{"id":1115764,"date":"2026-08-08T15:03:20","date_gmt":"2026-08-08T15:03:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1115764\/"},"modified":"2026-08-08T15:03:20","modified_gmt":"2026-08-08T15:03:20","slug":"allemagne-la-gauche-pour-la-paix-en-passe-de-gagner-a-berlin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1115764\/","title":{"rendered":"Allemagne : la gauche pour la paix, en passe de gagner \u00e0 Berlin"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Berlin face \u00e0 un basculement : Die Linke en t\u00eate des sondages tandis que la  droite CDU s\u2019effondre, sur fond de rejet de la militarisation<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00c0 six semaines de l\u2019\u00e9lection au Abgeordnetenhaus de Berlin, pr\u00e9vue le 20 septembre 2026, les sondages les plus r\u00e9cents dessinent un rapport de forces in\u00e9dit. Die Linke, le rassemblement de la gauche et des communistes occupe la premi\u00e8re place, loin devant une CDU en net recul, tandis que le paysage politique de la capitale allemande s\u2019est radicalement recompos\u00e9 depuis le scrutin de 2023. Ce mouvement s\u2019inscrit dans un contexte national marqu\u00e9 par un rejet croissant de la militarisation, des manifestations massives de la jeunesse contre le retour de la conscription et des difficult\u00e9s \u00e9conomiques profondes li\u00e9es aux sanctions contre la Russie impos\u00e9es par Washington, son Union Europ\u00e9enne et l\u2019OTAN.<\/strong><\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"2138\" height=\"1200\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/20260508-Berlin-greve-lyceens-conscription-2138x1200.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-217950\" style=\"aspect-ratio:1.781716597630286;width:583px;height:auto\"  \/><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon l\u2019enqu\u00eate Civey r\u00e9alis\u00e9e pour le Tagesspiegel entre le 20 juillet et le 3 ao\u00fbt 2026 aupr\u00e8s d\u2019environ 3 000 personnes (marge d\u2019erreur maximale de 3,5 points), Die Linke recueillerait 21 % des intentions de vote, soit deux points de plus qu\u2019au d\u00e9but juillet. La CDU stagne \u00e0 19 %, l\u2019AfD (extr\u00eame droite) progresse \u00e0 18 %, les Verts restent \u00e0 17 % et le SPD chute \u00e0 12 %. FDP et BSW plafonnent \u00e0 3 % chacun, sous le seuil de 5 %. Ces chiffres confirment une tendance d\u00e9j\u00e0 visible dans d\u2019autres instituts. L\u2019Infratest dimap pour le RBB (13-15 juillet 2026) pla\u00e7ait Die Linke \u00e0 22 %, devant la CDU \u00e0 20 %, les Verts \u00e0 17 %, l\u2019AfD \u00e0 16 % et le SPD \u00e0 12 %. Une moyenne pond\u00e9r\u00e9e r\u00e9cente (dawum.de, d\u00e9but ao\u00fbt) donne Die Linke \u00e0 20,3 %, la CDU \u00e0 18,9 %, l\u2019AfD \u00e0 17,9 %, les Verts \u00e0 16,7 % et le SPD \u00e0 12,3 %.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par rapport au r\u00e9sultat de f\u00e9vrier 2023, le contraste est saisissant. Die Linke progresse de 12,2 % \u00e0 plus de 20 %, soit un gain d\u2019environ huit points. La CDU, qui avait obtenu 28,2 % et form\u00e9 ensuite une coalition avec le SPD, s\u2019effondre de pr\u00e8s de neuf points. L\u2019AfD double quasiment son score (de 9,1 % \u00e0 pr\u00e8s de 18 %). Le SPD, partenaire de coalition, perd plus de six points.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce basculement refl\u00e8te un rejet massif du S\u00e9nat CDU-SPD dirig\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment par Kai Wegner. Son retrait de la t\u00eate de liste n\u2019a pas permis \u00e0 la CDU de rebondir. La candidate de Die Linke, Elif Eralp, juriste et d\u00e9put\u00e9e, incarne cette dynamique. Elle a r\u00e9cemment d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab Die Menschen in unserer Stadt k\u00f6nnen sich das Leben in Berlin kaum noch leisten, vor allem wegen der viel zu hohen Mieten. \u00bb Elle insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de mettre en \u0153uvre le r\u00e9f\u00e9rendum de 2021 sur la socialisation des grands groupes immobiliers : \u00ab Um Mieten zu senken, geh\u00f6rt neben sozialem Wohnungsneubau selbstverst\u00e4ndlich auch die Vergesellschaftung der gro\u00dfen Immobilienkonzerne. \u00bb Eralp affirme \u00e9galement : \u00ab Ja, es sind erstmal nur Umfragen. Aber sie zeigen, dass ein anderes, ein sozialeres Berlin m\u00f6glich ist ! \u00bb et se pr\u00e9sente comme l\u2019avocate des 85 % de Berlinois locataires, promettant de faire