{"id":1116027,"date":"2026-08-08T18:05:13","date_gmt":"2026-08-08T18:05:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1116027\/"},"modified":"2026-08-08T18:05:13","modified_gmt":"2026-08-08T18:05:13","slug":"en-refusant-en-1999-de-racheter-un-moteur-de-recherche-pour-750-000-dollars-les-dirigeants-dexcite-ont-laisse-partir-ce-qui-pese-aujourdhui-2-000-milliards","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1116027\/","title":{"rendered":"En refusant en 1999 de racheter un moteur de recherche pour 750 000 dollars, les dirigeants d\u2019Excite ont laiss\u00e9 partir ce qui p\u00e8se aujourd\u2019hui 2 000 milliards"},"content":{"rendered":"<p class=\"gpsb-badge__text\">Vous aimez notre contenu ?<\/p>\n<p><a class=\"gpsb-badge__link no-adv\" data-ad-skip=\"true\" href=\"https:\/\/google.com\/preferences\/source?q=sciencepost.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored nofollow\" aria-label=\"Ajoutez-nous \u00e0 vos favoris Google\">Ajoutez-nous \u00e0 vos<br \/>favoris Google<\/a><\/p>\n<p>Sept cent cinquante mille dollars. C\u2019est le prix auquel Larry Page et Sergey Brin ont propos\u00e9 de vendre leur moteur de recherche \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 Excite en 1999. La r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 non. Ce moteur de recherche s\u2019appelait Google, et il p\u00e8se aujourd\u2019hui plusieurs milliers de milliards de dollars en Bourse. L\u2019un des plus beaux rat\u00e9s de l\u2019histoire de la tech s\u2019est jou\u00e9 en quelques semaines, autour d\u2019une table de n\u00e9gociation \u00e0 Mountain View.<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<ul style=\"margin:0;padding-left:1.2em;color:#444;\">\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Pourquoi un PDG a-t-il rejet\u00e9 une acquisition qui aurait pu faire de son entreprise l\u2019une des plus puissantes du monde ?<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Les tests comparatifs men\u00e9s par Excite ont-ils vraiment montr\u00e9 que Google n\u2019\u00e9tait pas sup\u00e9rieur \u00e0 l\u2019\u00e9poque ?<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Comment une d\u00e9cision technique d\u2019une vingtaine de secondes a-t-elle co\u00fbt\u00e9 plus de 4 000 milliards de dollars ?<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<ol style=\"margin:0;padding-left:1.5em;font-size:0.9em;line-height:1.6;\">\n<li><a href=\"#un-million-de-dollars-puis-750-000-la-negociation-qui-a-fail\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un million de dollars, puis 750 000 : la n\u00e9gociation qui a failli tout changer<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#pourquoi-excite-a-dit-non-deux-fois\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Pourquoi Excite a dit non deux fois<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#le-prix-d-un-mauvais-pari\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Le prix d\u2019un mauvais pari<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>Un million de dollars, puis 750 000 : la n\u00e9gociation qui a failli tout changer<\/p>\n<p>L\u2019histoire commence par un coup de fil. Vinod Khosla, associ\u00e9 chez Kleiner Perkins, le fonds qui avait financ\u00e9 Excite \u00e0 ses d\u00e9buts, appelle George Bell, alors patron de la soci\u00e9t\u00e9. Il raconte avoir eu l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019investir dans un nouveau moteur de recherche, autour de 1998, et pr\u00e9cise que les fondateurs ne le feraient pas si Excite s\u2019y opposait, car ils avaient beaucoup gagn\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 Excite et si\u00e9geaient encore \u00e0 son conseil. Bell donne son feu vert pour organiser une rencontre. En face de lui : Larry Page, alors \u00e0 la t\u00eate d\u2019une entreprise comptant \u00e0 peine trois ou quatre employ\u00e9s.<\/p>\n<p>Khosla \u00e9voque avoir eu, d\u00e9but 1999, plusieurs \u00e9changes avec Page et Brin. Selon lui, Google \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 se vendre pour moins d\u2019un million de dollars, mais Excite n\u2019en voulait pas. Les fondateurs demandent d\u2019abord un million de dollars. Bell refuse. Khosla revient \u00e0 la charge et n\u00e9gocie le prix \u00e0 la baisse, autour de 750 000 dollars. Bell refuse \u00e0 nouveau. Deux fois de suite, la porte se ferme sur ce qui deviendra l\u2019une des entreprises les plus rentables de l\u2019histoire du capitalisme.<\/p>\n<p>Pourquoi Excite a dit non deux fois<\/p>\n<p>Le plus troublant dans cette histoire, ce n\u2019est pas le montant : c\u2019est la raison du refus. Des ann\u00e9es plus tard, Bell s\u2019est expliqu\u00e9 publiquement, notamment lors d\u2019un entretien pour le podcast Internet History Podcast. Ce n\u2019\u00e9tait pas une question de prix, mais de conditions. Page voulait qu\u2019Excite retire compl\u00e8tement sa technologie de recherche existante pour la remplacer int\u00e9gralement par celle de Google, et Excite a organis\u00e9 des tests comparatifs qui n\u2019ont pas montr\u00e9 de diff\u00e9rence suffisante pour justifier de bouleverser le travail de centaines d\u2019ing\u00e9nieurs.