{"id":1121196,"date":"2026-08-11T18:06:24","date_gmt":"2026-08-11T18:06:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1121196\/"},"modified":"2026-08-11T18:06:24","modified_gmt":"2026-08-11T18:06:24","slug":"en-raclant-les-gouttieres-dun-simple-toit-de-ville-des-chercheurs-ont-sorti-des-grains-que-rien-sur-terre-na-fabriques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1121196\/","title":{"rendered":"En raclant les goutti\u00e8res d&rsquo;un simple toit de ville, des chercheurs ont sorti des grains que rien sur Terre n&rsquo;a fabriqu\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p class=\"gpsb-badge__text\">Vous aimez notre contenu ?<\/p>\n<p><a class=\"gpsb-badge__link no-adv\" data-ad-skip=\"true\" href=\"https:\/\/google.com\/preferences\/source?q=sciencepost.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored nofollow\" aria-label=\"Ajoutez-nous \u00e0 vos favoris Google\">Ajoutez-nous \u00e0 vos<br \/>favoris Google<\/a><\/p>\n<p>Un toit plat, une goutti\u00e8re encombr\u00e9e de mousse et de r\u00e9sidus, le genre d\u2019endroit qu\u2019on pr\u00e9f\u00e8re ignorer jusqu\u2019au jour o\u00f9 l\u2019eau d\u00e9borde. C\u2019est pourtant l\u00e0, dans la boue accumul\u00e9e de goutti\u00e8res parisiennes, berlinoises et oslo\u00eftes, que des chercheurs ont mis la main sur des grains qui ne ressemblent \u00e0 rien de ce que notre plan\u00e8te produit. Ces particules, larges de quelques dixi\u00e8mes de millim\u00e8tre \u00e0 peine, viennent de l\u2019espace. Et certaines d\u2019entre elles portent la signature chimique d\u2019un ast\u00e9ro\u00efde que personne n\u2019a jamais crois\u00e9 auparavant.<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<ul style=\"margin:0;padding-left:1.2em;color:#444;\">\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Des grains cosmiques jamais r\u00e9pertori\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 extraits de simples goutti\u00e8res urbaines<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">La composition chimique de ces particules ne correspond \u00e0 aucune m\u00e9t\u00e9orite connue sur Terre<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Cinq mille tonnes de poussi\u00e8re d\u2019\u00e9toiles tombent sur notre plan\u00e8te chaque ann\u00e9e, mais seules les goutti\u00e8res les gardent fra\u00eeches<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<ol style=\"margin:0;padding-left:1.5em;font-size:0.9em;line-height:1.6;\">\n<li><a href=\"#une-trouvaille-improbable-dans-les-gouttieres-de-trois-ville\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Une trouvaille improbable dans les goutti\u00e8res de trois villes europ\u00e9ennes<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#des-grains-venus-d-un-asteroide-que-personne-n-a-jamais-croi\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Des grains venus d\u2019un ast\u00e9ro\u00efde que personne n\u2019a jamais crois\u00e9<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#cinq-mille-tonnes-de-poussiere-d-etoiles-tombent-sur-terre-c\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Cinq mille tonnes de poussi\u00e8re d\u2019\u00e9toiles tombent sur Terre chaque ann\u00e9e<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>Une trouvaille improbable dans les goutti\u00e8res de trois villes europ\u00e9ennes<\/p>\n<p>L\u2019histoire commence avec un musicien de jazz norv\u00e9gien plus curieux que la moyenne. Un musicien de jazz norv\u00e9gien a r\u00e9volutionn\u00e9 la science en trouvant ces fragments d\u2019ast\u00e9ro\u00efdes et de com\u00e8tes sur les toits urbains, bouleversant la conviction scientifique dominante. Jon Larsen, puisque c\u2019est de lui qu\u2019il s\u2019agit, a fini par convaincre un plan\u00e9tologue de l\u2019Imperial College de Londres, Matthew Genge, de regarder de plus pr\u00e8s ses trouvailles.