du contr\u00f4le des loyers et de l\u2019expropriation une priorit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce succ\u00e8s local de Die Linke s\u2019inscrit dans un climat national de m\u00e9fiance croissante \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la politique de r\u00e9armement. Depuis l\u2019adoption du Wehrdienst-Modernisierungsgesetz fin 2025, qui pr\u00e9voit une saisie progressive des donn\u00e9es des jeunes et ouvre la voie \u00e0 une conscription partielle si les volontaires manquent, des milliers de lyc\u00e9ens et d\u2019\u00e9tudiants manifestent r\u00e9guli\u00e8rement. Le mouvement \u00ab Schulstreik gegen Wehrpflicht \u00bb a organis\u00e9 plusieurs journ\u00e9es d\u2019action nationales : en d\u00e9cembre 2025, environ 40 000 participants selon les organisateurs ; en mars 2026, pr\u00e8s de 50 000 dans plus de 100 villes ; le 8 mai 2026 (anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale), des milliers encore, avec 1 200 \u00e0 5 000 participants \u00e0 Berlin selon les sources, et des slogans tels que \u00ab Bildung statt Bomben \u00bb ou \u00ab Nie wieder Wehrpflicht ! Nie wieder Krieg ! \u00bb.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces mobilisations, port\u00e9es surtout par la jeunesse, se poursuivent semaine apr\u00e8s semaine. Elles expriment un refus clair de la militarisation de la soci\u00e9t\u00e9. Les sondages nationaux confirment une fracture g\u00e9n\u00e9rationnelle. Si une majorit\u00e9 relative ou une part importante de la population plus \u00e2g\u00e9e soutient un renforcement de la Bundeswehr ou m\u00eame le retour de la conscription (autour de 47-58 % selon les instituts), les 18-29 ans s\u2019y opposent massivement : 57 \u00e0 63 % contre, avec seulement 14 % pr\u00eats \u00e0 servir. Une enqu\u00eate Forsa de 2025 montrait que 59 % des Allemands n\u2019\u00e9taient \u00ab probablement \u00bb ou \u00ab d\u00e9finitivement \u00bb pas dispos\u00e9s \u00e0 prendre les armes pour d\u00e9fendre le pays.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce rejet s\u2019explique en partie par le contexte \u00e9conomique. Les sanctions europ\u00e9ennes contre la Russie, d\u00e9cid\u00e9es apr\u00e8s 2022, ont priv\u00e9 l\u2019Allemagne de gaz russe bon march\u00e9, qui repr\u00e9sentait auparavant plus de la moiti\u00e9 de ses importations. L\u2019industrie, notamment chimique et \u00e9nergivore, a subi un choc durable : prix de l\u2019\u00e9nergie structurellement plus \u00e9lev\u00e9s, baisse de la production industrielle, d\u00e9localisations et stagnation. Les instituts pr\u00e9voient pour 2026 une croissance tr\u00e8s faible (0,5 % selon le DIW Berlin, r\u00e9vis\u00e9e \u00e0 la baisse), avec une inflation persistante et un ch\u00f4mage en hausse temporaire. L\u2019\u00e9conomie allemande, moteur de l\u2019Europe, peine \u00e0 se relever, tandis que le co\u00fbt des alternatives (GNL) p\u00e8se lourdement.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourtant, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, sous l\u2019impulsion de la CDU de Friedrich Merz et de ses partenaires, a choisi d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer massivement le r\u00e9armement. Les d\u00e9penses de d\u00e9fense atteignent des niveaux records : le budget 2026 pr\u00e9voit plus de 108 milliards d\u2019euros (dont une part importante du Sonderverm\u00f6gen Bundeswehr de 100 milliards). Des projets de 80 milliards d\u2019euros suppl\u00e9mentaires pour des \u00e9quipements (fr\u00e9gates, syst\u00e8mes de d\u00e9fense, etc.) sont en discussion. Cette orientation r\u00e9pond aux demandes de Washington, de l\u2019OTAN et de l\u2019Union europ\u00e9enne d\u2019atteindre et d\u00e9passer les 2 % du PIB, puis d\u2019aller vers une arm\u00e9e \u00ab conventionnellement la plus forte d\u2019Europe \u00bb. Les investissements publics ont bondi gr\u00e2ce aux d\u00e9penses d\u2019armement, mais au d\u00e9triment, selon les critiques, des priorit\u00e9s sociales et industrielles.