{"id":1088067,"date":"2026-07-26T00:02:29","date_gmt":"2026-07-26T00:02:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1088067\/"},"modified":"2026-07-26T00:02:29","modified_gmt":"2026-07-26T00:02:29","slug":"dans-un-hangar-de-baikonour-dormait-depuis-1988-une-navette-spatiale-intacte-en-2002-ce-qui-lui-est-tombe-dessus-a-tue-8-ouvriers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1088067\/","title":{"rendered":"Dans un hangar de Ba\u00efkonour dormait depuis 1988 une navette spatiale intacte : en 2002, ce qui lui est tomb\u00e9 dessus a tu\u00e9 8 ouvriers"},"content":{"rendered":"<p class=\"gpsb-badge__text\">Vous aimez notre contenu ?<\/p>\n<p><a class=\"gpsb-badge__link no-adv\" data-ad-skip=\"true\" href=\"https:\/\/google.com\/preferences\/source?q=sciencepost.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored nofollow\" aria-label=\"Ajoutez-nous \u00e0 vos favoris Google\">Ajoutez-nous \u00e0 vos<br \/>favoris Google<\/a><\/p>\n<p>Un vol unique, deux orbites autour de la Terre, un atterrissage automatique digne d\u2019un film de science-fiction. Puis quatorze ans de silence dans un hangar poussi\u00e9reux du Kazakhstan. Le 12 mai 2002, un dimanche pluvieux, le toit de ce hangar s\u2019effondre et \u00e9crase d\u00e9finitivement la navette sovi\u00e9tique Bourane, tuant huit ouvriers qui tentaient justement de r\u00e9parer la toiture.<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<ul style=\"margin:0;padding-left:1.2em;color:#444;\">\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Une navette sovi\u00e9tique effectue un vol sans \u00e9quipage d\u2019une pr\u00e9cision surhumaine en 1988<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Pendant 14 ans, elle dort dans un hangar mal con\u00e7u du Kazakhstan<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Une simple fuite d\u2019eau suffit \u00e0 d\u00e9truire le symbole de la conqu\u00eate spatiale sovi\u00e9tique<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<ol style=\"margin:0;padding-left:1.5em;font-size:0.9em;line-height:1.6;\">\n<li><a href=\"#un-vol-parfait-reste-sans-lendemain\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un vol parfait rest\u00e9 sans lendemain<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#quinze-ans-d-oubli-dans-un-hangar-de-baikonour\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Quinze ans d\u2019oubli dans un hangar de Ba\u00efkonour<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#le-12-mai-2002-la-pluie-qui-a-tout-detruit\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Le 12 mai 2002 : la pluie qui a tout d\u00e9truit<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#ce-qu-il-reste-du-reve-sovietique\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Ce qu\u2019il reste du r\u00eave sovi\u00e9tique<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>Un vol parfait rest\u00e9 sans lendemain<\/p>\n<p>Tout commence le 15 novembre 1988. Construite en 1986, la navette a effectu\u00e9 son unique vol en mode automatique sans \u00e9quipage le 15 novembre 1988. Aucun cosmonaute \u00e0 bord, aucune improvisation possible : tout repose sur l\u2019\u00e9lectronique de bord. Le r\u00e9sultat d\u00e9passe les esp\u00e9rances des ing\u00e9nieurs sovi\u00e9tiques. La navette a orbit\u00e9 la Terre deux fois en 206 minutes de vol, puis a effectu\u00e9 un atterrissage automatis\u00e9 sur la piste de Ba\u00efkonour o\u00f9, malgr\u00e9 un vent lat\u00e9ral de 61,2 km\/h, elle s\u2019est pos\u00e9e \u00e0 seulement 3 m\u00e8tres lat\u00e9ralement et 10 m\u00e8tres longitudinalement de sa cible. Une prouesse technique que m\u00eame le programme am\u00e9ricain de la navette spatiale n\u2019avait pas r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 ce niveau de pr\u00e9cision automatique.