<\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat de cette collaboration a de quoi surprendre. Des chercheurs ont pu trouver des microm\u00e9t\u00e9orites sur des toits dans trois villes europ\u00e9ennes, dont Paris, Oslo (Norv\u00e8ge) et Berlin (Allemagne). Le tri n\u2019a rien eu d\u2019anecdotique : quelque 500 grains de poussi\u00e8re cosmique ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s dans plus de 300 kg de d\u00e9p\u00f4ts de goutti\u00e8res ratiss\u00e9s au sein des trois villes europ\u00e9ennes explor\u00e9es. Trois cents kilos de boue de toiture pour extraire l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une poign\u00e9e de grains de sable venus d\u2019ailleurs. La m\u00e9thode, elle, tient presque du bricolage : Larsen r\u00e9coltait les d\u00e9p\u00f4ts accumul\u00e9s dans les goutti\u00e8res ouvertes, les tamisait, puis utilisait un aimant pour extraire les particules du r\u00e9sidu restant.<\/p>\n<p>La communaut\u00e9 scientifique n\u2019y croyait pas vraiment au d\u00e9part. C\u2019est plut\u00f4t une surprise, comme le soulignent les auteurs de l\u2019\u00e9tude publi\u00e9e dans la revue Geology. On pensait alors que la pollution urbaine, le trafic automobile et l\u2019usure des b\u00e2timents auraient depuis longtemps noy\u00e9 ces poussi\u00e8res cosmiques sous des tonnes de particules terrestres. Erreur. Les grains ont non seulement surv\u00e9cu au trajet dans nos goutti\u00e8res, ils se sont m\u00eame r\u00e9v\u00e9l\u00e9s diff\u00e9rents de tout ce qu\u2019on connaissait jusque-l\u00e0. Les grains retrouv\u00e9s dans nos villes sont un peu plus gros (0,3 mm) que ceux d\u2019Antarctique (0,01 mm) et arborent aussi moins de cristaux en forme de plume. Comme ils sont tomb\u00e9s au cours des six derni\u00e8res ann\u00e9es, ils constituent \u00e0 cet \u00e9gard la collection des plus jeunes microm\u00e9t\u00e9orites connues sur Terre \u00e0 ce jour. Une trouvaille jug\u00e9e suffisamment importante pour figurer, l\u2019ann\u00e9e de sa publication, parmi les avanc\u00e9es scientifiques les plus marquantes selon Discovery Magazine.<\/p>\n<p>Des grains venus d\u2019un ast\u00e9ro\u00efde que personne n\u2019a jamais crois\u00e9<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pour la d\u00e9couverte initiale. Mais des travaux plus r\u00e9cents sont all\u00e9s encore plus loin, en s\u2019appuyant \u00e0 la fois sur les glaces polaires et sur ces m\u00eames collectes urbaines. Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, les chercheurs ont analys\u00e9 dix de ces particules, collect\u00e9es aussi bien dans les glaces de l\u2019Antarctique que sur des toits urbains. Leur composition chimique ne correspondait \u00e0 aucune famille de m\u00e9t\u00e9orites d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pertori\u00e9e sur Terre.<\/p>\n<p>Pour comprendre d\u2019o\u00f9 viennent ces intrus, l\u2019\u00e9quipe a reconstitu\u00e9 leur trajectoire \u00e0 travers l\u2019atmosph\u00e8re. Les simulations indiquent que ces poussi\u00e8res sont arriv\u00e9es entre 14 et 17 kilom\u00e8tres par seconde, une vitesse compatible avec une origine au sein d\u2019un ast\u00e9ro\u00efde g\u00e9ocroiseur \u00e9voluant sur une orbite relativement excentrique. un corps rocheux qui croise parfois la trajectoire de la Terre, sans qu\u2019aucun fragment assez massif de cet ast\u00e9ro\u00efde n\u2019ait jamais \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 sous forme de m\u00e9t\u00e9orite classique. Seule sa poussi\u00e8re, minuscule et discr\u00e8te, parvient jusqu\u2019\u00e0 nous.