{"id":1000353,"date":"2026-06-14T21:42:17","date_gmt":"2026-06-14T21:42:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1000353\/"},"modified":"2026-06-14T21:42:17","modified_gmt":"2026-06-14T21:42:17","slug":"la-bouche-cabaret-un-chaos-queer-festif-et-jubilatoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1000353\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La Bouche Cabaret\u00a0\u00bb\u00a0: un chaos queer festif et jubilatoire"},"content":{"rendered":"<p><strong>La Bouche Cabaret \u00e9chappe \u00e0 toute cat\u00e9gorisation. M\u00ealant piano, chant, archives LGBT, spoken word, n\u00e9ons, lip synch, r\u00e9\u00e9critures et r\u00e9cits personnels, le spectacle revendique une esth\u00e9tique de l\u2019hybridit\u00e9 pour offrir une performance \u00e0 la fois festive, politique et subversive. Invit\u00e9 par le CDNO au Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Orl\u00e9ans, le quatuor form\u00e9 par Bili Bellegarde, Grand Soir, <a href=\"https:\/\/www.magcentre.fr\/349946-woke-un-cri-de-liberte-et-de-resistance\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Mascare et Soa de Muse<\/a> a su conqu\u00e9rir le public ce vendredi 12 juin.<\/strong><\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-371681\" class=\"size-full wp-image-371681\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/la-bouche-cabaret-crcopyright-di.jpg\" alt=\"\" width=\"1600\" height=\"1072\"  \/><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-371681\" class=\"wp-caption-text\">De gauche \u00e0 droite : Soa de Muse, Grand Soir, Mascare et Bili Bellegarde. Cr\u00e9dit : Leon Prost.<\/p>\n<p>\u00a0<br \/>\nPar <a href=\"https:\/\/www.magcentre.fr\/?s=%22charlotte+guillois%22&amp;searchsubmit=\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Charlotte Guillois<\/a>.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>La Bouche Cabaret n\u2019est pas un cabaret comme les autres. N\u00e9 en 2022 dans un sous-sol en b\u00e9ton Porte de Clignancourt \u00e0 Paris, ce collectif queer autog\u00e9r\u00e9 cultive l\u2019art du d\u00e9bordement et refuse obstin\u00e9ment les \u00e9tiquettes. Ici, les fronti\u00e8res explosent : entre concert et performance, entre f\u00eate et manifeste, entre rire et \u00e9motion. Au Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Orl\u00e9ans, le quatuor a transform\u00e9 la salle en un espace de c\u00e9l\u00e9bration o\u00f9 les corps, les d\u00e9sirs et les identit\u00e9s se racontent sans filtre.<\/p>\n<p>\u00c0 la t\u00eate de cette joyeuse bande, quatre artistes aux univers bien tremp\u00e9s. R\u00e9v\u00e9l\u00e9e par Drag Race France, Soa de Muse d\u00e9veloppe un travail \u00e0 la crois\u00e9e du drag, de la danse contemporaine, du th\u00e9\u00e2tre et du cabaret. \u00c0 ses c\u00f4t\u00e9s, Grand Soir, ancien ing\u00e9nieur devenu musicien et performeur, s\u2019appuie sur sa formation classique de pianiste pour composer des chansons nourries par la nuit queer parisienne. Quant \u00e0 Bili Bellegarde et Mascare, elles forment le duo Namoro, entre musiques \u00e9lectroniques, punk et spoken-word. Ancienne enseignante, Bili Bellegarde performe r\u00e9guli\u00e8rement au cabaret de Madame Arthur. Docteure en litt\u00e9rature, Mascare m\u00eale musique, po\u00e9sie et r\u00e9flexion sur les h\u00e9ritages coloniaux. Ensemble, iels composent une constellation d\u2019artistes aux parcours compl\u00e9mentaires, donnant vie \u00e0 un projet de cabaret queer, libre et engag\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p>Un cabaret qui d\u00e9borde des cases<\/p>\n<p>D\u00e8s les premi\u00e8res minutes, La Bouche Cabaret refuse toute