<\/p>\n<p>: Bell a compar\u00e9 les r\u00e9sultats des deux moteurs, c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, et n\u2019a pas vu de quoi r\u00e9volutionner son entreprise. Selon ses propres mots, la diff\u00e9renciation dans les r\u00e9sultats de recherche n\u2019\u00e9tait pas assez spectaculaire pour justifier le risque culturel qu\u2019imposait Larry Page, et Excite a finalement laiss\u00e9 filer l\u2019affaire. Un jugement technique erron\u00e9, doubl\u00e9 d\u2019un refus de c\u00e9der le contr\u00f4le de son produit \u00e0 une poign\u00e9e d\u2019\u00e9tudiants de Stanford. On imagine la sc\u00e8ne : un CEO d\u2019une entreprise cot\u00e9e en Bourse, avec des centaines de salari\u00e9s, face \u00e0 un jeune homme qui exige de d\u00e9monter toute son infrastructure pour la remplacer par la sienne. Sur le papier, la demande paraissait pr\u00e9somptueuse. Dans les faits, elle \u00e9tait visionnaire.<\/p>\n<p>Il y avait aussi, en filigrane, un d\u00e9saccord de mod\u00e8le \u00e9conomique. Excite \u00e9tait un portail : son int\u00e9r\u00eat \u00e9tait de retenir l\u2019internaute le plus longtemps possible sur ses pages, satur\u00e9es de publicit\u00e9s. Google, \u00e0 l\u2019inverse, cherchait \u00e0 r\u00e9pondre le plus vite possible pour renvoyer l\u2019utilisateur ailleurs. Deux logiques inconciliables, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 personne n\u2019imaginait encore qu\u2019une recherche ultra-rapide et minimaliste puisse devenir, \u00e0 elle seule, un empire publicitaire.<\/p>\n<p>Le prix d\u2019un mauvais pari<\/p>\n<p>La suite est connue, mais elle m\u00e9rite d\u2019\u00eatre rappel\u00e9e avec ses vrais chiffres. Quelques mois apr\u00e8s le refus d\u2019Excite, Google boucle un tour de table bien plus consistant. Apr\u00e8s le rejet, Google a travers\u00e9 plusieurs lev\u00e9es de fonds, r\u00e9coltant en quelques mois environ 25 millions de dollars, dont une partie substantielle venait de Kleiner Perkins, le m\u00eame fonds qui avait pourtant soutenu Excite. Le fonds qui avait tent\u00e9 de convaincre Bell d\u2019acheter Google a fini par investir directement dans la p\u00e9pite qu\u2019il n\u2019avait pas r\u00e9ussi \u00e0 lui vendre.<\/p>\n<p>Excite, de son c\u00f4t\u00e9, n\u2019a pas surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019\u00e9clatement de la bulle internet. La soci\u00e9t\u00e9 fusionne, p\u00e9riclite, et finit rachet\u00e9e. Excite n\u2019est plus aujourd\u2019hui qu\u2019une coquille de ce qu\u2019elle \u00e9tait, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9e par Ask Jeeves en 2004. Le nom qui dominait le web \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990 a fini absorb\u00e9 dans un groupe plus large, r\u00e9duit \u00e0 une note de bas de page de l\u2019histoire du num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Google, lui, est entr\u00e9 en Bourse en 2004, devenu Alphabet en 2015, avant d\u2019encha\u00eener les records. La soci\u00e9t\u00e9 a franchi le cap symbolique des 2 000 milliards de dollars de capitalisation il y a quelques ann\u00e9es. Depuis, la trajectoire ne s\u2019est pas arr\u00eat\u00e9e : au d\u00e9but du mois d\u2019ao\u00fbt 2026, Alphabet affichait une capitalisation boursi\u00e8re proche de 4 300 milliards de dollars, ce qui en fait la troisi\u00e8me entreprise la plus valoris\u00e9e au monde. De 750 000 dollars refus\u00e9s \u00e0 plus de 4 000 milliards en Bourse, il aura fallu vingt-sept ans. Un multiple qu\u2019aucune calculatrice de rendement financier n\u2019est vraiment con\u00e7ue pour afficher proprement.<\/p>\n<p>Le plus ironique dans cette histoire, c\u2019est que Bell n\u2019a jamais ni\u00e9 avoir eu raison sur un point : Google n\u2019\u00e9tait, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, ni rentable ni \u00e9videmment sup\u00e9rieur dans les tests qu\u2019il avait fait mener. Son erreur n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 de mal \u00e9valuer une technologie fig\u00e9e dans le temps, mais de sous-estimer sa vitesse d\u2019am\u00e9lioration. Une le\u00e7on que beaucoup d\u2019investisseurs, aujourd\u2019hui encore, refont face \u00e0 chaque nouvelle vague technologique, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019intelligence artificielle ou de biotechnologies \u00e9mergentes : ce qui semble marginal un jour peut devenir incontournable le lendemain, et personne ne dispose d\u2019une boussole fiable pour le savoir \u00e0 l\u2019avance.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.internethistorypodcast.com\/2014\/11\/the-real-reason-excite-turned-down-buying-google-for-750000-in-1999\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">internethistorypodcast.com<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.cafedelabourse.com\/bourse\/action-alphabet-google\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">cafedelabourse.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Vous aimez notre contenu ? Ajoutez-nous \u00e0 vosfavoris Google Sept cent cinquante mille dollars. 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