{"id":102099,"date":"2025-05-15T14:22:13","date_gmt":"2025-05-15T14:22:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/102099\/"},"modified":"2025-05-15T14:22:13","modified_gmt":"2025-05-15T14:22:13","slug":"a-strasbourg-giuditta-seule-dans-son-comic-triste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/102099\/","title":{"rendered":"A Strasbourg, \u201dGiuditta\u201d seule dans son comic triste"},"content":{"rendered":"<p>Poursuivant une programmation audacieuse et originale, l\u2019Op\u00e9ra national du Rhin ressort des oubliettes l\u2019ultime opus de Franz Lehar dans une nouvelle production de Pierre-Andr\u00e9 Weitz. L\u2019id\u00e9e enchante, pas la r\u00e9alisation.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/giudita-gp-5397hd5-2web-615x410.jpg\" alt=\"Giuditta\" class=\"pinit-here\"\/><\/p>\n<p>\u00a9 Klara Beck<\/p>\n<ul class=\"lists_legend\">\n<li class=\"active\">\n<p>Giuditta<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>Giudita<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>Giudita<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>Giudita<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>Giuditta<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>Giuditta<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>giudita gp-6768hdweb<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>Giudita<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>Giuditta<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"s6\">Roi de l\u2019op\u00e9rette viennoise depuis le triomphe de sa Veuve joyeuse (1905) au Theater an der Wien, Franz Lehar fit les riches heures de ce genre en vogue dans la capitale autrichienne, avant de bifurquer sur le tard vers une conception plus seria de son art. Approche dont t\u00e9moigne cette Giuditta cr\u00e9\u00e9e au Staatsoper en 1934 \u2013 puis traduite et revue par Andr\u00e9 Mauprey en 1935 pour le Th\u00e9\u00e2tre de la Monnaie. Aussi, lui coller des \u00e9tiquettes (op\u00e9ra\u00a0? op\u00e9rette\u00a0? singspiel\u00a0?) est inutile tant elles se confondent dans cette \u0153uvre l\u00e9g\u00e8re, mais gu\u00e8re comique\u00a0: un l\u00e9gionnaire nomm\u00e9 Octavio tombe sous le charme de la boh\u00e9mienne Giuditta (I), qu\u2019il arrache \u00e0 son fianc\u00e9 et convainc d\u2019embarquer avec sa garnison vers les rives m\u00e9ridionales de la M\u00e9diterran\u00e9e (II). L\u00e0-bas, son sens du devoir lui fait renoncer \u00e0 Giuditta (III) qui devient alors la nouvelle vedette d\u2019un night-club (IV). De retour en Europe, ils se retrouvent par hasard, mais droit dans ses bottes, Octavio renonce aux avances de Giuditta (V). Cette musikalische Kom\u00f6die qui emprunte \u00e0 Carmen ainsi qu\u2019au premier cin\u00e9ma parlant de Sternberg (L\u2019Ange bleu, C\u0153urs br\u00fbl\u00e9s) s&rsquo;ach\u00e8ve donc sur un cr\u00e9puscule : celui des deux r\u00f4les principaux, celui du compositeur, celui d\u2019une \u00e9poque et d\u2019une culture bient\u00f4t rattrap\u00e9es par l\u2019Histoire.<\/p>\n<p> D\u2019oiseau boh\u00e8me \u00e0 oiseau de nuit <\/p>\n<p class=\"s6\">Un climat de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 doit r\u00e9gner, mais pas ce comique potache dans lequel se compla\u00eet<strong> Pierre-Andr\u00e9 Weitz<\/strong>, c\u00e9dant \u00e0 une direction d\u2019acteur grossi\u00e8re et aux gags de mauvais boulevard. L\u2019id\u00e9e d\u2019enraciner l\u2019action et ses personnages dans l&rsquo;univers du cirque \u2013 id\u00e9al pour d\u00e9ployer visuellement les couleurs contrast\u00e9es de la partition et rendre saillante sa Sehnsucht caract\u00e9ristique \u2013 avait pourtant de quoi r\u00e9jouir. H\u00e9las, malgr\u00e9 une sc\u00e9nographie plut\u00f4t habile avec ses grands panneaux mobiles et ses jolis d\u00e9cors, ce cirque-l\u00e0 s\u2019av\u00e8re un guignol sans vis comica faute de timing, de pr\u00e9cision et de coh\u00e9rence. Plus g\u00eanant, c\u2019est le traitement superficiel du r\u00f4le-titre qui jure. Certes, quittant