mise en place confortable. \u00c7a d\u00e9marre fort, presque sans pr\u00e9venir : beats \u00e9lectro, \u00e9nergie de rave, applaudissements qui claquent comme un signal de d\u00e9part. Le public est imm\u00e9diatement embarqu\u00e9, somm\u00e9 de participer, de r\u00e9pondre, de suivre le rythme. Ici, on ne regarde pas un spectacle, on y entre. Port\u00e9\u00b7s par les interpellations de Mascare, qui s\u2019amuse \u00e0 dynamiter au passage le clich\u00e9 des Orl\u00e9anais mous et peu accueillants, les spectateur\u00b7ices se prennent au jeu avec une \u00e9nergie communicative. Tout au long de la soir\u00e9e, la salle r\u00e9pond pr\u00e9sent : applaudissements, cris, sifflements. Un ch\u0153ur spontan\u00e9 qui fait partie int\u00e9grante de la performance.<\/p>\n<p>Ce qui frappe, c\u2019est la mani\u00e8re dont le spectacle fabrique du commun. Le public devient partenaire de jeu, ch\u0153ur improvis\u00e9, corps collectif qui r\u00e9pond. L\u2019\u00e9nergie est contagieuse, presque physique, comme si la salle enti\u00e8re vibrait sur le m\u00eame souffle. Un entracte intervient au bout d\u2019une heure, offrant aux artistes un temps de respiration pour souffler, changer de tenue, et au public l\u2019occasion de prolonger la soir\u00e9e autour d\u2019un verre au bar. Particularit\u00e9 rare dans un cadre th\u00e9\u00e2tral, il est m\u00eame permis de regagner la salle avec sa boisson, comme pour mieux prolonger cette exp\u00e9rience qui brouille les fronti\u00e8res habituelles du spectacle vivant et fait voler en \u00e9clats le formalisme du quatri\u00e8me mur.<\/p>\n<p>Une f\u00eate politique, joyeuse et collective<\/p>\n<p>Tr\u00e8s vite, les codes s\u2019entrechoquent. Le stand-up flirte avec la performance musicale, le chant bascule en lip sync, les r\u00e9cits intimes surgissent au d\u00e9tour d\u2019une chanson d\u00e9tourn\u00e9e. Soa de Muse impose une pr\u00e9sence magn\u00e9tique, Grand Soir installe des respirations plus suspendues au piano, Bili Bellegarde transforme la chanson populaire en une joyeuse c\u00e9l\u00e9bration queer avec \u00ab You make me feel like a wonderful lesbian\u00a0\u00bb et \u00ab Je veux \u00eatre une gouine heureuse \u00a0\u00bb, tandis que Mascare joue davantage de l\u2019\u00e9change avec le public, dans une veine proche du stand-up, ponctu\u00e9e de chants et de d\u00e9tournements, notamment une parodie irr\u00e9sistible de Vanina de Dave. Le cabaret avance par vagues : \u00e7a rit, \u00e7a chante, \u00e7a crie, \u00e7a siffle, \u00e7a d\u00e9borde, et c\u2019est dans ce d\u00e9sordre ma\u00eetris\u00e9 que le spectacle trouve sa coh\u00e9rence.<\/p>\n<p>Sous les paillettes, les n\u00e9ons et les r\u00e9\u00e9critures de tubes, quelque chose de plus profond circule pourtant : une affirmation des identit\u00e9s queer comme espaces de joie, de libert\u00e9 et de r\u00e9sistance. La Bouche Cabaret fait passer son engagement par le plaisir, par l\u2019humour, par l\u2019exc\u00e8s m\u00eame. Et c\u2019est sans doute l\u00e0 sa force : transformer la f\u00eate en geste politique, sans jamais cesser d\u2019\u00eatre une f\u00eate.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>Plus d\u2019infos autrement :<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.magcentre.fr\/370489-une-danseuse-flamenca-questionne-son-art-dans-une-performance-etonnante\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Une danseuse flamenca questionne son art dans une performance \u00e9tonnante<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La Bouche Cabaret \u00e9chappe \u00e0 toute cat\u00e9gorisation. 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