{"id":1121471,"date":"2026-08-12T01:20:15","date_gmt":"2026-08-12T01:20:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1121471\/"},"modified":"2026-08-12T01:20:15","modified_gmt":"2026-08-12T01:20:15","slug":"le-ssv-33-ural-mesurait-265-metres-et-fonctionnait-au-nucleaire-lurss-la-retire-du-service-peu-apres-1989","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1121471\/","title":{"rendered":"Le SSV-33 Ural mesurait 265 m\u00e8tres et fonctionnait au nucl\u00e9aire : l\u2019URSS l\u2019a retir\u00e9 du service peu apr\u00e8s 1989"},"content":{"rendered":"<p class=\"gpsb-badge__text\">Vous aimez notre contenu ?<\/p>\n<p><a class=\"gpsb-badge__link no-adv\" data-ad-skip=\"true\" href=\"https:\/\/google.com\/preferences\/source?q=sciencepost.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored nofollow\" aria-label=\"Ajoutez-nous \u00e0 vos favoris Google\">Ajoutez-nous \u00e0 vos<br \/>favoris Google<\/a><\/p>\n<p>Un colosse de 265 m\u00e8tres, propuls\u00e9 par deux r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires, capable de suivre des missiles balistiques \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres et pourtant incapable de tenir plus d\u2019une ann\u00e9e de service actif. <\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<ul style=\"margin:0;padding-left:1.2em;color:#444;\">\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Un navire de reconnaissance nucl\u00e9aire capable de naviguer ind\u00e9finiment sans refaire le plein : pourquoi un tel exploit technologique n\u2019a dur\u00e9 que quelques ann\u00e9es ?<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Des avaries en cascade, un incendie d\u00e9vastateur, et un empire qui s\u2019effondre : le timing \u00e9tait-il vraiment une co\u00efncidence ?<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Du symbole du g\u00e9nie militaire sovi\u00e9tique au \u00ab porte-lits superpos\u00e9s \u00bb : comment un investissement pharaonique s\u2019est transform\u00e9 en fardeau<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<ol style=\"margin:0;padding-left:1.5em;font-size:0.9em;line-height:1.6;\">\n<li><a href=\"#un-geant-concu-pour-espionner-l-amerique-depuis-le-pacifique\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un g\u00e9ant con\u00e7u pour espionner l\u2019Am\u00e9rique depuis le Pacifique<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#une-avarie-de-trop-et-un-empire-qui-s-effondre\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Une avarie de trop, et un empire qui s\u2019effondre<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#de-navire-espion-a-dortoir-flottant-puis-a-la-ferraille\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">De navire espion \u00e0 dortoir flottant, puis \u00e0 la ferraille<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>Un g\u00e9ant con\u00e7u pour espionner l\u2019Am\u00e9rique depuis le Pacifique<\/p>\n<p>Tout commence en 1977. Face \u00e0 l\u2019absence de bases d\u2019\u00e9coute sovi\u00e9tiques dans le Pacifique nord, l\u00e0 o\u00f9 les \u00c9tats-Unis testaient leurs missiles Minuteman et Peacekeeper depuis l\u2019atoll de Kwajalein, la direction sovi\u00e9tique d\u00e9cide dans les ann\u00e9es 1970 d\u2019\u00e9quiper un immense navire de reconnaissance de capacit\u00e9s autonomes, c\u2019est-\u00e0-dire nucl\u00e9aires, pour op\u00e9rer au large des c\u00f4tes am\u00e9ricaines et des zones d\u2019essais du Pacifique. Ce projet, baptis\u00e9 \u00ab\u00a0Titan\u00a0\u00bb sous la r\u00e9f\u00e9rence 1941, prend forme aux chantiers Baltiysk de Leningrad. Le navire est mis sur cale le 25 juin 1981, lanc\u00e9 en mai 1983, et entre en service op\u00e9rationnel entre 1988 et 1989.<\/p>\n<p>Les chiffres donnent le vertige. Le SSV-33 affiche un d\u00e9placement de 32 780 tonnes \u00e0 vide et 36 500 tonnes \u00e0 pleine charge, pour une longueur de 265 m\u00e8tres et une largeur de 30 m\u00e8tres. Pour situer l\u2019\u00e9chelle : c\u2019est quatre m\u00e8tres de plus que le porte-avions fran\u00e7ais Charles de Gaulle. Sa propulsion combine deux r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires KN-3 de 171 MWt travaillant en tandem avec une turbine \u00e0 vapeur, produisant 66 500 chevaux et permettant des vitesses sup\u00e9rieures \u00e0 21 n\u0153uds. Un mastodonte capable, en th\u00e9orie, de naviguer ind\u00e9finiment sans jamais refaire le plein.<\/p>\n<p>\u00c0 son bord, pr\u00e8s de 1 000 marins \u00e9taient n\u00e9cessaires pour faire fonctionner l\u2019ensemble. Le navire embarquait un centre de calcul digne d\u2019un institut de recherche, avec des ordinateurs EU-1046 et le fameux complexe \u00ab\u00a0Elbrus\u00a0\u00bb, con\u00e7u pour traiter en temps quasi r\u00e9el les donn\u00e9es de surveillance \u00e9lectronique, de suivi de missiles et de trajectoires spatiales. Il pouvait aussi servir de relais de communication, voire de brouilleur \u00e9lectronique. Sur le papier, c\u2019\u00e9tait la synth\u00e8se absolue du renseignement naval sovi\u00e9tique.