sa cage (au sens propre ici, pourquoi pas\u00a0!), Giuditta s\u2019\u00e9prend d\u2019une libert\u00e9 qui se manifeste par le chant, la danse ou les num\u00e9ros de cabaret, mais \u00e0 \u00e9dulcorer sa condition de demi-mondaine et enjoliver la \u00ab\u00a0ga\u00eet\u00e9 frelat\u00e9e\u00a0\u00bb du night-club, le metteur en sc\u00e8ne omet qu\u2019il s\u2019agit en r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une \u00e9mancipation de pacotille pour cette femme dont l\u2019envol rime avec solitude. D\u2019oiseau boh\u00e8me \u00e0 oiseau de nuit, Giuditta n\u2019est certainement pas une Carmen, et r\u00e9duire sa trajectoire \u00e0 celle d\u2019un accomplissement artistique lui fait perdre en relief comme en port\u00e9e dramatique. <\/p>\n<p>\t\t\t\tInsipidit\u00e9s <\/p>\n<p class=\"s6\">La distribution ne pla\u00eet pas davantage, notamment parce que<strong> Melody Louledjian<\/strong> se confronte \u00e0 un r\u00f4le-titre dont elle ne poss\u00e8de ni l\u2019ambitus ni le caract\u00e8re :\u00a0tandis que le timbre manque de s\u00e9duction \u2013 notamment dans le haut de la tessiture \u2013 le texte se perd, faute de projection et de maintien entre les registres. Aussi, on cherchera en vain la br\u00fblante sensualit\u00e9 de sa Giuditta, trop embarrass\u00e9e et compass\u00e9e pour que charme sa Chanson \u00ab Sur mes l\u00e8vres se br\u00fble ton c\u0153ur \u00bb. <strong>Thomas Bettinger<\/strong> campe un Octavio court de souffle et \u00e0 la ligne heurt\u00e9e, dont le lyrisme bute quelquefois contre un expressionnisme superflu. Passons sur les cabotinages sc\u00e9niques d\u2019Anita et S\u00e9raphin\u00a0pour appr\u00e9cier la belle complicit\u00e9 vocale qui unit leurs interpr\u00e8tes <strong>Sandrine Buendia<\/strong> et <strong>Sahy Ratia<\/strong> dans leur ritournelle \u00ab\u00a0Quand on est deux, tout est bien\u00a0\u00bb. En outre, on retiendra le C\u00e9venol haut en couleur de <strong>Jacques Verzier<\/strong>, excellent com\u00e9dien\u00a0qui compense en partie l\u2019histrionisme des nombreux r\u00f4les parl\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"s6\">Face \u00e0 un Orchestre national de Mulhouse en bonne forme, on attendait mieux de<strong> Thomas R\u00f6sner<\/strong>, dont la direction au carr\u00e9 mais sans souplesse n\u2019est parvenue \u00e0 \u00e9pouser ni la diversit\u00e9 de climats propos\u00e9s par la partition, ni les exigences d\u2019un plateau vocal qui aurait n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00eatre mieux \u00e9cout\u00e9 et accompagn\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p class=\"s6\"><strong>Giuditta de Lehar. Strasbourg, Op\u00e9ra national du Rhin, le 11 mai. Repr\u00e9sentations jusqu\u2019au 20 mai \u00e0 Strasbourg, puis les 1er et 3 juin \u00e0 Mulhouse.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Poursuivant une programmation audacieuse et originale, l\u2019Op\u00e9ra national du Rhin ressort des oubliettes l\u2019ultime opus de Franz Lehar&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":102100,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2820],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,775,1638,12,25,640],"class_list":{"0":"post-102099","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-strasbourg","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-grand-est","15":"tag-has_diapo","16":"tag-news","17":"tag-republique-francaise","18":"tag-strasbourg"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114512300812366570","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/102099","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=102099"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/102099\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/102100"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=102099"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=102099"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=102099"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}