<\/p>\n<p>Die Linke la bou\u00e9e de sauvetage de la paix<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Die Linke se positionne clairement contre cette logique. Le parti rejette le retour de la conscription, l\u2019augmentation des budgets militaires et la \u00ab Kriegst\u00fcchtigkeit \u00bb. Lors de son congr\u00e8s de Potsdam en juin 2026, il a adopt\u00e9 des r\u00e9solutions \u00ab Gegen Sozialabbau und Militarisierung \u00bb, affirmant que les milliards doivent aller aux h\u00f4pitaux, aux retraites et aux cr\u00e8ches plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 l\u2019armement. \u00ab Wir stehen f\u00fcr soziale Sicherheit statt Kriegspolitik \u00bb, souligne le parti. Il soutient les Osterm\u00e4rsche et les gr\u00e8ves scolaires, et organise des conseils pour la refus de service militaire. Elif Eralp et les responsables berlinois inscrivent cette ligne dans leur campagne : un Berlin social plut\u00f4t qu\u2019une capitale au service du r\u00e9armement.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un exemple de dynamique \u00e9lectorale forte s\u2019appuyant sur les vraies aspirations populaires qui devraient inspirer en France les \u00e9tats majors de LFI ou de la CGT. Des \u00e9tats majors pourtant vigoureusement interpel\u00e9s par les communistes avec le PRCF.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Observons que ce positionnement s\u2019inscrit dans les d\u00e9bats internes \u00e0 la gauche allemande, notamment avec le BSW de Sahra Wagenknecht. Lors des \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales du 23 f\u00e9vrier 2025, Die Linke \u00e9tait pass\u00e9e sous les 5 % \u00e0 pr\u00e8s de 9 %, tandis que le BSW fr\u00f4lait le seuil avec 4,97 % (\u00e0 10 000 voix pr\u00e8s). Comme l\u2019analyse Theo Munzer dans un article d\u2019Initiative Communiste, ces deux formations se distinguent des gauches occidentales plus atlantistes : elles contestent davantage le bellicisme anti-russe et la militarisation. Munzer souligne que Die Linke et le BSW ne sont pas comparables au Nouveau Front populaire fran\u00e7ais, car leur rh\u00e9torique sur la paix, la Russie et le refus de l\u2019escalade est \u00ab beaucoup moins fanatique \u00bb. Le BSW, issu d\u2019une scission, met davantage l\u2019accent sur la souverainet\u00e9, le dialogue avec Moscou et le rejet de l\u2019OTAN, tandis que Die Linke reste ancr\u00e9e dans un antimilitarisme  plus habituel et moins courageux quant \u00e0 la mise en cause de l\u2019Union Europ\u00e9enne. Ces divergences persistent : le BSW critique parfois Die Linke pour un manque de radicalit\u00e9 sur les questions g\u00e9opolitiques, tandis que Die Linke accuse le BSW de d\u00e9rives populistes. \u00c0 Berlin o\u00f9 Die Linke concentre d\u2019importante forces communistes, le BSW reste marginal (3 %), ce qui laisse Die Linke seule force de gauche significative sur ces th\u00e8mes.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 20 septembre 2026, Berlin pourrait ainsi devenir le symbole d\u2019un double mouvement : le retour en force d\u2019une gauche osant parler fort pour la paix qui trouve un \u00e9cho particulier chez les jeunes. Si les sondages se confirment, Die Linke, avec Elif Eralp, aurait l\u2019opportunit\u00e9 de diriger une coalition progressiste. Mais le v\u00e9ritable enjeu d\u00e9passe la capitale : il interroge la capacit\u00e9 de l\u2019Allemagne populaire \u00e0 conjuguer reconstruction \u00e9conomique, justice sociale et paix, plut\u00f4t que de poursuivre une course aux armements dict\u00e9e par des imp\u00e9ratifs externes, qui sont ceux de l\u2019imp\u00e9rialisme euro atlantique, au moment o\u00f9 une partie croissante de sa population, et surtout de sa jeunesse, refuse d\u2019en payer le prix.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Berlin face \u00e0 un basculement : Die Linke en t\u00eate des sondages tandis que la droite CDU s\u2019effondre,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1115765,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[1587],"tags":[11,672,1898,1804,1805,1803,18054,1777,674,1801,12,2403,1802],"class_list":["post-1115764","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-allemagne","tag-actualites","tag-allemagne","tag-berlin","tag-bundesrepublik-deutschland","tag-de","tag-deutschland","tag-die-linke","tag-eu","tag-europe","tag-germany","tag-news","tag-paix","tag-republique-federale-dallemagne"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/117060503368445713","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1115764","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1115764"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1115764\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1115765"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1115764"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1115764"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1115764"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}