{"id":1042604,"date":"2026-07-04T09:12:17","date_gmt":"2026-07-04T09:12:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1042604\/"},"modified":"2026-07-04T09:12:17","modified_gmt":"2026-07-04T09:12:17","slug":"a-arles-christian-lacroix-et-la-maniere-dans-une-exposition-inedite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1042604\/","title":{"rendered":"\u00c0 Arles, Christian Lacroix et la mani\u00e8re dans une exposition in\u00e9dite"},"content":{"rendered":"<p>N\u00e9 le 16\u00a0mai\u00a01951 \u00e0 Arles, dans le quartier populaire de Trinquetaille, Christian Lacroix n\u2019a jamais vraiment quitt\u00e9 sa ville natale. M\u00eame si Paris l\u2019a fait conna\u00eetre, c\u2019est \u00e0 Arles que bat son c\u0153ur cr\u00e9atif. Historien de l\u2019art de formation, grand couturier de m\u00e9tier, costumier de g\u00e9nie et sc\u00e9nographe inspir\u00e9, l\u2019artiste entretient avec la cit\u00e9 proven\u00e7ale un lien visc\u00e9ral, intime, presque charnel. Trois lieux embl\u00e9matiques -les Ar\u00e8nes et leur Goyesque, le Museon Arlaten et le mus\u00e9e R\u00e9attu- incarnent aujourd\u2019hui cet attachement ind\u00e9fectible.<\/p>\n<p>Tout commence par un adolescent qui s\u00e8che les cours pour r\u00eaver devant les toiles du mus\u00e9e R\u00e9attu. Dans ce palais Renaissance du XVIe\u00a0si\u00e8cle, face aux \u0153uvres de Jacques R\u00e9attu et surtout aux Picasso l\u00e9gu\u00e9s \u00e0 la ville, le jeune Christian invente d\u00e9j\u00e0 des costumes dans sa t\u00eate. \u00ab\u00a0J\u2019y venais une fois par semaine, raconte-t-il, pour me nourrir de cette lumi\u00e8re et de ces formes.\u00a0\u00bb En\u00a02008, le mus\u00e9e lui donne carte blanche\u00a0: il transforme les salles en \u00ab\u00a0grand studio vivant\u00a0\u00bb, m\u00e9langeant ses propres dessins, costumes de sc\u00e8ne, silhouettes th\u00e9\u00e2trales et pi\u00e8ces de la collection. Une exposition autobiographique po\u00e9tique et onirique qui marque les esprits. Et l\u2019histoire continue\u00a0: cet \u00e9t\u00e9\u00a02026, le mus\u00e9e R\u00e9attu pr\u00e9sente \u00ab\u00a0Christian Lacroix, le Dessinateur\u00a0\u00bb, une exposition in\u00e9dite (du 4\u00a0juillet au 4\u00a0octobre) qui r\u00e9v\u00e8le enfin le c\u0153ur de son \u0153uvre\u00a0: des centaines de dessins originaux, matrice de toutes ses cr\u00e9ations couture, th\u00e9\u00e2tre et op\u00e9ra.<\/p>\n<p>La Goyesque<\/p>\n<p>Mais l\u2019attachement le plus spectaculaire et populaire de Christian Lacroix \u00e0 Arles porte un nom\u00a0: la Goyesque. Chaque ann\u00e9e, aux Ar\u00e8nes, la corrida hommage \u00e0 Goya devient un moment de f\u00eate et d\u2019art total. Le couturier en signe les costumes depuis des d\u00e9cennies. Il imagine les \u00ab\u00a0traje de luces\u00a0\u00bb (habits de lumi\u00e8re) brod\u00e9s d\u2019or et de couleurs vibrantes, les capes de paseo, les \u00e9paulettes inspir\u00e9es des gravures du ma\u00eetre espagnol. \u00ab\u00a0Comme Picasso ou Cocteau avant lui, il est fascin\u00e9 par ces costumes qui transforment l\u2019homme en torero de l\u00e9gende\u00a0\u00bb, soulignent les organisateurs des Ar\u00e8nes. Sur la piste, au centre, une immense cape de paseo sign\u00e9e Lacroix, et sur le pourtour des dessins d\u2019\u00e9paulettes\u00a0: la tauromachie arl\u00e9sienne devient haute couture. Un lien visc\u00e9ral entre la tradition camarguaise et l\u2019extravagance baroque du couturier.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Le mus\u00e9e raconte l\u2019\u00e2me de ma Provence natale sans la figer.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me pilier de cet ancrage arl\u00e9sien s\u2019appelle le Museon Arlaten. Ce mus\u00e9e ethnographique fond\u00e9 par Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral en\u00a01899, d\u00e9di\u00e9 au folklore proven\u00e7al, a rouvert ses portes apr\u00e8s une r\u00e9novation majeure gr\u00e2ce \u00e0 la touche magique de Christian Lacroix. Nomm\u00e9 sc\u00e9nographe et directeur artistique du projet, il a enti\u00e8rement repens\u00e9 la mus\u00e9ographie\u00a0: escalier monumental en verre multi-niveaux, vitrines po\u00e9tiques, parcours immersif qui marie tradition et modernit\u00e9. Costumes arl\u00e9siens, objets populaires, santons, meubles proven\u00e7aux\u2026 tout est mis en sc\u00e8ne comme dans un grand th\u00e9\u00e2tre de la m\u00e9moire. \u00ab\u00a0J\u2019ai voulu que le mus\u00e9e raconte l\u2019\u00e2me de ma Provence natale sans la figer\u00a0\u00bb, explique-t-il. Le r\u00e9sultat\u00a0? Un mus\u00e9e vivant, joyeux, color\u00e9, exactement comme l\u2019univers de Lacroix. Le Museon Arlaten est aujourd\u2019hui l\u2019un des plus visit\u00e9s de Provence, et l\u2019un des plus beaux hommages rendus par un enfant du pays \u00e0 son patrimoine.