<\/p>\n<p>Le vaisseau, baptis\u00e9 Bourane (\u00ab\u00a0temp\u00eate de neige\u00a0\u00bb en russe), n\u2019\u00e9tait pas un coup d\u2019essai isol\u00e9. La construction du vaisseau avait d\u00e9but\u00e9 en 1980, et d\u00e8s 1984 le premier orbiteur grandeur nature \u00e9tait sorti des ateliers, avec plus de 1000 entreprises de toute l\u2019Union sovi\u00e9tique impliqu\u00e9es dans sa conception. Un projet pharaonique, pens\u00e9 comme la r\u00e9ponse directe \u00e0 la navette am\u00e9ricaine, avec l\u2019ambition de transporter jusqu\u2019\u00e0 dix cosmonautes. Mais l\u2019histoire en a d\u00e9cid\u00e9 autrement : la chute de l\u2019URSS a coup\u00e9 les vivres avant qu\u2019un deuxi\u00e8me vol, pr\u00e9vu pour 1993, ne puisse avoir lieu.<\/p>\n<p>Quinze ans d\u2019oubli dans un hangar de Ba\u00efkonour<\/p>\n<p>Apr\u00e8s son unique sortie dans l\u2019espace, Bourane retourne \u00e0 Ba\u00efkonour et n\u2019en ressortira jamais. Le vaisseau est entrepos\u00e9 dans le b\u00e2timent 112, une structure gigantesque con\u00e7ue \u00e0 l\u2019\u00e9poque sovi\u00e9tique. Ce hangar, construit \u00e0 l\u2019\u00e9poque sovi\u00e9tique pour le programme de navette spatiale Bourane, mesurait 70 m\u00e8tres de haut pour 120 m\u00e8tres de long et 80 de large. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, la navette repose juste au-dessus d\u2019une maquette du lanceur Energia, celui-l\u00e0 m\u00eame qui l\u2019avait propuls\u00e9e en orbite quatorze ans plus t\u00f4t.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me, c\u2019est que ce hangar n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 pour durer sans entretien. Ba\u00efkonour se trouve dans une zone d\u00e9sertique o\u00f9 il ne pleut que quelques jours par an, ce qui explique pourquoi les architectes sovi\u00e9tiques avaient privil\u00e9gi\u00e9 une isolation thermique contre les \u00e9carts de temp\u00e9rature plut\u00f4t qu\u2019une v\u00e9ritable \u00e9tanch\u00e9it\u00e9. Ce b\u00e2timent \u00e9tait donc isol\u00e9 thermiquement mais pas prot\u00e9g\u00e9 contre la pluie, le mat\u00e9riau utilis\u00e9 pour l\u2019isolation \u00e9tant une sorte de mousse qui absorbait l\u2019eau comme une \u00e9ponge. Un d\u00e9tail de construction rest\u00e9 sans cons\u00e9quence pendant des d\u00e9cennies. Jusqu\u2019\u00e0 ce que le ciel d\u00e9cide autrement.<\/p>\n<p>Le 12 mai 2002 : la pluie qui a tout d\u00e9truit<\/p>\n<p>Ce dimanche-l\u00e0, des pluies torrentielles s\u2019abattent sur le cosmodrome. Il avait beaucoup plu cette ann\u00e9e-l\u00e0, le toit s\u2019\u00e9tait gorg\u00e9 d\u2019eau et lorsque des ouvriers sont venus le r\u00e9parer, il s\u2019est effondr\u00e9 sous son propre poids. Huit hommes travaillaient sur la toiture au moment du drame, cherchant pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 consolider une structure fragilis\u00e9e par des ann\u00e9es de n\u00e9gligence budg\u00e9taire post-sovi\u00e9tique.