<\/p>\n<p>Une avarie de trop, et un empire qui s\u2019effondre<\/p>\n<p>Le premier d\u00e9ploiement, une campagne de 59 jours au large d\u2019Okinawa, sert surtout \u00e0 tester les \u00e9quipements. Mais tr\u00e8s vite, les ennuis s\u2019accumulent. Selon les archives compil\u00e9es par GlobalSecurity, malgr\u00e9 l\u2019intervention de sp\u00e9cialistes du chantier naval de la Baltique, les ing\u00e9nieurs de la marine ne parviennent pas \u00e0 r\u00e9parer une avarie dans le circuit de refroidissement de l\u2019installation nucl\u00e9aire. R\u00e9sultat : aucune campagne de service de combat n\u2019est m\u00eame envisag\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9t\u00e9 1990 marque le vrai tournant. Un incendie se d\u00e9clare pr\u00e8s du g\u00e9n\u00e9rateur, rendant le r\u00e9acteur inutilisable, et le navire doit d\u00e9sormais d\u00e9pendre exclusivement de g\u00e9n\u00e9rateurs diesel auxiliaires pour son \u00e9lectricit\u00e9. La m\u00eame ann\u00e9e, un incendie majeur touche un d\u00e9p\u00f4t de munitions voisin, avec un missile qui manque de percuter le navire. Ayant perdu sa propre alimentation, l\u2019Ural doit \u00eatre remorqu\u00e9 par un b\u00e2timent de soutien. La flotte du Pacifique alerte alors le Kremlin pour obtenir une r\u00e9paration du r\u00e9acteur. Mais l\u2019URSS s\u2019effondre avant que la demande ne trouve une r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>En 1992, le couperet tombe d\u00e9finitivement : les deux r\u00e9acteurs sont arr\u00eat\u00e9s pour de bon. Le navire flambant neuf, qui n\u2019avait m\u00eame pas f\u00eat\u00e9 ses cinq ans de service, devient un mouillage inerte. Face aux co\u00fbts d\u2019exploitation devenus insoutenables pour une Russie post-sovi\u00e9tique exsangue, l\u2019Ural est mis hors service et remis\u00e9 en 2001, en raison de co\u00fbts d\u2019exploitation trop \u00e9lev\u00e9s. Selon les donn\u00e9es cit\u00e9es par Bellona en 2001, le b\u00e2timent n\u2019aura effectu\u00e9 qu\u2019une seule patrouille v\u00e9ritable durant toute sa carri\u00e8re.<\/p>\n<p>De navire espion \u00e0 dortoir flottant, puis \u00e0 la ferraille<\/p>\n<p>La suite tient de l\u2019ironie navale. Ce navire unique, sans \u00e9quivalent, est utilis\u00e9 comme foyer pour les jeunes officiers de la flotte et surnomm\u00e9 avec d\u00e9rision le \u00ab\u00a0porte-lits superpos\u00e9s\u00a0\u00bb. L\u2019appareil cens\u00e9 percer les secrets strat\u00e9giques am\u00e9ricains finit par abriter des chambr\u00e9es de sous-lieutenants, avec ses saunas et sa piscine transform\u00e9s en vestiges d\u2019un luxe oubli\u00e9. En 2001, il est d\u00e9finitivement ray\u00e9 des registres et amarr\u00e9 \u00e0 un quai isol\u00e9, aux c\u00f4t\u00e9s du croiseur lourd \u00e0 propulsion nucl\u00e9aire Amiral Lazarev (l\u2019ancien Frounze).<\/p>\n<p>Le d\u00e9mant\u00e8lement tra\u00eene ensuite pendant pr\u00e8s d\u2019une d\u00e9cennie. Les travaux commencent timidement en 2008-2010, mais avancent au ralenti par manque de financement. En 2016, la coque n\u2019\u00e9tait toujours pas d\u00e9mont\u00e9e alors que la superstructure avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 sci\u00e9e. Le contrat de d\u00e9mant\u00e8lement, \u00e9valu\u00e9 initialement \u00e0 310 millions de dollars, s\u2019est achev\u00e9 dans la baie de Bolshoy Kamen, en r\u00e9gion de Primori\u00e9, fin 2018. Trente-sept ans apr\u00e8s la pose de sa premi\u00e8re t\u00f4le, le Titan sovi\u00e9tique a fini r\u00e9duit en pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es.<\/p>\n<p>Ce qui frappe avec le recul, c\u2019est le contraste entre l\u2019ambition technologique et la fragilit\u00e9 op\u00e9rationnelle. L\u2019Union sovi\u00e9tique a investi des ann\u00e9es d\u2019ing\u00e9nierie et une fortune dans un navire cens\u00e9 surveiller les Am\u00e9ricains depuis le Pacifique, pour finalement n\u2019obtenir qu\u2019un dortoir flottant rong\u00e9 par la rouille. L\u2019histoire du SSV-33 Ural rappelle une le\u00e7on simple, valable pour toutes les grandes puissances technologiques : un prototype trop complexe, sans infrastructure de maintenance adapt\u00e9e, peut devenir un fardeau plus vite qu\u2019un atout.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Source\u00a0: <a href=\"https:\/\/nationalinterest.org\/blog\/buzz\/meet-ssv-33-ural-soviet-unions-largest-spy-ship-never-spied-143682\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">nationalinterest.org<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Vous aimez notre contenu ? 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