartements sur le 1er trimestre 2026 *. « Mais c’est un marché un peu à part qui se porte toujours un peu mieux que le reste de l’Isère avec des prix plus élevés », souligne Me Morena Paget, notaire.

Après un recul significatif des transactions dans l’ancien en 2024, ce volume a grimpé en 2025 avec 673 ventes d’appartements (+ 13,7 %) et 729 de maisons (+ 21,9 %). Côté maisons, pilier du secteur, la notaire note dans l’ancien un recul des prix de 4,2 % (370 000 €) en 2025. « Mais il y a des différences significatives selon les communes », indique-t-elle. Le prix des maisons a par exemple grimpé de 17,1 % à Montbonnot-Saint-Martin, de 12,5 % à Corenc, mais il a reculé de 7,6 % et de 4,6 % à Chapareillan ou Saint-Ismier.

La même disparité se retrouve sur le marché des appartements anciens. Derrière les + 0,6 % de hausse des prix enregistrés sur le secteur (3 190 € le m2 médian) existent de fortes variations : + 7,4 % à Montbonnot-Saint-Martin ou + 3,3 % à La Tronche, mais - 4,9 % à Meylan ou - 1,9 % à Domène.

Et le neuf ? « Notre secteur n’est pas mieux loti que les autres avec un volume en baisse (119 ventes, contre 145 en 2024) et un prix médian à 4 900 € le m2 », résume-t-elle. Il s’est vendu plus de terrains à bâtir en 2025 (89 ventes, contre 68 en 2024, soit + 7 %), au prix médian de 333 € par m2. Cela reste plus élevé que dans les secteurs environnants.

* “Prospectives des marchés immobiliers anciens en Aura” (mai 2026), base Perval, notariat régional