<\/p>\n<p>Selon les auteurs, ces poussi\u00e8res proviendraient probablement d\u2019un corps parent encore inconnu, proche des tr\u00e8s rares chondrites carbon\u00e9es de type CY, mais suffisamment diff\u00e9rent pour repr\u00e9senter un type de m\u00e9t\u00e9orite qui n\u2019a encore jamais \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 sur Terre. Un objet cosmique connu uniquement par ses retomb\u00e9es microscopiques, jamais par lui-m\u00eame. C\u2019est un peu comme deviner l\u2019existence d\u2019un animal rien qu\u2019\u00e0 l\u2019odeur qu\u2019il laisse derri\u00e8re lui, sans jamais l\u2019avoir aper\u00e7u. En \u00e9tudiant ce nouveau type de microm\u00e9t\u00e9orites, les chercheurs ont ainsi mis en \u00e9vidence la signature d\u2019un corps parent jusqu\u2019ici inconnu, probablement un ast\u00e9ro\u00efde primitif.<\/p>\n<p>Cinq mille tonnes de poussi\u00e8re d\u2019\u00e9toiles tombent sur Terre chaque ann\u00e9e<\/p>\n<p>Ce genre de d\u00e9couverte n\u2019a rien d\u2019un hasard isol\u00e9. Le fond des oc\u00e9ans, les calottes glaciaires et, on le sait d\u00e9sormais, les goutti\u00e8res de nos immeubles fonctionnent comme un immense syst\u00e8me de collecte de poussi\u00e8re d\u2019\u00e9toile. Les estimations les plus rigoureuses, obtenues apr\u00e8s pr\u00e8s de deux d\u00e9cennies de collecte dans la neige ultra-propre du D\u00f4me C, en Antarctique centrale, situent l\u2019apport annuel autour de 5 000 tonnes de mati\u00e8re extraterrestre. Une bonne partie finit dans les oc\u00e9ans, qui recouvrent 70 % de la surface du globe. Le reste se d\u00e9pose partout ailleurs, sur les champs, les parkings et, donc, les toitures.<\/p>\n<p>Ce qui rend les goutti\u00e8res si pr\u00e9cieuses aux yeux des chercheurs, c\u2019est leur fra\u00eecheur. Les collections antarctiques et sous-marines sont difficiles d\u2019acc\u00e8s et contiennent des particules d\u2019\u00e2ge vari\u00e9, souvent consid\u00e9rable, tandis que les particules r\u00e9colt\u00e9es sur les toits sont r\u00e9centes et leur chute peut \u00eatre dat\u00e9e assez pr\u00e9cis\u00e9ment, ce qui en fait un \u00e9chantillon de r\u00e9f\u00e9rence moderne. Un d\u00e9tail loin d\u2019\u00eatre anodin : cela permet de v\u00e9rifier si la pluie cosmique qui tombe aujourd\u2019hui ressemble \u00e0 celle d\u2019il y a des mill\u00e9naires, ou si elle a chang\u00e9 de nature. Or la proportion des diff\u00e9rents types de sph\u00e9rules dans l\u2019\u00e9chantillon urbain moderne ne correspondait pas \u00e0 la moyenne observ\u00e9e dans les d\u00e9p\u00f4ts plus anciens, ce qui laisse penser que le flux de poussi\u00e8re cosmique n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 constant \u00e0 l\u2019\u00e9chelle g\u00e9ologique r\u00e9cente.<\/p>\n<p>La prochaine fois que vous grimperez \u00e0 l\u2019\u00e9chelle pour d\u00e9gager des feuilles mortes, la boue noir\u00e2tre au fond de votre goutti\u00e8re contient peut-\u00eatre, statistiquement, quelques grains venus d\u2019un ast\u00e9ro\u00efde jamais identifi\u00e9. Rien ne le distingue \u00e0 l\u2019\u0153il nu d\u2019un simple r\u00e9sidu de pollution urbaine : il faut un aimant, un tamis fin et beaucoup de patience pour l\u2019isoler. Les scientifiques amateurs qui s\u2019y essaient chez eux, en suivant les m\u00e9thodes popularis\u00e9es par Project Stardust, savent qu\u2019ils ont infiniment plus de chances de trouver de la limaille de ch\u00e9neau ou des r\u00e9sidus de peinture que le moindre fragment cosmique. Mais la probabilit\u00e9, aussi faible soit-elle, n\u2019est jamais nulle.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.futura-sciences.com\/sciences\/actualites\/meteorite-poussieres-tombees-nos-toits-revelent-asteroide-personne-na-jamais-identifie-136160\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">futura-sciences.com<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.fredzone.org\/prelevement-de-poussieres-cosmiques-sur-des-toits-a-paris-dec-018\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">fredzone.org<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Vous aimez notre contenu ? 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