<\/p>\n<p>Costumier star pour l&rsquo;op\u00e9ra<\/p>\n<p>Derri\u00e8re ces trois projets phares se cache un parcours hors norme. Apr\u00e8s des \u00e9tudes d\u2019histoire de l\u2019art \u00e0 Montpellier et \u00e0 l\u2019\u00c9cole du Louvre, Christian Lacroix entre \u00e0 la Chambre Syndicale de la Haute Couture. Il passe par Herm\u00e8s, puis relance Jean Patou avec des collections explosives (1981-1987). En\u00a01987, il cr\u00e9e sa propre maison, soutenue par LVMH\u00a0: robes \u00e0 paniers, couleurs folles, r\u00e9f\u00e9rences historiques et th\u00e9\u00e2trales. Le succ\u00e8s est mondial. La Princesse Diana, Madonna, les plus grandes stars s\u2019habillent en Lacroix. La crise de\u00a02009 met fin \u00e0 la haute couture, mais pas \u00e0 la cr\u00e9ation\u00a0: il devient costumier star pour l\u2019op\u00e9ra (Marseille, Paris, New York), le ballet, le th\u00e9\u00e2tre, le cin\u00e9ma. Il signe aussi des uniformes (Air France, SNCF), des d\u00e9cors, des collections capsules. Et surtout, il ne cesse de dessiner\u00a0: des carnets remplis de croquis qui restent la source vive de tout son travail.<\/p>\n<p>Arles, pour Christian Lacroix, n\u2019est pas un simple souvenir d\u2019enfance. C\u2019est une source in\u00e9puisable. La lumi\u00e8re de la Crau, les costumes de la feria, l\u2019esprit mistralien du Museon, les Picasso du R\u00e9attu\u00a0: tout nourrit son imaginaire. \u00c0 74\u00a0ans, il reste l\u2019ambassadeur le plus flamboyant de sa ville natale. Entre tradition proven\u00e7ale et extravagance parisienne, il incarne ce que l\u2019on appelle \u00ab\u00a0l\u2019esprit arl\u00e9sien\u00a0\u00bb\u00a0: libre, color\u00e9, profond\u00e9ment ancr\u00e9 et r\u00e9solument tourn\u00e9 vers l\u2019avenir.<\/p>\n<p>Cet \u00e9t\u00e9\u00a02026, ne manquez pas l\u2019exposition \u00ab\u00a0Christian Lacroix, le Dessinateur\u00a0\u00bb au mus\u00e9e R\u00e9attu\u00a0: l\u2019occasion unique de d\u00e9couvrir le dessinateur derri\u00e8re le couturier, et l\u2019enfant d\u2019Arles derri\u00e8re le g\u00e9nie international.<\/p>\n<p>Retrouvez l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de nos articles de notre magazine <a href=\"https:\/\/rivesud.laprovence.com\/#page=1\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Rive Sud<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"N\u00e9 le 16\u00a0mai\u00a01951 \u00e0 Arles, dans le quartier populaire de Trinquetaille, Christian Lacroix n\u2019a jamais vraiment quitt\u00e9 sa&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1042605,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[1358],"tags":[5734,9417,1348,1384,1385,1991,1446,1386,58,33,59,3293,1011,27,30410,62683,96],"class_list":["post-1042604","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-arts-et-design","tag-5734","tag-arles","tag-arts","tag-arts-and-design","tag-arts-et-design","tag-christian","tag-dans","tag-design","tag-divertissement","tag-economie","tag-entertainment","tag-exposition","tag-fr","tag-france","tag-lacroix","tag-maniere","tag-une"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116860940923220401","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1042604","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1042604"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1042604\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1042605"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1042604"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1042604"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1042604"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}