<\/p>\n<p>L\u2019effondrement n\u2019est pas total mais suffisamment massif pour ne laisser aucune chance. Trois des cinq sections du toit se sont effondr\u00e9es ce dimanche matin, et la hauteur de l\u2019\u00e9difice laissait peu de chances de survie aux huit ouvriers qui effectuaient des travaux sur le toit. Sept \u00e9tages de chute libre, une masse de b\u00e9ton et de m\u00e9tal qui s\u2019abat d\u2019un coup. Les secours n\u2019ont quasiment rien pu tenter. Un responsable de l\u2019agence spatiale russe a d\u2019ailleurs point\u00e9 du doigt des d\u00e9fauts de construction de l\u2019\u00e9difice, mettant en cause les pratiques des ann\u00e9es 1970-1980 en URSS, quand les constructeurs \u00e9taient press\u00e9s par les autorit\u00e9s pour des raisons politiques. le hangar portait d\u00e9j\u00e0 en lui les stigmates d\u2019une course \u00e0 la performance qui n\u00e9gligeait la rigueur technique. Ironie tragique : la navette qui symbolisait la ma\u00eetrise sovi\u00e9tique de l\u2019ing\u00e9nierie a fini \u00e9cras\u00e9e par les malfa\u00e7ons de son propre abri.<\/p>\n<p>Sous les d\u00e9combres, Bourane et la maquette d\u2019Energia sont r\u00e9duites en miettes. L\u2019effondrement a tu\u00e9 huit ouvriers qui effectuaient des travaux d\u2019entretien sur le toit du b\u00e2timent, et a entra\u00een\u00e9 la destruction de Bourane, qui reposait sur une maquette d\u2019Energia. En quelques secondes, dispara\u00eet le seul exemplaire du programme sovi\u00e9tique de navette spatiale ayant jamais quitt\u00e9 l\u2019atmosph\u00e8re terrestre.<\/p>\n<p>Ce qu\u2019il reste du r\u00eave sovi\u00e9tique<\/p>\n<p>La catastrophe pousse enfin les autorit\u00e9s kazakhes \u00e0 agir pour sauver ce qui peut encore l\u2019\u00eatre. \u00c0 la suite de cet accident, l\u2019orbiteur Ptichka a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9 vers un b\u00e2timent adjacent, aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019un mod\u00e8le d\u2019orbiteur. Une d\u00e9cision tardive, mais qui a permis d\u2019\u00e9viter un second d\u00e9sastre identique sur l\u2019autre navette assembl\u00e9e du programme, rest\u00e9e elle aussi \u00e0 l\u2019abandon depuis l\u2019arr\u00eat officiel du projet par Boris Eltsine en 1993.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, le b\u00e2timent 112 reste visible, \u00e0 moiti\u00e9 effondr\u00e9, dans les images de fond lors des retransmissions de lancements depuis Ba\u00efkonour. Un vestige rouill\u00e9 qui co\u00fbte \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir : le programme Bourane avait englouti l\u2019\u00e9quivalent de plusieurs dizaines de milliards de dollars actuels avant d\u2019\u00eatre abandonn\u00e9, pour finir \u00e9cras\u00e9 non pas par un accident spatial, mais par une simple fuite d\u2019eau mal anticip\u00e9e. Reste une question qui hante encore les ing\u00e9nieurs russes : combien d\u2019autres vestiges de la conqu\u00eate spatiale sovi\u00e9tique attendent, dans des hangars similaires, le jour o\u00f9 la pluie d\u00e9cidera \u00e0 leur tour de leur sort ?<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.lorientlejour.com\/article\/375505\/KAZAKHSTAN_Effondrement_d%2527un_hangar__au_cosmodrome_de_Baikonour_%253A__huit_ouvriers_disparus%2528PHOTO%2529.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">lorientlejour.com<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.bewaremag.com\/baikonour-ruines-conquete-spatiale-russe\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">bewaremag.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Vous aimez notre contenu ? 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